52 ancêtres en 52 semaines : #2 Marie Louise King (1852-1934), Oliver King (1829-1899), Joseph King (1831-1904)

Le thème portant sur les « King » proposé par Amy Johnson Crow pour le défi 52 ancêtres/52 semaines m’a fait penser à Marie Louise King. Coïncidence amusante, j’ai reçu d’un membre de sa famille une photo d’elle la même semaine.

Marie Louise King (1852-1934)

Marie Louise Tourville (née King)  (1852-1934)

Marie Louise est née le 10 mars 1852 à North Ferrisburgh, dans le comté d’Addison, au Vermont. Elle était la fille d’Oliver King (Olivier Roi) et d’Eleonore Dufresne. Elle a été baptisée à la St. Mary’s Church, à Burlington, au Vermont, le 5 juin de la même année.

Marie Louise était probablement l’aînée de sa fratrie. Même si nous n’avons pas trouvé de preuve de mariage pour ses parents, son père vivait avec un Joseph King, probablement son frère, à Ferrisburgh, au Vermont, en 1850. Oliver et Eleonore se sont probablement mariés à la fin de 1850 ou en 1851.

Jusqu’à son mariage avec Henry Tourville, le 25 juin 1870, à la St. Joseph’s Church à Burlington, au Vermont, Marie Louise vivait, selon les recensements américains de 1860 et de 1870, à Ferrisburgh. Ce couple a rapidement émigré à Sparta, au Wisconsin, étant donné que leur fils aîné, Charles Henry Tourville, y est né le 22 octobre 1872. Ils ont eu au moins 5 autres enfants. Henry Tourville et Marie Louise King sont tous les deux inhumés dans le cimetière de Woodlawn, à Sparta. Henry est décédé le 20 octobre 1924 et Marie Louise, le 4 mai 1934.

Voilà les renseignements que j’avais sur Marie Louise au moment où j’ai reçu sa photo. Par la suite, j’ai trouvé sur Find A Grave que son père Oliver était inhumé à East Charlotte, au Vermont. La note biographique mentionne qu’il est né le 19 décembre 1829. Son acte de décès de la ville de Ferrisburgh indique qu’il était âgé de 68 ans et 1 mois en janvier 1899. Son mois de naissance serait donc décembre mais son année de naissance serait 1831 et non 1829. Un autre Olivier Roi est né en décembre 1831. Comment peut-on être certain que notre Oliver est bien celui né en 1829?

J’ai décidé d’en savoir un peu plus sur son frère Joseph qui vivait avec lui à Ferrisburgh en 1850. J’ai trouvé un acte de mariage pour un Joseph King, à Vergennes, au Vermont, en 1856, avec Charlotte Balduke (Bolduc). Ce couple a eu un enfant de sexe masculin né le 15 mai 1857 à Vergennes. Je perds leur trace par la suite. Mais j’ai tout de même trouvé un Joseph King, né en 1831, au Canada, avec sa femme Charlotte, née en 1838, au Vermont, et son fils Augustus, né en 1857, au Vermont. qui vivait à Sparta, au Wisconsin, en 1860, soit la même ville où a émigré sa nièce Marie Louise au début des années 1870. Cela semble concorder avec notre couple du Vermont.

Joseph King, qui vit au Wisconsin, y est décédé en 1904. Son acte de décès ne mentionne que le nom de sa mère, soit Mary. Sa date de naissance était le 1er janvier 1832. Ça me satisfait, la date de naissance de Joseph Roi, frère d’Olivier Roi, né en 1829 à Maskinongé, est la même mais en 1831. De plus, selon l’acte de mariage de Joseph en 1876, ses parents sont Oliver et Louise King (les parents d’Olivier, né en 1829 et de Joseph né en 1831 sont Olivier Roi et Louise Leblanc). Parfait, nous y sommes! J’ai commandé l’avis de décès de Joseph mais je ne l’ai pas encore reçu. Le résumé de cet avis mentionne que Joseph avait été marié trois fois. Avec l’aide des recensements et les actes du Wisconsin, j’ai pu en déduire que Joseph King, comme nous le savons déjà, s’est d’abord marié avec Charlotte Balduke et qu’ils ont eu au moins un autre enfant, une fille prénommée Charlotte, née en 1862 au Wisconsin (selon son acte de mariage). Au recensement de 1870, Joseph était marié à Addie qui est décédée en 1875. En 1876, Joseph s’est marié à Mary A. Brown.

J’effectuerai d’autres recherches sur Joseph King. Mais maintenant que nous pouvons établir qu’Oliver et Joseph étaient frères, arrêtons-nous un moment sur leurs parents.
Olivier Roi et Louise Leblanc se sont mariés en 1825, à Maskinongé, au Québec. Ils ont eu 4 enfants, soit Marie-Louise (1827), Olivier (1829), Joseph (1831) et Clarisse (1833) qui est née après le décès de son père. Clarisse n’a jamais quitté le Canada.

Divers documents semblent suggérer qu’Oliver et Joseph ont probablement émigré aux États-Unis vers 1848. Tous les deux étaient forgerons.

Lorsque je recevrai les avis de décès que j’ai commandé pour Joseph King et Marie Louise King Tourville, je mettrai cet article à jour.

De plus, plusieurs documents concernant la vie de Joseph King au Wisconsin sont disponibles. Je ferai une mise à jour sur lui également.

52ancestors-2015

Édition 2015 – 52 ancêtres en 52 semaines : #1 – Jeanne Garnier (1683 – ?)

Les archives nous réservent parfois de belles surprises. Prenons le cas de Jeanne Garnier, enlevée avec plusieurs membres de sa famille par les Iroquois en novembre 1689 à Lachenaie. Comment peut-on même espérer connaître le sort qui lui a été réservé? Mais avant d’en venir à Jeanne, remettons-nous en contexte.

Dans son mémoire de maîtrise, Le Premier demi-siècle de Lachenaie (1670-1724), Mario Nadon avance une explication concernant l’absence de certains membres de la famille Hubou dans les actes de décès des registres paroissiaux de l’époque.

Mathieu Hubou et Suzanne Betfer ont eu neuf enfants. En novembre 1689, Suzanne est veuve depuis déjà onze ans et au moins cinq de ses enfants sont toujours vivants. Elle habite avec deux de ses fils, toujours célibataires, Mathieu, 36 ans, et Charles, 24 ans. Ses deux filles sont mariées : Geneviève, à Julien Garnier, et Anne, à René Sauvageau. Jean Hubou est marié depuis un an à Marguerite Goulet. Tous habitent la seigneurie de Lachenaie.

Le conflit franco-iroquois sévit depuis quelques années déjà et, en août 1689, le village de Lachenaie est attaqué par les Iroquois. Effrayés, ses habitants se réfugient dans le fort. À l’automne, une certaine accalmie les encourage à retourner sur leur terre. Cependant, dans la nuit du 13 novembre 1689, ils ont été surpris dans leur sommeil par quelque 150 Iroquois.

Le bilan est lourd. Avec cette attaque, c’est près du tiers de la population de Lachenaie qui disparaît, 33 personnes ayant été tuées ou portées disparues.

La famille Hubou a été durement éprouvée par ces événements. Suzanne Betfer et Charles Hubou seraient parmi les victimes. Un inventaire après décès du notaire Basset daté du 12 décembre 1689 confirme que Geneviève Hubou et Julien Garnier sont morts ou disparus dans la nuit du 13 novembre. Un autre document du notaire Basset, daté du 1er juin 1691 celui-là, mentionne que René Sauvageau a été tué par les Iroquois en 1689. On présume que cinq des six enfants Sauvageau ont également subi le même sort. Ce dernier document décrit également le marché passé entre Joseph Barbeau et Jean-Baptiste Hubou, procureur des successions de Mathieu Hubou et de Suzanne Betfer, de Julien Garnier et de René Sauvageau, comme étant un acte visant à entretenir paix et amitié entre les dites parties puisque Joseph Barbeau serait responsable de la mort de Julien et de René tués par les Iroquois.

Après ces événements, Anne Hubou quitte Lachenaie avec sa fille aînée pour s’installer à Montréal où elle épousera Moïse Hilarest en 1691. Elle mourut en 1728, à l’âge de 69 ans. Toutefois, ce drame ne semble pas avoir incité les autres membres de la famille à quitter les environs de Lachenaie. Mathieu Hubou épousera Catherine Goulet en 1694, il mourra en 1723 à St-François-de l’île Jésus. Jean Hubou disparaît entre 1696 et 1699, probablement tué au cours d’une expédition militaire. Il était le premier brigadier des gardes du marquis de Denonville. Sa veuve épouse Michel Feuillon en 1699.

La seule survivante de la famille Garnier serait donc Geneviève, qui avait 7 ans au moment de l’attaque. Son oncle maternel, Mathieu Hubou Deslongchamps fils, est son tuteur comme en fait foi un acte de tutelle daté de janvier 1698. Elle serait la seule héritière de ses parents.

Le 12 juin 1702, à l’âge de 20 ans, Geneviève épouse Jean Rochon (ou Rocheron) à St-François-de-Sales de l’île Jésus. Assistent à la cérémonie Jean Beauchamp, Pierre Beauchamp, Mathieu Hubou, son oncle et tuteur, Catherine Goulet, sa tante, épouse de Mathieu.

Or, un document daté du 27 juin 1706 et disponible sur le site de BANQ nous apprend que Julien Garnier serait décédé mais que sa fille Jeanne, faite prisonnière avec lui, serait, selon la rumeur publique, toujours vivante, aurait épousé un Amérindien et vivrait chez la nation iroquoise Oneyoutes.

On peut presque imaginer la panique de Jean Rocheron qui s’adresse à l’intendant Raudot pour s’assurer de pouvoir jouir de l’héritage de sa femme. Il affirme que la terre de Julien Garnier a été abandonnée et laissée en mauvais état et qu’il ne compte pas les travaux qu’il a dû accomplir, à sa charge, pour mettre en valeur ce bien. Il mentionne qu’on a toujours cru Jeanne Garnier décédée et qu’il ne pense pas qu’elle reviendra vivre parmi les siens puisqu’elle vivrait désormais « à la façon des Sauvages ». L’intendant Raudot tranche et déclare que Jean Rocheron peut prendre possession des biens de Julien Garnier à la condition d’en remettre la moitié à Jeanne si jamais elle revient de captivité. Le document fait également état de la décharge de Mathieu Hubou Deslongchamps, en sa qualité de tuteur. Ce biens sont tous situés à Lachenaie.

Un autre document du notaire Nicolas Senet, daté du 15 juillet 1711, mentionne également que Jeanne Garnier a été adoptée par les Iroquois. Ce document porte sur une transaction effectuée entre Jean Rocheron et Mathieu Hubou.

Geneviève et Jean ont eu 13 enfants. Geneviève décède en 1758 à l’âge de 76 ans sans avoir jamais revu sa soeur.

En terminant, voici la liste des disparus de la famille Hubou après la nuit du 13 novembre 1689 :

  • Suzanne Betfer, env. 55 ans
  • Charles Hubou, 24 ans
  • Julien Garnier, 40 ans
  • Geneviève Hubou, 33 ans
  • Pierre Garnier, 10 ans
  • Jeanne Garnier, 6 ans
  • Charles Garnier, 5 ans
  • Michel Garnier, 4 ans
  • Marguerite Garnier, 1 an
  • René Sauvageau, env. 67 ans
  • Marguerite Sauvageau, 8 ans
  • Marie-Thérèse Sauvageau, 7 ans
  • Flavie Sauvageau, 5 ans
  • Bernard Sauvageau,  2 ans
  • Marie Sauvageau, 1 an

Bibliographie :

Mario Nadon, Le Premier demi-siècle de Lachenaie (1670-1724)

Claude Martel, Lachenaie : du fort à la ville


« Un petit pas pour l’homme… » – Où étiez-vous le 20 juillet 1969?

Si on me demandait quel événement a le plus marqué mon enfance, ce serait assurément celui-là. Le jour où Neil Armstrong et Buzz Aldrin ont marché sur la lune.

La une des journaux au Kennedy Space Center (Floride, USA)

La une des journaux au Kennedy Space Center (Floride, USA)

Mes parents avaient séjourné dans les années 50 à la Pension Langlois au Lac Ste-Marie, à Nominingue dans les Laurentides. Mes parents adoraient les ballades en voiture et ils en ont été privés pendant quatre longues années. Ce n’est pas vraiment surprenant qu’au printemps de 1968, mon père, au volant de sa nouvelle Impala 68, nous aient emmenés à Nominingue. Y allions-nous en éclaireurs pour trouver un endroit où passer les vacances d’été ou le hasard nous a-t-il menés jusque là et mes parents ont eu l’idée sur place de trouver un endroit pour les trois semaines de vacances de mon père?

Peu importe, bien évidemment, avec trois jeunes enfants, la Pension Langlois était hors de question. En faisant le tour du lac, nous avons vu des affiches de camp à louer et nous nous sommes retrouvés à la ferme chez Ovila Paiement qui avait trois camps à louer, le petit camp blanc, le grand camp blanc et le camp rose. Si mon souvenir est bon, nous avons même dormi dans le « petit camp blanc » ce samedi-là, ce qui me laisse croire que cette virée à Nominingue n’était pas prévue.

Un an plus tard, nous avons répété l’expérience et bien sûr, le 20 juillet 1969, nous étions au « petit camp blanc » à Nominingue. Il y a de cela quelques années, j’ai dit à ma mère : « Non mais quelle chance que papa adorait regarder le match des Expos à la télé le samedi soir, sinon nous n’aurions pas vu l’homme marcher sur la lune! » Et elle, de me répondre : « Non, c’est le contraire, nous avions loué une télé pour les vacances en 1969 même si ça représentait une dépense assez importante pour nous parce que ton père se disait que ça aurait été dommage de manquer ce moment historique. Ton père y a pris goût et il a continué de louer une télé par la suite pour regarder le match de baseball du samedi soir. »

Je reconnais bien là mon père, il était si curieux de tout. En tout cas, je suis bien contente qu’il ait loué ce téléviseur pour les vacances, parce que je me souviens très bien de ce moment et qu’ensuite, nous avons couru dehors et regardé tout là-haut, avons pointé la lune et avons dit : « Ils sont là, en ce moment?! Wow! »

« If you believe they put a man on the man… ».

Et vous, où étiez-vous ce 20 juillet 1969?

 

Elle s’appellera Hélène

- Elle s’appellera Hélène!

Tu m’as raconté si souvent qu’après ta naissance, ton père aurait prononcé ces mots avec fierté en entrant dans la pièce. Tu l’aimais tant ton prénom et tu avais bien raison. Synonyme de douceur et de gentillesse, il t’allait si bien. Dernière d’une famille de sept enfants, tes parents ont dû accueillir ton arrivée avec joie et appréhension puisque tes frères Maurice et Armand sont tous les deux décédés quelques mois avant ta naissance.

Il est évident que tu as été aimée et choyée et que tu as eu une enfance heureuse. Tu adorais tes parents. Tu as perdu ton père alors que tu n’avais que 17 ans. Mais avant ton mariage, tu as eu une relation privilégiée avec ta mère.

Il n’y a même pas deux semaines, nous avons regardé tes albums photos ensemble. Nous l’avons fait si souvent! Comme tu étais fière de tous les voyages que vous aviez faits lorsque tu étais jeune. Quand je t’ai annoncé que j’irais visiter Chicago à la fin août, tu m’as encore une fois parlé du World’s Fair de 1934 où tu étais allée en voiture avec ta famille. Tu n’avais que sept ans, mais tu t’en souvenais très bien.

Tu m’appelais avec tendresse ta compagne de voyage. Comme nous nous sommes amusées! Et que dire de nos virées de magasinage? Comment oublier nos crises de fou rire dans les salles d’essayage des Outlets aux États-Unis? Pendant presque une dizaine d’années, nous sommes allées au Sparhawk à Ogunquit dans le Maine. Je te vois assise sur le balcon, face à la mer, avec soit un bon roman policier soit tes fameux mots fléchés. Chaque année, tu pensais que c’était la dernière fois et tu versais une petite larme. Je te faisais rire en disant : « Ben voyons, arrête-moi ça, j’ai déjà réservé pour l’année prochaine! »

En 2010, j’ai eu l’idée d’aller fêter mes 50 ans à New York. Nous n’étions plus allées depuis 16 ans. Tu as toujours eu peur de l’avion, tu ne l’avais pas pris depuis une vingtaine d’années. Quand je t’en ai parlé, tu voulais y aller en train. Trop long, je t’ai dit. Et puis le vol, on monte et on descend, ça ne durera même pas une heure. La maladie d’Alzheimer a ses bons côtés, le jour du vol, tu avais oublié toutes tes peurs. Lorsque l’avion s’est mis à rouler, tu riais comme si tu étais dans un manège alors que j’étais comme d’habitude terrorisée par le décollage. TU m’as tenu la main.

Nous n’avions aucun projet pour ces quatre jours à New York. En fait, notre seul objectif était d’aller chez Bloomingdales, ce que nous avons fait à notre arrivée. Après cela, nous étions tellement crevées que nous nous sommes endormies. Maman, réveille-toi, il faut que tu manges, il est déjà 8 h (du soir)! On est où? tu me réponds. Tu ne me croiras jamais! Viens voir! Et à la fenêre, vue imprenable sur l’Avenue of the Americas avec ses innombrables taxis jaunes et nous en larmes, tellement heureuses d’être là.

De tous les cadeaux que tu as faits à ta compagne de voyage, ce week-end a été le plus beau. La seule chose que tu as refusée de faire c’est un tour de calèche dans Central Park. Tu avais si peur d’avoir froid. Tu avais toujours froid maman. Au retour, tu l’as regretté et tu m’as dit la prochaine fois, on le fera. Pas grave maman, j’ai lu tout récemment que c’était controversé les promenades à calèche dans Central Park. Il a été parfait ce voyage.

Tu as entrepris ton dernier voyage il y a deux jours maman. Rends-toi bien. Je sais que tu n’as déjà plus mal, que tu n’as plus froid. Va retrouver ton René. Il t’attend avec son sourire en coin. Il n’a jamais été très romantique, mais je sais que pour te faire plaisir, il te chantera la chanson d’Aznavour que tu aimais beaucoup :

« Le ciel tisse une couverture en laine
L´été prépare ses quartiers d´hiver
Mais n´aie pas peur de la froidure, Hélène
Je te réchaufferai, je te réchaufferai
Allons rêver sur les bords de la Seine
S´il reste encore quelques petits coins verts
Et si le fond de l´air est frais, Hélène
Je te réchaufferai, je te réchaufferai »

 

 

 

 

52 ancêtres en 52 semaines : #14 Matilda Tourville (née LaQuire) (1847-après 1886)

Je ne peux écrire mon article sur Nettie Tourville, l’une des enfants de Charles et de Sophie Arpajou, sans raconter le long parcours qui m’a mené à Matilda Laquire (1847-?).

Il ne faut jamais abandonner.

Habituée à la mine de renseignements généalogiques que l’on trouve dans les registres paroissiaux du Québec, je ne savais pas trop comment m’y prendre pour trouver le nom de famille et les parents de Matilda, l’épouse de Louis Tourville.

Voilà toute l’information dont je disposais :

  • En 1866, Matilda a fait baptiser sa fille à l’église catholique de St. Patrick, à Chateaugay, dans l’État de New York. Son nom de jeune fille serait Sequin.
  • On la retrouve dans le recensement américain de 1880. Elle est l’épouse de Louis Tourville et vit à Grand Haven, au Michigan. Elle serait née aux environs de 1847 au Vermont et ses parents seraient tous les deux nés en Pennsylvanie.

Il ne faut jamais abandonner je vous dis.

Je ne sais pas pourquoi mais cette histoire de parents nés en Pennsylvanie, ça ne collait pas. D’une part, son nom, Sequin, aurait bien pu être Seguin ou Séguin, un nom très courant au Québec. D’autre part, Louis ayant combattu dans la Guerre civile, il aurait pu la rencontrer près de Washington, DC, en Virginie ou même en Pennsylvanie.

Que faire alors?

J’ai tout d’abord consulté le microfilm de la paroisse St. Patrick pour m’assurer qu’il n’y avait pas erreur de transcription. Pas du tout en fait. J’ai donc cherché des Sequin et des Seguin au Vermont, en espérant la retrouver dans les recensements de 1850 ou 1860. Rien.

Lizzie, fille de Louis et de Matilda, est décédée à l’âge de un an à Grand Haven en 1869. Aucun nouvel indice de ce côté. J’ai ensuite tenté de retrouver la trace de leurs deux filles Jennie et Clarissa après 1880. Ah! le grand vide de 1880-1900 en raison de la perte du recensement de 1890 aux États-Unis! J’ai trouvé un mariage pour Clarissa Tourville et Edward Palmer en 1886 à Grand Haven mais pas d’autres renseignements à part la confirmation que Matilda était toujours vivante en 1886 puisqu’elle était l’un des témoins au mariage. J’ai bien trouvé un Edward Palmer dans le recensement américain de 1900 mais il était marié à une autre femme. Était-ce bien le même? En effet puisque j’ai trouvé un deuxième mariage pour Edward en 1892 et que son avis de décès confirme qu’il est bien le même Edward Palmer qui a épousé Clarissa. La famille Palmer était originaire du comté d’Allegan au Michigan et j’ai trouvé des documents concernant le terrain que la famille possédait dans un cimetière là-bas mais pas de trace de Clarissa.

En passant, j’en suis toujours au point mort pour Clarissa Tourville Palmer.

La chance m’a enfin souri lors de mon premier voyage à Salt Lake City. En consultant les microfilms du comté d’Ottawa au Michigan, j’ai trouvé la naissance de Clarissa en 1869 (pas de nom de jeune fille de la mère) et j’ai trouvé un mariage pour une Jennie Lovill et un Marine Kamphout en 1883. Le « L » de Lovill pouvant aussi être un « T », j’ai décidé de suivre la piste de ce couple que j’ai trouvé dans le recensement de 1900. Je leur ai aussi trouvé des enfants nés dans le comté d’Ottawa dont les prénoms correspondaient à ceux trouvés dans le recensement.Je n’avais aucune preuve que cette personne était bien la fille de Louis et de Matilda mais je n’avais pas vraiment d’autres pistes à suivre.
J’ai donc fait des recherches sur Jennie ou Mary Jane (variation de son prénom) jusqu’au recensement de 1930 à Wyandotte, près de Detroit où elle habitait avec sa fille. Marinus Kamhout est décédé en 1906 et j’ai retrouvé les enfants de Marinus en 1910 avec leur mère désormais remariée, toujours au Michigan. En 1920, Mary Jane reprend le nom de Kamhout. Dieu sait comment s’est terminé ce deuxième mariage?

La chance m’a de nouveau souri lorsque j’ai découvert le site Web de la bibliothèque Louttit à Grand Haven. Une dame d’une incroyable gentillesse m’a envoyé des articles de journaux (ils n’étaient pas en ligne à l’époque) ainsi qu’un document provenant du cimetière. Le lot de la famille indique une date de décès pour Mary Jane! Mais… rien dans les journaux de Grand Haven même si elle a été inhumée là en 1953.

J’ai même commandé un microfilm par le biais de la BANQ sur un journal de Detroit (un de ses fils y est décédé) et je n’ai rien trouvé.

Est-ce que je vous ai déjà dit que je n’ai jamais trouvé PERSONNE dans les répertoires de maisons funéraires? Au cours d’un voyage ultérieur à Salt Lake City, je déambulais entre les rayons de la bibliothèques où sont les livres concernant le Michigan et je trouve le répertoire d’une maison funéraire de Wyandotte. Je l’ai ouvert et j’ai failli lâché un cri (en fait je crois que j’ai vraiment crié)!

La voilà, Mary Jane Kamhout.Il s’agissait seulement d’un index mais, coup de chance, le volume comportant le certificat de funérailles était également sur les rayons. Ce certificat est pratiquement identique à un certificat de DÉCÈS.

Hummm! Père : Louis Detourville. Mère : Matilda LaQuire.D’où sort-il ce patronyme? J’étais si excitée que j’ai pratiquement couru jusqu’à un ordinateur pour faire une recherche sur Ancestry sur les Laquire. Première chose que je remarque, souvent le nom Laquire est corrigé par les utilisateurs pour Lécuyer. Je vois également Saquire corrigé pour Laquire.  Humm! Saquire et moi j’ai Sequin. J’ai donc suivi la piste des Lécuyer mais sans succès.

J’ai changé de stratégie et décidé de consulter les microfilms sur les naissances, mariages et décès du Vermont et y chercher le nom de Laquire. J’en ai trouvé qui vivaient à Ferrisburgh où les Tourville ont vécu au Vermont à cette même époque. Intéressant.

J’y ai trouvé une Matilda Laquire mariée à un Lewis Covill (mon deuxième cri de la journée). Rappelez-vous que quelquefois les Tourville utilisaient le nom de Courville dans les registres paroissiaux.

Matilda était la fille de Mitchell Laquire et de Mary German.J’ai trouvé deux autres mariages pour des enfants du même couple. Je n’ai pas pu trouver la famille dans les recensements. Ils sont venus aux États-Unis après 1850 et ils ne sont pas dans le recensement canadien de 1851. J’ai quand même trouvé Matilda, vivant seule, en 1860 au Vermont.

Comme je ne trouvais plus rien sur les Laquire, j’ai décidé de chercher les Germans. Hummm! Était-ce plutôt des Lallemand? Non plutôt St-Germain. Après plusieurs recherches, je les ai retrouvés au Québec ainsi que dans le répertoire de St. Mary’s de Burlington. Et là, victoire! Le nom est Lequin ou Lequien.

Après ça, tout est devenu facile.

Michel Lequin a épousé Marie-Louise St-Germain le 3 novembre 1840, à Marieville, au Québec. Mathilde est née le 13 mai 1847 au Mont-St-Grégoire. Michel est décédée à Farnham en 1855, les registres indiquant qu’il vivait aux États-Unis. Mary German s’est peut-être remarié mais je n’en suis pas certaine, j’ai perdu sa trace.

Comme je l’ai mentionné, la dernière trace de Matilda Laquire Tourville remonte à un document de 1886, soit dans les registres de mariage pour celui de sa fille Clarissa. Je n’abandonnerai jamais. Je suis certaine qu’un de ces jours, je la retrouverai, même si son nom n’est pas dans les registres du Michigan, du Minnesota ou même du Vermont. Bien sûr, j’ai déjà vérifié les avis de décès de sa soeur et son frère, sans succès.Mais mon meilleur coup dans toute cette histoire c’est d’avoir trouvé un document concernant la naissance d’un enfant nommé German. Son père était Joseph German et sa mère, Nettie TOURVILLE. Qui était cette Nettie?!

Je me suis soudain rappelé qu’il y a plusieurs années, quelqu’un m’avait mentionné dans le livre des Tourville écrit par Clarence Tourville, Sophie Tourville était mentionnée comme étant mariée à Joseph St-Germain. Je n’ai jamais trouvé ce couple et comme plus tard j’ai identifié Joseph Giguère comme étant le mari de Sophie, j’ai pensé que Clarence Tourville avait commis une erreur. Une erreur, oui, MON erreur.

Qui était cette Nettie? La réponse bientôt dans l’article #15!


 

52 ancêtres en 52 semaines est un défi lancé par Amy Johnson Crow. Pour en savoir plus, cliquez sur l'image (site en anglais).

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