« Un petit pas pour l’homme… » – Où étiez-vous le 20 juillet 1969?

Si on me demandait quel événement a le plus marqué mon enfance, ce serait assurément celui-là. Le jour où Neil Armstrong et Buzz Aldrin ont marché sur la lune.

La une des journaux au Kennedy Space Center (Floride, USA)

La une des journaux au Kennedy Space Center (Floride, USA)

Mes parents avaient séjourné dans les années 50 à la Pension Langlois au Lac Ste-Marie, à Nominingue dans les Laurentides. Mes parents adoraient les ballades en voiture et ils en ont été privés pendant quatre longues années. Ce n’est pas vraiment surprenant qu’au printemps de 1968, mon père, au volant de sa nouvelle Impala 68, nous aient emmenés à Nominingue. Y allions-nous en éclaireurs pour trouver un endroit où passer les vacances d’été ou le hasard nous a-t-il menés jusque là et mes parents ont eu l’idée sur place de trouver un endroit pour les trois semaines de vacances de mon père?

Peu importe, bien évidemment, avec trois jeunes enfants, la Pension Langlois était hors de question. En faisant le tour du lac, nous avons vu des affiches de camp à louer et nous nous sommes retrouvés à la ferme chez Ovila Paiement qui avait trois camps à louer, le petit camp blanc, le grand camp blanc et le camp rose. Si mon souvenir est bon, nous avons même dormi dans le « petit camp blanc » ce samedi-là, ce qui me laisse croire que cette virée à Nominingue n’était pas prévue.

Un an plus tard, nous avons répété l’expérience et bien sûr, le 20 juillet 1969, nous étions au « petit camp blanc » à Nominingue. Il y a de cela quelques années, j’ai dit à ma mère : « Non mais quelle chance que papa adorait regarder le match des Expos à la télé le samedi soir, sinon nous n’aurions pas vu l’homme marcher sur la lune! » Et elle, de me répondre : « Non, c’est le contraire, nous avions loué une télé pour les vacances en 1969 même si ça représentait une dépense assez importante pour nous parce que ton père se disait que ça aurait été dommage de manquer ce moment historique. Ton père y a pris goût et il a continué de louer une télé par la suite pour regarder le match de baseball du samedi soir. »

Je reconnais bien là mon père, il était si curieux de tout. En tout cas, je suis bien contente qu’il ait loué ce téléviseur pour les vacances, parce que je me souviens très bien de ce moment et qu’ensuite, nous avons couru dehors et regardé tout là-haut, avons pointé la lune et avons dit : « Ils sont là, en ce moment?! Wow! »

« If you believe they put a man on the man… ».

Et vous, où étiez-vous ce 20 juillet 1969?

 

Elle s’appellera Hélène

- Elle s’appellera Hélène!

Tu m’as raconté si souvent qu’après ta naissance, ton père aurait prononcé ces mots avec fierté en entrant dans la pièce. Tu l’aimais tant ton prénom et tu avais bien raison. Synonyme de douceur et de gentillesse, il t’allait si bien. Dernière d’une famille de sept enfants, tes parents ont dû accueillir ton arrivée avec joie et appréhension puisque tes frères Maurice et Armand sont tous les deux décédés quelques mois avant ta naissance.

Il est évident que tu as été aimée et choyée et que tu as eu une enfance heureuse. Tu adorais tes parents. Tu as perdu ton père alors que tu n’avais que 17 ans. Mais avant ton mariage, tu as eu une relation privilégiée avec ta mère.

Il n’y a même pas deux semaines, nous avons regardé tes albums photos ensemble. Nous l’avons fait si souvent! Comme tu étais fière de tous les voyages que vous aviez faits lorsque tu étais jeune. Quand je t’ai annoncé que j’irais visiter Chicago à la fin août, tu m’as encore une fois parlé du World’s Fair de 1934 où tu étais allée en voiture avec ta famille. Tu n’avais que sept ans, mais tu t’en souvenais très bien.

Tu m’appelais avec tendresse ta compagne de voyage. Comme nous nous sommes amusées! Et que dire de nos virées de magasinage? Comment oublier nos crises de fou rire dans les salles d’essayage des Outlets aux États-Unis? Pendant presque une dizaine d’années, nous sommes allées au Sparhawk à Ogunquit dans le Maine. Je te vois assise sur le balcon, face à la mer, avec soit un bon roman policier soit tes fameux mots fléchés. Chaque année, tu pensais que c’était la dernière fois et tu versais une petite larme. Je te faisais rire en disant : « Ben voyons, arrête-moi ça, j’ai déjà réservé pour l’année prochaine! »

En 2010, j’ai eu l’idée d’aller fêter mes 50 ans à New York. Nous n’étions plus allées depuis 16 ans. Tu as toujours eu peur de l’avion, tu ne l’avais pas pris depuis une vingtaine d’années. Quand je t’en ai parlé, tu voulais y aller en train. Trop long, je t’ai dit. Et puis le vol, on monte et on descend, ça ne durera même pas une heure. La maladie d’Alzheimer a ses bons côtés, le jour du vol, tu avais oublié toutes tes peurs. Lorsque l’avion s’est mis à rouler, tu riais comme si tu étais dans un manège alors que j’étais comme d’habitude terrorisée par le décollage. TU m’as tenu la main.

Nous n’avions aucun projet pour ces quatre jours à New York. En fait, notre seul objectif était d’aller chez Bloomingdales, ce que nous avons fait à notre arrivée. Après cela, nous étions tellement crevées que nous nous sommes endormies. Maman, réveille-toi, il faut que tu manges, il est déjà 8 h (du soir)! On est où? tu me réponds. Tu ne me croiras jamais! Viens voir! Et à la fenêre, vue imprenable sur l’Avenue of the Americas avec ses innombrables taxis jaunes et nous en larmes, tellement heureuses d’être là.

De tous les cadeaux que tu as faits à ta compagne de voyage, ce week-end a été le plus beau. La seule chose que tu as refusée de faire c’est un tour de calèche dans Central Park. Tu avais si peur d’avoir froid. Tu avais toujours froid maman. Au retour, tu l’as regretté et tu m’as dit la prochaine fois, on le fera. Pas grave maman, j’ai lu tout récemment que c’était controversé les promenades à calèche dans Central Park. Il a été parfait ce voyage.

Tu as entrepris ton dernier voyage il y a deux jours maman. Rends-toi bien. Je sais que tu n’as déjà plus mal, que tu n’as plus froid. Va retrouver ton René. Il t’attend avec son sourire en coin. Il n’a jamais été très romantique, mais je sais que pour te faire plaisir, il te chantera la chanson d’Aznavour que tu aimais beaucoup :

« Le ciel tisse une couverture en laine
L´été prépare ses quartiers d´hiver
Mais n´aie pas peur de la froidure, Hélène
Je te réchaufferai, je te réchaufferai
Allons rêver sur les bords de la Seine
S´il reste encore quelques petits coins verts
Et si le fond de l´air est frais, Hélène
Je te réchaufferai, je te réchaufferai »

 

 

 

 

52 ancêtres en 52 semaines : #14 Matilda Tourville (née LaQuire) (1847-après 1886)

Je ne peux écrire mon article sur Nettie Tourville, l’une des enfants de Charles et de Sophie Arpajou, sans raconter le long parcours qui m’a mené à Matilda Laquire (1847-?).

Il ne faut jamais abandonner.

Habituée à la mine de renseignements généalogiques que l’on trouve dans les registres paroissiaux du Québec, je ne savais pas trop comment m’y prendre pour trouver le nom de famille et les parents de Matilda, l’épouse de Louis Tourville.

Voilà toute l’information dont je disposais :

  • En 1866, Matilda a fait baptiser sa fille à l’église catholique de St. Patrick, à Chateaugay, dans l’État de New York. Son nom de jeune fille serait Sequin.
  • On la retrouve dans le recensement américain de 1880. Elle est l’épouse de Louis Tourville et vit à Grand Haven, au Michigan. Elle serait née aux environs de 1847 au Vermont et ses parents seraient tous les deux nés en Pennsylvanie.

Il ne faut jamais abandonner je vous dis.

Je ne sais pas pourquoi mais cette histoire de parents nés en Pennsylvanie, ça ne collait pas. D’une part, son nom, Sequin, aurait bien pu être Seguin ou Séguin, un nom très courant au Québec. D’autre part, Louis ayant combattu dans la Guerre civile, il aurait pu la rencontrer près de Washington, DC, en Virginie ou même en Pennsylvanie.

Que faire alors?

J’ai tout d’abord consulté le microfilm de la paroisse St. Patrick pour m’assurer qu’il n’y avait pas erreur de transcription. Pas du tout en fait. J’ai donc cherché des Sequin et des Seguin au Vermont, en espérant la retrouver dans les recensements de 1850 ou 1860. Rien.

Lizzie, fille de Louis et de Matilda, est décédée à l’âge de un an à Grand Haven en 1869. Aucun nouvel indice de ce côté. J’ai ensuite tenté de retrouver la trace de leurs deux filles Jennie et Clarissa après 1880. Ah! le grand vide de 1880-1900 en raison de la perte du recensement de 1890 aux États-Unis! J’ai trouvé un mariage pour Clarissa Tourville et Edward Palmer en 1886 à Grand Haven mais pas d’autres renseignements à part la confirmation que Matilda était toujours vivante en 1886 puisqu’elle était l’un des témoins au mariage. J’ai bien trouvé un Edward Palmer dans le recensement américain de 1900 mais il était marié à une autre femme. Était-ce bien le même? En effet puisque j’ai trouvé un deuxième mariage pour Edward en 1892 et que son avis de décès confirme qu’il est bien le même Edward Palmer qui a épousé Clarissa. La famille Palmer était originaire du comté d’Allegan au Michigan et j’ai trouvé des documents concernant le terrain que la famille possédait dans un cimetière là-bas mais pas de trace de Clarissa.

En passant, j’en suis toujours au point mort pour Clarissa Tourville Palmer.

La chance m’a enfin souri lors de mon premier voyage à Salt Lake City. En consultant les microfilms du comté d’Ottawa au Michigan, j’ai trouvé la naissance de Clarissa en 1869 (pas de nom de jeune fille de la mère) et j’ai trouvé un mariage pour une Jennie Lovill et un Marine Kamphout en 1883. Le « L » de Lovill pouvant aussi être un « T », j’ai décidé de suivre la piste de ce couple que j’ai trouvé dans le recensement de 1900. Je leur ai aussi trouvé des enfants nés dans le comté d’Ottawa dont les prénoms correspondaient à ceux trouvés dans le recensement.Je n’avais aucune preuve que cette personne était bien la fille de Louis et de Matilda mais je n’avais pas vraiment d’autres pistes à suivre.
J’ai donc fait des recherches sur Jennie ou Mary Jane (variation de son prénom) jusqu’au recensement de 1930 à Wyandotte, près de Detroit où elle habitait avec sa fille. Marinus Kamhout est décédé en 1906 et j’ai retrouvé les enfants de Marinus en 1910 avec leur mère désormais remariée, toujours au Michigan. En 1920, Mary Jane reprend le nom de Kamhout. Dieu sait comment s’est terminé ce deuxième mariage?

La chance m’a de nouveau souri lorsque j’ai découvert le site Web de la bibliothèque Louttit à Grand Haven. Une dame d’une incroyable gentillesse m’a envoyé des articles de journaux (ils n’étaient pas en ligne à l’époque) ainsi qu’un document provenant du cimetière. Le lot de la famille indique une date de décès pour Mary Jane! Mais… rien dans les journaux de Grand Haven même si elle a été inhumée là en 1953.

J’ai même commandé un microfilm par le biais de la BANQ sur un journal de Detroit (un de ses fils y est décédé) et je n’ai rien trouvé.

Est-ce que je vous ai déjà dit que je n’ai jamais trouvé PERSONNE dans les répertoires de maisons funéraires? Au cours d’un voyage ultérieur à Salt Lake City, je déambulais entre les rayons de la bibliothèques où sont les livres concernant le Michigan et je trouve le répertoire d’une maison funéraire de Wyandotte. Je l’ai ouvert et j’ai failli lâché un cri (en fait je crois que j’ai vraiment crié)!

La voilà, Mary Jane Kamhout.Il s’agissait seulement d’un index mais, coup de chance, le volume comportant le certificat de funérailles était également sur les rayons. Ce certificat est pratiquement identique à un certificat de DÉCÈS.

Hummm! Père : Louis Detourville. Mère : Matilda LaQuire.D’où sort-il ce patronyme? J’étais si excitée que j’ai pratiquement couru jusqu’à un ordinateur pour faire une recherche sur Ancestry sur les Laquire. Première chose que je remarque, souvent le nom Laquire est corrigé par les utilisateurs pour Lécuyer. Je vois également Saquire corrigé pour Laquire.  Humm! Saquire et moi j’ai Sequin. J’ai donc suivi la piste des Lécuyer mais sans succès.

J’ai changé de stratégie et décidé de consulter les microfilms sur les naissances, mariages et décès du Vermont et y chercher le nom de Laquire. J’en ai trouvé qui vivaient à Ferrisburgh où les Tourville ont vécu au Vermont à cette même époque. Intéressant.

J’y ai trouvé une Matilda Laquire mariée à un Lewis Covill (mon deuxième cri de la journée). Rappelez-vous que quelquefois les Tourville utilisaient le nom de Courville dans les registres paroissiaux.

Matilda était la fille de Mitchell Laquire et de Mary German.J’ai trouvé deux autres mariages pour des enfants du même couple. Je n’ai pas pu trouver la famille dans les recensements. Ils sont venus aux États-Unis après 1850 et ils ne sont pas dans le recensement canadien de 1851. J’ai quand même trouvé Matilda, vivant seule, en 1860 au Vermont.

Comme je ne trouvais plus rien sur les Laquire, j’ai décidé de chercher les Germans. Hummm! Était-ce plutôt des Lallemand? Non plutôt St-Germain. Après plusieurs recherches, je les ai retrouvés au Québec ainsi que dans le répertoire de St. Mary’s de Burlington. Et là, victoire! Le nom est Lequin ou Lequien.

Après ça, tout est devenu facile.

Michel Lequin a épousé Marie-Louise St-Germain le 3 novembre 1840, à Marieville, au Québec. Mathilde est née le 13 mai 1847 au Mont-St-Grégoire. Michel est décédée à Farnham en 1855, les registres indiquant qu’il vivait aux États-Unis. Mary German s’est peut-être remarié mais je n’en suis pas certaine, j’ai perdu sa trace.

Comme je l’ai mentionné, la dernière trace de Matilda Laquire Tourville remonte à un document de 1886, soit dans les registres de mariage pour celui de sa fille Clarissa. Je n’abandonnerai jamais. Je suis certaine qu’un de ces jours, je la retrouverai, même si son nom n’est pas dans les registres du Michigan, du Minnesota ou même du Vermont. Bien sûr, j’ai déjà vérifié les avis de décès de sa soeur et son frère, sans succès.Mais mon meilleur coup dans toute cette histoire c’est d’avoir trouvé un document concernant la naissance d’un enfant nommé German. Son père était Joseph German et sa mère, Nettie TOURVILLE. Qui était cette Nettie?!

Je me suis soudain rappelé qu’il y a plusieurs années, quelqu’un m’avait mentionné dans le livre des Tourville écrit par Clarence Tourville, Sophie Tourville était mentionnée comme étant mariée à Joseph St-Germain. Je n’ai jamais trouvé ce couple et comme plus tard j’ai identifié Joseph Giguère comme étant le mari de Sophie, j’ai pensé que Clarence Tourville avait commis une erreur. Une erreur, oui, MON erreur.

Qui était cette Nettie? La réponse bientôt dans l’article #15!


 

52 ancêtres en 52 semaines est un défi lancé par Amy Johnson Crow. Pour en savoir plus, cliquez sur l'image (site en anglais).

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52 ancêtres en 52 semaines #13 : Louis Tourville (1844-1912)

Charles Tourville et Sophie Arpajou ont eu huit enfants qui ont survécu jusqu’à l’âge adulte, quatre fils et quatre filles. Poursuivons donc avec l’un de leurs fils, Louis Tourville, un ancien combattant de la Guerre Civile.

Louis est né le 30 septembre 1844 et a été baptisé 6 jours plus tard, le 6 octobre à St-Hughes, au Québec. Son père Charles était absent au baptême, ce qui donne à penser qu’il travaillait peut-être dans le comté d’Addison, au Vermont, alors que Sophie attendait la naissance de Louis à leur maison de St-Hughes.

Comme je l’ai expliqué dans certains articles antérieurs, il semblerait que Charles, alors veuf, soit allé vivre avec sa soeur Catherine, son beau-frère et ses neveux à Châteaugay, dans l’État de New York afin que Catherine puisse l’aider à élever ses enfants. Les enfants de Charles et de Sophie ont eu les parcours suivants : vers la fin de 1851 ou au début de 1852, Charles fils et Sophie ont quitté le comté d’Addison au Vermont pour s’installer à Chateaugay. Joseph et Julia semblent avoir vécu toute leur vie dans les comtés de Clinton et de Franklin, dans l’État de New York, non loin de Chateaugay, après la mort de leur mère. Une décennie plus tard, soit aux environs de 1862-1863, Peter Stephen et Philomena ont également quitté Vergennes pour le comté de Franklin. Nettie est la seule à avoir vécu au Vermont jusqu’à la fin de ses jours.

Qu’en est-il de Louis? En 1860, il vivait à Vergennes, au Vermont, dans la maison d’un avocat. Selon le recensement, il avait fréquenté l’école cette année-là, ce qui m’étonne un peu étant donné qu’à l’âge de 15 ans, à cette époque, les jeunes hommes travaillaient déjà. Mais peut-être est-ce une erreur dans le recensement? Un autre jeune homme de 17 ans, étranger à la famille et habitant la même maison, avait fréquenté l’école et était domestique. Je devrai sans doute faire des recherches sur cet avocat, George W. Grandey. Je suis certaine que Louis avait fréquenté l’école puisqu’il signait son nom et savait écrire.

Un an plus tard, le 6 septembre 1861, Louis se porte volontaire et s’enrôle dans l’armée au début de la Guerre Civile. Il a été mobilisé le 20 septembre 1861 au sein de la compagnie F, dans le 2e Régiment d’infanterie du Vermont. Son dossier militaire nous donne une idée de son apparence : il mesurait 5 pieds 6 pouces (1,70 m), avait les yeux et les cheveux noirs. Vous trouverez d’autres renseignements (en anglais) sur le régiment de Louis ici.

Quelques dates importantes concernant le parcours militaire de Louis :

  • Il a survécu à la fameuse bataille de Gettysburg, en Pennsylvanie, qui a eu lieu du 2 au 4 juillet 1863.
  • Il a été démobilisé le 20 décembre 1863 mais s’est enrôlé de nouveau le lendemain à Brandy Station, en Virginie.
  • Il a été blessé par balle dans la cuisse droite (la balle a traversé la cuisse environ 6 pouces au-dessus du genou) à la bataille de Wilderness, en Virginie, le 5 mai 1864, bataille qui a duré 3 jours. Il a été admis au Campbell General Hospital, à Washington, D.C. le 11 mai 1864.
  • Le 16 mai 1864, Louis est en permission. Il rejoint son régiment le 1er août 1864.
  • Il a été atteint par un fragment de métail à la Troisième bataille de Winchester, en Virginie, le 19 septembre 1864.
  • Il a été hospitalisé au General Hospital, à Montpelier, au Vermont. Pendant les mois qui suivent il est présent au Fort Wood Station, sur Bedloe’s Island, dans le port de New York. En novembre 1864, il avait rejoint son régiment.
  • Il a été promu caporal le 1er janvier 1865.
  • Il a été démobilisé avec le reste de son régiment le 15 juillet 1865 bien que la date du 20 juillet soit mentionnée dans certains formulaires de son dossier de pension de la Guerre Civile.
Louis' Hospital Card in Washington, DC

Carte d’hôpital de Louis, Washington DC

Peu de temps après la fin de son service, le 20 septembre 1865, Louis épouse à l’église méthodiste Matilda LaQuire (ou Lequin au Québec) à Ferrisburgh. Matilda n’était pas une inconnue pour Louis puisqu’elle est la cousine de son beau-frère Joseph St-Germain. Le couple est rapidement allé s’installer à Chateaugay dans l’État de New York où Matilda a donné naissance à une fille, Mary Jane, le 6 décembre 1865 et baptisé le 1er janvier de l’année suivante à l’église catholique de St. Patrick.

Vous amis lecteurs, je vous imagine en train de faire le calcul… J’imagine que Louis a voulu lui rendre service. Rien ne laisse croire que Louis ait été au Vermont neuf mois (ou même sept) avant la naissance de Mary Jane.

À la fin de l’été de 1868, Matilda donne naissance à une deuxième fille, Lizzie, Quelques mois plus tard, la famille déménage à Grand Haven, au Michigan. Le 19 août 1869, Lizzie meurt à l’âge de un an. Le 23 décembre 1869, une troisième fille naît, Clarissa.

Pour avoir consulté plusieurs index pour le comté de Franklin, concernant l’acquisitions de terres, je sais que Louis a fait des transactions immobilières en 1866, en 1868 et en 1872 à Chateaugay mais je n’ai pas vu les documents comme tel. Tout juste récemment, j’ai trouvé la naissance d’un autre enfant pour Louis et Matilda, soit George, né le 17 mars 1872 à Ferrisburgh, au Vermont. Il a été baptisé 4 jours plus tard à l’église catholique de Charlotte. Il est possible que Peter Stephen habitait sur la terre de Louis pendant que celui-ci était au Michigan puisque Peter a acheté une terre de Louis en 1884. La famille a probablement séjourné peu de temps au Vermont après la naissance de George.

J’ai tout fait pour trouver Louis et Matilda dans le recensement américain de 1870 au Michigan mais sans succès. La soeur de Louis, Philomena et son mari Dwight Daniels étaient également à Grand Haven en 1870. Ils n’ont pas été recensés non plus.

Selon le recensement américain de 1880, Louis vivait à Grand Haven avec sa femme Matilda et ses deux filles, Jenny et Clarissa. Son fils George est probablement décédé soit au Vermont soit au Michigan. Le 1er janvier 1883, le nom de Louis est sur la liste de dénombrement des pensionnés de la Guerre Civile du Michigan et il réside toujours à Grand Haven. De plus, la liste des membres de l’association des anciens combattants de la Guerre Civile (G.A.R. Post #75 de Grand Haven) de 1883 indique que Louis est marin (Grand Haven est située sur le bord du Lac Michigan). Sa fille Jennie épouse Marinus Kamhout en 1883 et sa fille Clarissa épouse Edward Palmer en 1886, tous les deux à Grand Haven. Le beau-père de Clarissa, Philander Palmer, était médecin, également ancien combattant de la Guerre Civile et il était  membre du G.A.R. Post #75 tout comme Louis.

Clarissa est l’une des personnes « portées disparues » dans la généalogie des Tourville. Edward Palmer a épousé sa deuxième femme en 1892 mais je n’ai aucune idée de ce qui est arrivé à Clarissa après son mariage. En fait, le mariage de Clarissa constitue également la dernière preuve selon laquelle Matilda était toujours vivante en 1886.

En 1886, Louis a déménagé à Minneapolis, au Minnesota. Il a travaillé entre autres dans une écurie; il a été journalier et aubergiste. Pendant un certain temps, il a travaillé chez E.C. Butts & Sons. E.C. Butts était natif du Vermont et il possédait également une écurie à Grand Haven.Je me suis souvent posé la question à savoir si Louis avait quitté Grand Haven parce que Matilda était décédée. Ou est-il parti avec elle et elle est décédée à Minneapolis? Ou encore, l’a-t-il simplement quitté? Un questionnaire avait été envoyé en 1898 aux pensionnés de la Guerre Civile. À la question concernant les membres de sa famille, Louis écrit « Femme décédée. » Aucune mention de ses filles.

En 1896, Louis est de retour à Grand Haven et travaille comme porteur dans un hôtel de la ville. En 1907, il dit vivre à Chateaugay, NY. Son nom n’est pas sur le recensement d’État de New York de 1905. Il a donc dû regagner Chateaugay vers 1907. En 1910, il y vivait toujours avec son neveu Albert Tourville.

Pour recevoir sa pension de militaire, Louis devait subir un examen médical bi-annuel si j’ai bien compris. Le premier a eu lieu à Malone, NY, en 1867. Le médecin déclare qu’il est frappé d’incapacité permanente (à moitié – pour sa jambe). Louis se plaint de douleurs rhumatismales dans sa jambe. La douleur est plus intense après des efforts. Les examens suivants ont lieu à Grand Haven, au Michigan, en 1873 et 1875. En 1877, l’examen a lieu à Grand Rapids, tout près. Les derniers examens ont lieu à Minneapolis en 1890, 1891 et 1892. Sa pension est d’abord fixée à 4 $ par mois puis est réduite à 2 $ par mois. Il a bien contesté cette réduction mais sans succès. Il devra attendre 1907 pour obtenir une pension mensuelle de 12 $ en raison de son âge (plus de 62 ans). Son dossier médical fait également état de ses gains de poids : il passe de 145 lbs (65 kg) à l’âge de 29 ans pour atteindre 165 lbs (75 kg) à 45 ans.

Louis est décédé le 27 mars 1912 à Chateaugay. Il vivait toujours avec son neveu Albert. Il a été inhumé dans le cimetière catholique de St. Patrick dans cette même ville. Tous ces long voyages aux États-Unis et il a terminé ses jours là où il a grandi.


 

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52 ancêtres en 52 semaines #12 – Philomène Leblanc (1847-1915)

PhilomeneJ’ai découvert tout récemment que j’avais des racines acadiennes. Je suis très contente parce que je n’avais pas encore eu l’occasion de faire des recherches sérieuses sur les Acadiens.

Mon arrière-grand-mère paternelle, Philomène Leblanc, a épousé Joseph Tourville le 30 avril 1883, à l’église Ste-Brigide de Montréal. Joseph avait perdu sa première épouse Georgiana Dufault six mois plus tôt. Avec sept jeunes enfants à élever, il recherchait probablement une compagne pour l’aider dans cette tâche.

Philomène est née le 8 juillet 1847 et a été baptisée le lendemain à St-Jacques-de-l’Achigan, village comptant beaucoup d’Acadiens. Ses parents étaient Pierre Leblanc et Émilie Gaudet, tous deux d’origine acadienne. Son père était cultivateur, d’abord à St-Jacques puis à St-Liguori-de-Montcalm. Après la mort d’Émilie en juillet 1873, le père et ses enfants sont partis pour Montréal. Après la mort de son père en 1879, Philomène est allée vivre avec sa soeur et son beau-frère dans le quartier Ste-Marie à Montréal. Selon l’annuaire Lovell et le recensement canadien de 1881, Philomène était couturière. Quand elle épouse Joseph Tourville, elle a pratiquement 36 ans. Elle a donné naissance à six enfants, tous morts en bas âge. Seul mon grand-père Ovila, l’aîné, a survécu.

Philomène est décédée le 5 mai 1915, à l’âge de 67 ans, à Montréal et elle a été inhumée au cimetière Notre-Dame-des-Neiges dans une fosse commune.

Philomène Leblanc (1847-1915) mon arrière-grand-mère paternelle, était d'origine acadienne.

Philomène Leblanc (1847-1915) mon arrière-grand-mère paternelle, était d’origine acadienne.

J’ai fait des recherches sur les quatre branches de Philomène et depuis, j’ai appris tant de choses. Je suis particulièrement intéressée par mes ancêtres qui ont survécu à la déportation de 1755 au Massachusetts et au Connecticut et tenter d’en apprendre le plus possible sur le sujet. À mon prochain voyage à Salt Lake City, j’espère faire plein de découvertes sur cette branche dont l’histoire est fascinante.


52 ancêtres en 52 semaines est un défi lancé par Amy Johnson Crow. Pour en savoir plus, cliquez sur l'image (site en anglais).

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