52 ancêtres en 52 semaines : #9 Oneida Tourville (née Alexander) (~1866-?)

Le St. Louis Daily Globe-Democrat n’a pas fini de livrer ses secrets. Heureusement pour moi, car Oneida Alexander est une autre de ces personnes difficiles à cerner en l’absence de recensement entre 1880 et 1900.

On sait qu’Oneida a épousé Peter D. Tourville à St-Louis, au Missouri, le 18 mai 1881. Chose certaine, ce couple a eu au moins une fille, Lillie M. Tourville, étant donné que celle-ci a épousé, le 19 mars 1903, Julius B. Seitz, à Belleville dans le comté de St-Clair, en Illinois. Nous, Canadiens-français, oublions souvent que le divorce était chose possible aux États-Unis à cette époque. J’avais donc supposé qu’Oneida était décédée avant juillet 1891, moment auquel Peter D. Tourville a un enfant avec sa deuxième épouse, Lockie Wadkins (date et lieu de mariage inconnus).

Voilà pourquoi le St. Louis Daily Globe-Democrat se révèle une source inestimable. À la lecture de tous les articles, il n’est pas difficile d’en déduire que l’union d’Oneida avec Peter a été plutôt tumultueuse, c’est le moins qu’on puisse dire. Le 3 mai 1886, Peter Tourville est arrêté pour avoir battu sa femme, tel que l’indique l’article ci-après :

1886 05 04 p10 peter touville arested

St-Louis Daily Globe-Democrat, 4 mai 1886, p. 10 – TRADUCTION : Peter Tourville a été arrêté hier pour avoir battu sa femme, et a été mis en cellule au poste de police. Son procès aura lieu aujourd’hui.

En août 1886, Oneida demande le divorce. Veuillez noter que le mariage a eu lieu en 1881 et non en 1871.

1886 st louis daily globe-democrat 7 aug 1886 p6 oneida tourville divorce

St. Louis Daily Globe-Democrat, 7 août 1886, p. 6 – TRADUCTION : Mme Oneida Tourville a intenté, à la Cour municipale, une poursuite en divorce contre son mari, Peter D. Tourville, l’accusant entre autres de cruauté. Ils s’étaient mariés en 1871.

Il semble bien que tout n’était pas terminé pour nos deux tourtereaux puisqu’en mars 1887, la police effectuant une perquisition à leur domicile, elle y récupère des marchandises volées par Peter Tourville. Peter est alors emmené par les policiers et mis en état d’arrestation.

1887 03 12 p8 theft

St. Louis Daily Globe-Democrat, 12 mars 1887, p. 8 – TRADUCTION : Hier, lors d’une visite au domicile de Mme Tourville, le détective James a mis la main sur de nombreux biens volés chez Louis Olivy en octobre dernier. Tourville, accusé du vol, a été mis en prison.

Le mois suivant, Peter Tourville plaide coupable et est condamné à un an d’emprisonnement. Il purgera sa peine au pénitencier de Chester, en Illinois.

1887 04 01 p11 Peter Tourville guilty

St. Louis Daily Globe-Democrat, 1er avril 1887, p. 11 – TRADUCTION : Peter Tourville a plaidé coupable hier au Circuit Court à une accusation de vol et a reçu une sentence d’emprisonnement d’un an à purger au Penitentiary; […]

1887 04 02 p15 prison tourville

St. Louis Daily Globe-Democrat, 2 avril 1887, p. 15 – TRADUCTION : Le shérif Ragland a conduit hier les prisonniers suivants au Chester Penitentiary : Peter Tourville, un an; […]

Un mois plus tard, en mai 1887, Oneida demande le divorce, pour de bon cette fois. J’ai découvert qu’Oneida s’était remariée le 25 octobre 1888 à Thomas Henry Smith, à East St. Louis, en Illinois.

1887 05 05 p9 belleville oneidy tourville

St. Louis Daily Globe-Democrat, 5 mai 1887, p. 9 – TRADUCTION : […] Mme Oneida Tourville a entamé des procédures de divorce contre son mari, Peter Tourville, avec qui elle est mariée depuis le 18 mai 1881, aux motifs que ce dernier ne réussit pas à la faire vivre convenablement et qu’il purge une peine d’emprisonnement pour vol, à Chester, Illinois.

Cette découverte m’a permis de connaître le nom de ses parents : A. Enoch Alexander et Nancy Moor dont le mariage est célébré le 14 juillet 1859, dans le comté de Franklin, au Missouri. Voici un extrait du recensement américain de 1870 pour la ville de Central, dans le comté de Franklin, au Missouri.

Recensement américain de 1870 pour la ville de Central comté de Franklin, MO

Recensement américain de 1870 pour la ville de Central comté de Franklin, MO

Recensement américain de 1880 pour la ville de St-Louis, MO

Recensement américain de 1880 pour la ville de St-Louis, MO

Oneida serait donc née aux environs de 1866, ce qui, par conséquent, voudrait dire qu’en 1880, elle aurait été âgée d’à peine 14 ans et non 16, lorsqu’elle travaille en tant que servante dans une résidence à East St. Louis. Je n’ai retracé aucun des autres membres de sa famille. C’est probablement dans cette ville qu’elle a rencontré Peter Tourville puisqu’ils se sont mariés à St-Louis, au Missouri, au cours de l’année suivante.

Oneida est introuvable dans le recensement américain de 1900 sous le nom de Smith, mais au cours de mes recherches, je me suis souvenue d’un article de journal qui avait attiré mon attention, il y a des années de cela. Cet article concernait une certaine Zelda Tourville, âgée de 15 ans, aussi connue sous le nom de Smith. Est-ce que cette Zelda Tourville serait la fille aînée de Peter et d’Oneida? Encore une fois, lors de ma lecture, j’ai présumé que le premier mari d’Oneida était décédé, mais ce n’est pas mentionné dans l’article. Je ne sais pas si Peter est le père de tous les enfants d’Oneida. Nous savons par contre que Lillie M. est bien sa fille, mais elle aussi disparaît après son mariage en 1903. Julius Seitz semble avoir épousé une autre femme avant 1920 (année du recensement). Décès ou divorce?

Voici donc les deux articles :

zelda part I

zelda part II

St. Louis Republic, 16 mars 1897, p. 6 - TRADUCTION : Chagrin d’amour. Dépitée, Zelda Tourville a pris une dose de morphine - Elle a reçu son congé de l’hôpital. Le suicide chez les enfants est-il en voie de devenir banal en cette fin de siècle? Cette hypothèse semble cautionnée par la tentative de suicide de Zelda Tourville, peu de temps après celle de la petite Lizzie McDonad. Zelda Tourville, aussi connue sous le nom de Zelda Smith, a pour sa part, au moins atteint l’âge « vénérable » de 15 ans avant de conclure que la vie était insoutenable. Elle n’avait apparemment jamais entendu parler de l’histoire de Lizzie McDonald, ce qui lui évite d’être accusée d’avoir agi par effet d’imitation, ou encore que l’on soupçonne qu’elle soit victime d’une épidémie morbide. Zelda est l’aînée des trois enfants de Mme Smith, dont le premier mari, le père de Zelda, se nommait Tourville. Tous les quatre vivent dans un sous-sol misérable, sale, exiguë et bruyant, éclairé par une seule lampe, situé au 1111 North Thirteenth Street. Un unique lit servant à toute la famille, un poêle fonctionnant à l’essence, une table et un bureau, au mur, une lithographie représentant le World’s Fair. Le tout, incluant quelques chaises cassées, leur tenait lieu de mobilier. Dimanche après-midi, toute la famille (incluant la mère et un bébé âgé de deux ans) et Babe Dugan, un copain de Zelda, étaient assis autour de la table dehors et étaient occupés à embouteiller de la bière. Alors qu’ils étaient ainsi affairés, Henry Wright, commis travaillant dans le domaine de l’expédition qui était aussi le petit ami de Zelda, passât en sifflant. Zelda voulut aller le rejoindre. Ce à quoi Mme Smith, qui était opposée à ce que sa fille fréquente Wright, s’objectât. La jeune fille demandât alors la permission d’aller voir sa tante chez elle. Mme Smtih, croyant que c’était tout simplement une ruse, s’opposât de nouveau à la demande de sa fille. La jeune fille, malgré l’interdiction de sa mère, supplia alors son copain, Babe Dugan, de l’accompagner. Babe refusât et prit plutôt le parti de la mère. Devant ce fait, Zelda, se sentant opprimée par sa mère, trahie par son ami et privée de voir son amant, déclarât que la vie lui était désormais insupportable et courut de la table au bureau, en ouvrit un des tiroirs, et s’emparant d’une fiole de morphine que sa mère y conservait, en avalât la moitié. Après son geste, elle se ruât dans la rue, puis dans une scène digne d’une tragédie, elle se mit à appeler son amant « Henry! Je viens de m’enlever la vie ». Mais, comme c’est souvent le cas, son sacrifice dramatique n’a pas été apprécié, et Henry s’éloigna d’un pas calme. Il était évident qu’il ne désirait pas faire une scène. Tout était perdu pour Zelda. Cependant, elle n’allait pas fuir ses problèmes si aisément, Mme Smith et les voisins courant frénétiquement en appelant à l’aide, une ambulance a été appelée et la jeune fille ayant maintenant perdu connaissance fut transportée au City Hospital, où on lui fit subir un lavement d’estomac et on lui administra un antidote. Ces traitements lui sauvèrent la vie. Elle vit, elle est plus triste mais plus expérimentée car elle a déclaré que l’homme perfide n’aura plus jamais sa confiance. Elle a reçu son congé de l’hôpital hier.

St. Louis Republic, 16 mars 1897, p. 6 – TRADUCTION : Chagrin d’amour. Dépitée, Zelda Tourville a pris une dose de morphine – Elle a reçu son congé de l’hôpital. Le suicide chez les enfants est-il en voie de devenir banal en cette fin de siècle? Cette hypothèse semble cautionnée par la tentative de suicide de Zelda Tourville, peu de temps après celle de la petite Lizzie McDonad. Zelda Tourville, aussi connue sous le nom de Zelda Smith, a pour sa part, au moins atteint l’âge « vénérable » de 15 ans avant de conclure que la vie était insoutenable. Elle n’avait apparemment jamais entendu parler de l’histoire de Lizzie McDonald, ce qui lui évite d’être accusée d’avoir agi par effet d’imitation, ou encore que l’on soupçonne qu’elle soit victime d’une épidémie morbide. Zelda est l’aînée des trois enfants de Mme Smith, dont le premier mari, le père de Zelda, se nommait Tourville. Tous les quatre vivent dans un sous-sol misérable, sale, exiguë et bruyant, éclairé par une seule lampe, situé au 1111 North Thirteenth Street. Un unique lit servant à toute la famille, un poêle fonctionnant à l’essence, une table et un bureau, au mur, une lithographie représentant le World’s Fair. Le tout, incluant quelques chaises cassées, leur tenait lieu de mobilier. Dimanche après-midi, toute la famille (incluant la mère et un bébé âgé de deux ans) et Babe Dugan, un copain de Zelda, étaient assis autour de la table dehors et étaient occupés à embouteiller de la bière. Alors qu’ils étaient ainsi affairés, Henry Wright, commis travaillant dans le domaine de l’expédition qui était aussi le petit ami de Zelda, passât en sifflant. Zelda voulut aller le rejoindre. Ce à quoi Mme Smith, qui était opposée à ce que sa fille fréquente Wright, s’objectât. La jeune fille demandât alors la permission d’aller voir sa tante chez elle. Mme Smtih, croyant que c’était tout simplement une ruse, s’opposât de nouveau à la demande de sa fille. La jeune fille, malgré l’interdiction de sa mère, supplia alors son copain, Babe Dugan, de l’accompagner. Babe refusât et prit plutôt le parti de la mère. Devant ce fait, Zelda, se sentant opprimée par sa mère, trahie par son ami et privée de voir son amant, déclarât que la vie lui était désormais insupportable et courut de la table au bureau, en ouvrit un des tiroirs, et s’emparant d’une fiole de morphine que sa mère y conservait, en avalât la moitié. Après son geste, elle se ruât dans la rue, puis dans une scène digne d’une tragédie, elle se mit à appeler son amant « Henry! Je viens de m’enlever la vie ». Mais, comme c’est souvent le cas, son sacrifice dramatique n’a pas été apprécié, et Henry s’éloigna d’un pas calme. Il était évident qu’il ne désirait pas faire une scène. Tout était perdu pour Zelda. Cependant, elle n’allait pas fuir ses problèmes si aisément, Mme Smith et les voisins courant frénétiquement en appelant à l’aide, une ambulance a été appelée et la jeune fille ayant maintenant perdu connaissance fut transportée au City Hospital, où on lui fit subir un lavement d’estomac et on lui administra un antidote. Ces traitements lui sauvèrent la vie. Elle vit, elle est plus triste mais plus expérimentée car elle a déclaré que l’homme perfide n’aura plus jamais sa confiance. Elle a reçu son congé de l’hôpital hier.

St. Louis Republic, 3 avril 1897, p. 6 - TRADUCTION : Encore Zelda Tourville. Zelda Tourville, la jeune fille de 15 ans ayant fait les manchettes récemment lors de sa spectaculaire tentative de suicide causée par un intense chagrin d’amour, est hospitalisée à nouveau au City Hospital, ayant tenté encore une fois de s’enlever la vie. Il y a deux jours, elle a été envoyée au Bethsada Home à la demande de sa mère, qui espérait non seulement mettre fin à la relation qui avait repris de plus belle entre Zelda et Henry Wright, mais également de lui faire perdre l’habitude de la cigarette, à laquelle elle était maintenant devenue accro. Hier, ayant eu droit à seulement une cigarette, elle a supplié et imploré qu’on lui en donne d’autres, mais en vain. Elle alors tenté de se jeter par le fenêtre du deuxième étage. Elle a été secourue à temps et transférée au City Hospital pour y être mise en observation quant à sa santé mentale.

St. Louis Republic, 3 avril 1897, p. 6 – TRADUCTION : Encore Zelda Tourville. Zelda Tourville, la jeune fille de 15 ans ayant fait les manchettes récemment lors de sa spectaculaire tentative de suicide causée par un intense chagrin d’amour, est hospitalisée à nouveau au City Hospital, ayant tenté encore une fois de s’enlever la vie. Il y a deux jours, elle a été envoyée au Bethsada Home à la demande de sa mère, qui espérait non seulement mettre fin à la relation qui avait repris de plus belle entre Zelda et Henry Wright, mais également de lui faire perdre l’habitude de la cigarette, à laquelle elle était maintenant devenue accro. Hier, ayant eu droit à seulement une cigarette, elle a supplié et imploré qu’on lui en donne d’autres, mais en vain. Elle alors tenté de se jeter par le fenêtre du deuxième étage. Elle a été secourue à temps et transférée au City Hospital pour y être mise en observation quant à sa santé mentale.

J’ai fouillé un peu plus loin et j’ai aperçu le nom de Zelda Smith dans l’index des avis de décès en ligne sur le site de la St. Louis Public Library. Il y est mentionné de se reporter à l’entrée de Lillie Mae O’Brien pour 1943. Il ne me faut que quelques secondes de recherches sur le site des archives du Missouri pour retracer le certificat de décès me confirmant que Lillie Mae O’Brien, née le 22 février 1882, est bien la fille de Peter et d’Oneida, et qu’elle est l’épouse de Thomas O’Brien. De plus, la personne qui fournit les renseignements sur le certificat se nomme Mme Onedia McNulty. Je trouve cette personne dans les recensements américains de 1920, 1930 et 1940 à St-Louis au Missouri. Onedia est née en 1895. D’après l’un de ces recensements, elle vit avec Francis Smith, son neveu, né vers 1914. On peut donc présumer que les trois enfants mentionnés dans l’article sont Lillie Mae alias Zelda, un enfant de sexe masculin et Onedia Smith, qui a épousé William McNulty entre 1910 et 1920. En 1910, Onedia Smith purge une peine à la St. Louis Industrial School, un pénitencier pour jeunes délinquants.

J’ignore de ce qui a pu advenir d’Oneida Alexander Tourville Smith! Vous avez une idée? Votre aide sera appréciée!

 

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52 ancêtres en 52 semaines : #7 Susan Tourville (née Stout) (1837-1915) ou « Aime ta voisine comme toi-même »

Le thème de l’Amour proposé par Amy Johnson Crow pour la semaine de la St-Valentin, dans le cadre de son défi 52 ancêtres en 52 semaines (oui, je sais, j’ai pris du retard!), m’a fait penser à deux petits articles que j’ai lus dans le St. Louis Globe-Democrat lors de mon séjour à la bibliothèque de Salt Lake City en novembre dernier.

Les deux articles concernent Susan Stout, l’épouse de Joseph T. Tourville, qui a eu, devant chez elle, une « petite » dispute avec une voisine en mars 1883, à St-Louis, au Missouri.

Vous en trouverez la traduction ci-dessous. Certaines expressions étaient nouvelles pour moi mais même si je n’en ai pas trouvé la signification sur Internet, j’en devine facilement le sens! La généalogie nous permet d’en apprendre tous les jours!

Bonne lecture! L’histoire ne dit pas si elles se sont adressé de nouveau la parole après cela. 😉

st. louis democrat tuesday march 20 1883

St. Louis Globe-Democrat, 20 mars 1883, p. 12

 

Traduction : Litiges insolites passés devant les juges —
Un mandat plutôt singulier a été fait sous serment hier devant le juge Smith.  Mme J.R. Ryan et Mme J. Tourville, des voisines, habitent toutes deux Fourteenth Street près de Cass Avenue.  Vendredi dernier, alors que Mme Ryan et Mme Molly Curley s’affairaient à la lessive dans la cour, Mme Tourville est sortie elle aussi à l’extérieur et se mit à secouer son tapis.  Ce comportement provoqua la colère de la vaillante Mme Ryan qui somma alors sa voisine de cesser ses agissements.  Quant à Mme Tourville, ne semblant avoir d’autre envie que d’envenimer les choses, après être retournée chercher un balai, elle se mit à balayer la cour.  Mme Ryan retroussa subitement ses manches et, sans plus de formalités, se rua sur sa persécutrice qui, dans ce que l’on pourrait qualifier de jargon local, la traita de « the father of a butin ».  Inquiète à l’idée de se faire arrêter elle aussi, son amie Mme Curley, prit tout le monde de court en allant tout de go prêter serment devant le juge, ce qui permit l’émission d’un mandat d’arrêt pour coups et blessures contre Mme Ryan.


 

st louis democrat wedn 21 mar 1883

St. Louis Globe-Democrat, 21 mars 1883, p. 5

Traduction : Mme J.R. Ryan, la femme ayant agressé Mme J. Tourville, sa voisine, vendredi dernier, cette dernière ayant inopportunément secoué un tapis et passé le balai pendant que Mme Ryan était à laver à la cuve à lessive, et qui a été arrêtée en vertu d’un mandat fait sous serment par son amie, Mme Curley, a comparu hier devant le juge Smyth et a plaidé coupable.  Faisant suite aux témoignages entendus, elle a été condamnée à une amende de 1 $ plus les débours.  Une autre affaire concernant Mme Ryan était alors pendante à la Court of Criminal Correction, mais n’a pas abouti.

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DERNIÈRE HEURE | Charles Tourville et Sophie Arpajou bel et bien inhumés au cimetière St-Patrick

Samedi dernier, je feuilletais le recueil de généalogie que Clarence Wells Tourville  avait rédigé, à la fin des années 1980, à l’intention des membres de sa famille. Je me considère bien chanceuse d’avoir reçu une copie de ce recueil le mois dernier d’une parente de M. Tourville. Je ne dirai jamais assez à quel point j’apprécie ce geste généreux de sa part [Merci Joan! #tellementcontente].

Eh! bien, j’ai failli tomber à la renverse lorsque j’y ai lu que Charles Tourville (1802-?) et Sophie Arpajou (1811-?) seraient inhumés dans le terrain du lot 22 de la section 2 du cimetière de la paroisse St-Patrick, à Chateaugay, comté de Franklin, dans l’État de New York, ce terrain appartenant à leur fils Stephen Tourville. Aucune référence ni aucune source ne mentionnait d’où provenait cette information. On m’a souvent indiqué que Charles et Sophie étaient probablement inhumés à Chateaugay, mais jamais personne ne m’avait précisé que le recueil de Clarence Wells Tourville comportait une liste des personnes inhumées dans le terrain de Stephen Tourville.

J’ai donc décidé d’écrire au cimetière de St-Patrick [pourquoi ne l’ai-je pas fait plus tôt, je me le demande si ce n’est que je croyais que le cimetière existait seulement depuis 1863, année d’ouverture des registres de la paroisse St-Patrick, et non depuis 1844] pour que l’on me confirme l’information selon laquelle les personnes suivantes seraient inhumées dans le terrain de Stephen Tourville, à savoir Peter Stephen Tourville, sa femme, Caroline, leur fils Stephen, sa femme, Fanny Amo, leur fils Henry, sa femme, Roseland, son père, Charles Tourville, et sa femme, Sophie Arpajou, Estele et deux enfants de Stephen — soit 11 personnes au total. Voici la réponse reçue de la secrétaire de la paroisse St-Patrick :

« J’ai bien trouvé le terrain que vous avez décrit mais il n’est pas aussi grand que vous le dites. […] Le lot ne contient pas 12 places mais seulement 6 puisque 5 sont déjà prises. Mais il pourrait aussi en contenir 9 étant donné que ce lot n’est pas documenté correctement. Selon moi, je dirais que c’est un lot pour 6 personnes avec une place libre. Si cette place est maintenant occupée, cela n’a pas été documenté correctement. […]  Cependant, il est certain que selon nos registres, les personnes suivantes ont été inhumées à St-Patrick :

† Henry Tourville inhumé en 1931, né en 1876
† Roseland Tourville inhumée en 1952, née en 1876
† Peter Tourville inhumé en 1922, né en 1836
† Charlie DeTourville, né en 1802 (je crois bien que c’est cela, cette date est écrite à côté de son nom mais il n’y a aucune indication quant à la signification de cette date) sans date d’inhumation mais il est inhumé dans le lot puisque sinon son nom n’y serait pas.
† Sophie Arpajou (pas de date d’inhumation ni de naissance) Elle est inhumée dans le lot puisque son nom y est. » [Traduction]

La secrétaire de la paroisse de St-Patrick m’a aussi écrit qu’elle n’était pas en mesure de me confirmer la présence des autres personnes mais, plus tard, elle m’a écrit de nouveau me précisant qu’elle avait trouvé l’information sur Caroline Daignault sur Find A Grave. Voici ce qu’elle m’a expliqué :

« Je ne trouve rien sur elle [Caroline] dans nos registres mais le site Find A Grave mentionne qu’elle est inhumée ici et il y a même une photo de la pierre tombale. Certains registres ont été détruits il y a quelques années à la suite d’un incendie. Son nom se trouvait peut-être dans ceux-ci. Son nom devrait être inscrit dans nos registres mais il n’y est pas. J’ai trouvé le nom de Stephen Tourville dans nos registres mais pour quelque raison que ce soit, aucune date n’est indiquée. J’ai trouvé ceci sur Stephen Tourville [sur Internet] : Stephen Tourville, 28 ans, décédé le 27 mai 1901, inhumé le 29 mai 1901, a reçu les derniers sacrements. Il a été inhumé dans le lot 22. D’autres personnes s’y trouvent, peut-être leur nom vous dit-il quelque chose? James Leers [sic – devrait se lire Seers], 4 ans, inhumé en 1883, Elizabeth Barrette, 10 mois, inhumée en 1883. » [Traduction]

Je lui ai répondu à mon tour, car je voulais qu’elle m’assure que j’avais bien compris que Charles et Sophie étaient bien inhumés dans le lot 22 de la section 2.  Elle m’a confirmé ce qui suit :

« Leur nom est écrit ainsi dans nos registres : Charlie Tourville et Sophia Arpajou. Vous avez donc les bonnes personnes. Ils sont inhumés dans le lot 22 de la section 2. Le même lot que celui de Peter Tourville. » [Traduction]

Les deux enfants mentionnés comme étant ceux de Peter dans le recueil de Clarence pourraient en fait être ses petits-enfants, James et Elizabeth, les enfants de ses deux filles.

Quant à « Estele » dont la secrétaire de la paroisse n’a trouvé aucune trace, j’en ai déduit que cela pouvait être Marie-Édesse, toujours vivante en1840, mais qui est décédée avant 1850. Le cimetière a ouvert ses portes en 1844, mais le fait que Charles et Sophie soient tous les deux inhumés à Chateaugay signifie probablement qu’ils ont quitté le Vermont entre 1848 et 1850 (Sophie a donné naissance à des jumeaux au Vermont en 1848). Quant à Charles, il est décédé entre 1850 et 1860.

J’ai mis à jour le site de Find a Grave en ajoutant les noms de Charles et de Sophie sur la page du cimetière de St-Patrick. Un voyage à Chateaugay est déjà prévu pour ce printemps!

Tous les chercheurs qui m’ont aidée au cours des années connaissent mon obsession pour Charles Tourville et Sophie Arpajou. Eh! bien, Charles et Sophie peuvent désormais reposer en paix… et moi aussi! Je vais bien sûr poursuivre mes recherches pour découvrir la date de décès de Charles, mais je suis tellement contente de connaître enfin l’endroit où ils ont réellement été inhumés!

Belle découverte sur Internet : Extrait du livre de renvoi officiel de la paroisse de Montréal (1872)

Votre ancêtre habitait-il la paroisse de Montréal en 1872? Plus précisément, les villages d’Hochelaga, de la Côte de la Visitation, de la Côte St-Louis, de St-Jean-Baptiste ou de la Côte-des-Neiges? Aimeriez-vous savoir s’il était propriétaire ou locataire?

Dans ce cas, vous pourriez être intéressés par ce document que j’ai découvert sur Internet.

Extrait du livre de renvoi officiel de la paroisse de Montréal [microforme] : comprenant les villages incorporés d’Hochelaga, de la Côte de la Visitation, de la Côte St- Louis, de St-Jean-Baptiste et de la Côte-des-Neiges / préparé et publié par L.W. Sicotte (1872)

Ce livre donne pour chacun des lots des villages susmentionnés le nom de son propriétaire et sa dimension. Le numéro devant le nom du propriétaire est le numéro officiel du lot. Si vous téléchargez la version PDF, vous pouvez aisément y faire une recherche.

extrait officiel

Pour les curieux, les rues de Montréal mentionnées dans l’image ci-dessous sont aujourd’hui la rue Rachel, l’avenue de l’Hôtel-de-Ville, l’avenue Duluth et la rue de Bullion

Jumelé au recensement de 1871, cet ouvrage peut se révéler fort utile.

J’y ai trouvé le nom de Honoré Tourville qui habitait St-Henri ainsi que les noms d’Élisabeth Lamoureux, veuve de Louis Tourville, de son fils Médard et de deux de ses gendres, Denis Barrette et Napoléon Gauvreau, qui habitaient le village St-Jean-Baptiste.

Bonnes recherches!

52 ancêtres en 52 semaines : #3 Malvina Tourville (née Hogue) (1859-1880)

En novembre dernier, lors de mon voyage à Salt Lake City, j’ai trouvé un article dans le Daily Arkansas Gazette daté du 9 mai 1880 qui relatait une manchette datée du 30 avril précédent en provenance de Montréal. Une femme serait morte de peur en voyant passer devant chez elle deux hommes gravement brûlés sur leur lieu de travail, les frères Couvrette. On donnait le nom de « Mrs. Tourville » sans autre renseignement.

La seule personne dans ma base de données qui est décédée en 1880 et qui vivait à Montréal à cette époque était Malvina Hogue, épouse de Moïse Tourville, mais je l’ai écartée d’emblée puisqu’elle était décédée le 19 avril. Je décide donc d’aller sur le site de la BANQ pour vérifier si le journal La Minerve en ferait mention. Comme la manchette était datée du 30 avril, j’ai parcouru le journal au complet. Rien. L’édition du 1er mai peut-être? Oui! Il s’agissait bien de Malvina Hogue, le journal La Minerve donnant beaucoup plus de détails sur les circonstances de son décès que celui de l’Arkansas. Le 19 avril? Eh! bien c’était une erreur de transcription de ma part. J’ai vérifié le registre de Notre-Dame de Montréal et c’est bien le 29! C’est maintenant corrigé dans la base de données.

Voici les deux articles en question :

Daily Arkansas Gazette

Provenance : Daily Arkansas Gazette, 9 mai 1880, page 1

La Minerve 01051880 malvina hogue tourville

Source: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, La Minerve, 1er mai 1880, page 1

Malvina Hogue est née le 16 juin 1859 à Montréal (Hochelaga). Elle était la fille de Pierre Hogue et de Josephte Boyer. Malvina a épousé Moïse Tourville le 22 octobre 1878 à St-Henri. Elle a eu une fille prénommée Évélina née le 31 août 1879 à St-Henri. Il s’agit de l’enfant mentionné dans le texte.

Cet article est vraiment tombé à point! Je travaille sur la famille de Moïse Tourville et sur celle de sa deuxième épouse, Azilda Labelle, qu’il a épousé à Chicago en 1884. Cet homme a eu un parcours fascinant. Lui et sa famille feront l’objet d’un prochain article.

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52 ancêtres en 52 semaines : #1 Jeanne Garnier (1683 – ?)

Les archives nous réservent parfois de belles surprises. Prenons le cas de Jeanne Garnier, enlevée avec plusieurs membres de sa famille par les Iroquois en novembre 1689 à Lachenaie. Comment peut-on même espérer connaître le sort qui lui a été réservé? Mais avant d’en venir à Jeanne, remettons-nous en contexte.

Dans son mémoire de maîtrise, Le Premier demi-siècle de Lachenaie (1670-1724), Mario Nadon avance une explication concernant l’absence de certains membres de la famille Hubou dans les actes de décès des registres paroissiaux de l’époque.

Mathieu Hubou et Suzanne Betfer ont eu neuf enfants. En novembre 1689, Suzanne est veuve depuis déjà onze ans et au moins cinq de ses enfants sont toujours vivants. Elle habite avec deux de ses fils, toujours célibataires, Mathieu, 36 ans, et Charles, 24 ans. Ses deux filles sont mariées : Geneviève, à Julien Garnier, et Anne, à René Sauvageau. Jean Hubou est marié depuis un an à Marguerite Goulet. Tous habitent la seigneurie de Lachenaie.

Le conflit franco-iroquois sévit depuis quelques années déjà et, en août 1689, le village de Lachenaie est attaqué par les Iroquois. Effrayés, ses habitants se réfugient dans le fort. À l’automne, une certaine accalmie les encourage à retourner sur leur terre. Cependant, dans la nuit du 13 novembre 1689, ils ont été surpris dans leur sommeil par quelque 150 Iroquois.

Le bilan est lourd. Avec cette attaque, c’est près du tiers de la population de Lachenaie qui disparaît, 33 personnes ayant été tuées ou portées disparues.

La famille Hubou a été durement éprouvée par ces événements. Suzanne Betfer et Charles Hubou seraient parmi les victimes. Un inventaire après décès du notaire Basset daté du 12 décembre 1689 confirme que Geneviève Hubou et Julien Garnier sont morts ou disparus dans la nuit du 13 novembre. Un autre document du notaire Basset, daté du 1er juin 1691 celui-là, mentionne que René Sauvageau a été tué par les Iroquois en 1689. On présume que cinq des six enfants Sauvageau ont également subi le même sort. Ce dernier document décrit également le marché passé entre Joseph Barbeau et Jean-Baptiste Hubou, procureur des successions de Mathieu Hubou et de Suzanne Betfer, de Julien Garnier et de René Sauvageau, comme étant un acte visant à entretenir paix et amitié entre les dites parties puisque Joseph Barbeau serait responsable de la mort de Julien et de René tués par les Iroquois.

Après ces événements, Anne Hubou quitte Lachenaie avec sa fille aînée pour s’installer à Montréal où elle épousera Moïse Hilarest en 1691. Elle mourut en 1728, à l’âge de 69 ans. Toutefois, ce drame ne semble pas avoir incité les autres membres de la famille à quitter les environs de Lachenaie. Mathieu Hubou épousera Catherine Goulet en 1694, il mourra en 1723 à St-François-de l’île Jésus. Jean Hubou disparaît entre 1696 et 1699, probablement tué au cours d’une expédition militaire. Il était le premier brigadier des gardes du marquis de Denonville. Sa veuve épouse Michel Feuillon en 1699.

La seule survivante de la famille Garnier serait donc Geneviève, qui avait 7 ans au moment de l’attaque. Son oncle maternel, Mathieu Hubou Deslongchamps fils, est son tuteur comme en fait foi un acte de tutelle daté de janvier 1698. Elle serait la seule héritière de ses parents.

Le 12 juin 1702, à l’âge de 20 ans, Geneviève épouse Jean Rochon (ou Rocheron) à St-François-de-Sales de l’île Jésus. Assistent à la cérémonie Jean Beauchamp, Pierre Beauchamp, Mathieu Hubou, son oncle et tuteur, Catherine Goulet, sa tante, épouse de Mathieu.

Or, un document daté du 27 juin 1706 et disponible sur le site de BANQ nous apprend que Julien Garnier serait décédé mais que sa fille Jeanne, faite prisonnière avec lui, serait, selon la rumeur publique, toujours vivante, aurait épousé un Amérindien et vivrait chez la nation iroquoise Oneyoutes.

On peut presque imaginer la panique de Jean Rocheron qui s’adresse à l’intendant Raudot pour s’assurer de pouvoir jouir de l’héritage de sa femme. Il affirme que la terre de Julien Garnier a été abandonnée et laissée en mauvais état et qu’il ne compte pas les travaux qu’il a dû accomplir, à sa charge, pour mettre en valeur ce bien. Il mentionne qu’on a toujours cru Jeanne Garnier décédée et qu’il ne pense pas qu’elle reviendra vivre parmi les siens puisqu’elle vivrait désormais « à la façon des Sauvages ». L’intendant Raudot tranche et déclare que Jean Rocheron peut prendre possession des biens de Julien Garnier à la condition d’en remettre la moitié à Jeanne si jamais elle revient de captivité. Le document fait également état de la décharge de Mathieu Hubou Deslongchamps, en sa qualité de tuteur. Ce biens sont tous situés à Lachenaie.

Un autre document du notaire Nicolas Senet, daté du 15 juillet 1711, mentionne également que Jeanne Garnier a été adoptée par les Iroquois. Ce document porte sur une transaction effectuée entre Jean Rocheron et Mathieu Hubou.

Geneviève et Jean ont eu 13 enfants. Geneviève décède en 1758 à l’âge de 76 ans sans avoir jamais revu sa soeur.

En terminant, voici la liste des disparus de la famille Hubou après la nuit du 13 novembre 1689 :

  • Suzanne Betfer, env. 55 ans
  • Charles Hubou, 24 ans
  • Julien Garnier, 40 ans
  • Geneviève Hubou, 33 ans
  • Pierre Garnier, 10 ans
  • Jeanne Garnier, 6 ans
  • Charles Garnier, 5 ans
  • Michel Garnier, 4 ans
  • Marguerite Garnier, 1 an
  • René Sauvageau, env. 67 ans
  • Marguerite Sauvageau, 8 ans
  • Marie-Thérèse Sauvageau, 7 ans
  • Flavie Sauvageau, 5 ans
  • Bernard Sauvageau,  2 ans
  • Marie Sauvageau, 1 an

Bibliographie :

Mario Nadon, Le Premier demi-siècle de Lachenaie (1670-1724)

Claude Martel, Lachenaie : du fort à la ville


Trésor des archives : inventaire après décès de Sophie Arpajou (20 octobre 1851)

Après la lecture de l’inventaire après décès de la communauté de biens qui a existé entre Charles Tourville et Sophie Arpajou, qui a eu lieu le 20 octobre 1851, à St-Hughes, au Québec, après le décès de Sophie, je ne peux qu’imaginer ce qui a conduit Charles à demander cet inventaire.

Peut-être que Charles, qui vivait alors à Chateaugay, dans l’État de New York, a voulu tenir un conseil de famille, se demandant ce qu’il ferait de la terre qu’il possédait toujours à St-Hughes. Ses enfants majeurs, Charles et Sophia, tous deux mariés et vivant au Vermont depuis trois ans n’étaient probablement pas intéressés à tout recommencer au Québec. Ou peut-être la terre était tellement pauvre que cela ne valait même pas la peine d’y penser. Le 25 septembre 1851, Charles se rend à Ferrisburgh pour obtenir de son fils aîné Charles la procuration dont il a besoin pour vendre sa terre. Deux jours plus tard, il frappe à la porte de sa fille Sophie pour la même raison.

Cimetière de St-Hughes

Cimetière de St-Hughes

À l’automne de 1851, Charles se rend donc à St-Hughes, peut-être pour la dernière fois. Il a sans doute séjourné chez Joseph Langevin et sa femme Madeleine Arpajou, soeur de Sophie, à St-Barnabé où Joseph et Madeleine ont leur terre.

Alors que faire? Vendre la terre? Pour ce faire, Charles doit d’abord passer devant un juge afin d’obtenir un acte de tutelle pour ses enfants mineurs. Une demande a été faite le 25 septembre par l’entremise du notaire Timothée Brodeur. Le 10 octobre, devant le juge Jean Casimir Bruneau, de la Cour du Circuit de Montréal, sont élus tuteurs aux six enfants mineurs leur père Charles Tourville en qualité de tuteur et leur oncle maternel par affinité Joseph Langevin en qualité de subrogé tueur.

L’information la plus utile et la plus précieuse contenue dans cet inventaire après décès est la liste des enfants mineurs de Charles et de Sophie ainsi que leur âge au 20 octobre 1851. Veuillez noter que cette liste apparaît dans trois documents différents, tous rédigés à l’automne de 1851 et que l’information est la même d’un document à l’autre.

  • Étienne (Peter Stephen), âgé de 16 ans (né en août 1835, information exacte).
  • Marie-Édesse, âgée de 14 ans (née en janvier 1839, aurait 12 ans et non 14; en raison de la fiabilité de l’information concernant les autres enfants dans cet inventaire, j’en ai conclu que cet enfant n’est pas la “Marie-Édesse” née en 1839 mais plutôt “Dométhilde” née en 1837. Son prénom est Édith, Nettie ou Adesta dans divers documents américains. La vraie Marie-Édesse vivait toujours en 1840 mais elle est probablement décédée en bas âge au Vermont. L’âge de « Dométhilde » aux États-Unis est plus près de 1837 que de 1839. Il n’était pas rare à cette époque pour un enfant de porter le même prénom d’une soeur ou d’un frère décédé en bas âge).
  • Philomène, âgée de 10 ans (baptisée en mai 1841 au Vermont – l’information serait exacte).
  • Julie, âgée de 8 ans (née en octobre 1843 au Vermont selon le recensement de 1900 – l’information serait exacte).
  • Louis, âgé de 6 ans (né en septembre 1844, a eu 7 ans quelques semaines plus tôt – information inexacte).
  • Joseph, âgé de 5 ans (né en avril 1846 – information exacte).

Nous en sommes donc maintenant à la prise d’inventaire effectuée devant Me Timothée Brodeur et son collègue Me Joseph Amiot, notaires publics, Jacques Gendron et Lucien Houle de St-Hughes agissant en qualité d’évaluateurs. L’inventaire après décès se trouve ici et la transcription de cet acte se trouve ici.

À part la terre, les possessions de Charles se résument à bien peu : une jument, un godendard, une scie de long et une somme en espèces de 8 livres et 12 sols. La communauté n’a aucune dette active mais deux dettes passives : sont dus à J. A. Arpajou environ 459 livres pour arrérages seigneuriaux et 36 livres au notaire pour l’inventaire lui-même. Deux documents sont mentionnés : le contrat de mariage de Charles et de Sophie Arpajou daté du 31 août 1827 (date du mariage) passé devant Me Charles Bazin, acte numéro 373 ainsi que l’acte de tutelle daté du 10 octobre 1851.

La terre de Charles était située dans le fief Beauchemin, au nord de la rivière Yamaska, dans le comté de Richelieu, de deux arpents de front sur trente de long, devant la rivière Yamaska, d’un côté à Bazile Richard et de l’autre à François Lussier, par derrière au rang Barrow.

Si cet inventaire n’offre pas d’autres renseignements, d’autres documents, oui. Le récit ne se termine pas ici, la suite bientôt!

Un inventaire après décès était habituellement fait après le décès d’un conjoint alors que lui survivaient un ou des enfants mineurs. Il était habituellement fait avant le remariage du conjoint survivant pour protéger l’héritage des enfants mineurs. Bien entendu, les gens sans biens ni argent n’avaient aucun intérêt à en faire dresser un.

Trésor des archives : plan d’une partie de la seigneurie de Barrow (St-Hughes), Bas-Canada

Avec cet article, je lance une nouvelle série, « Trésor des archives », dans laquelle je partagerai avec vous mes découvertes, récentes ou anciennes, de documents trouvés dans divers dépôts d’archives.

Je travaille présentement à la transcription d’actes notariés pour le couple de Charles Tourville et Sophie Arpajou et j’ai trouvé par le plus pur des hasards ce plan sur le site des Archives nationales du Québec. Il est impossible de sauvegarder l’image alors cette impression d’écran n’est pas trop bonne. À ma prochaine visite aux archives, j’en demanderai une copie. Cependant, en cliquant sur l’image, vous aurez accès à l’image de la BANQ et pourrez ainsi l’agrandir.

Plan du fief Bourchemin-Est, dans la seigneurie de Barrow (St-Hughes aujourd'hui), divisé en lots à l'été de 1822

Plan du fief Bourchemin-Est, dans la seigneurie de Barrow (St-Hughes aujourd’hui), divisé en lots à l’été de 1822

Ce qui est formidable avec ce plan, c’est que nous avons maintenant une meilleure idée où étaient situées les terres de Charles Tourville, d’Antoine Hébert-Lecompte et de Catherine Tourville (soeur de Charles) ainsi que de bien d’autres. Nous savons également que François Tourville était le voisin de son frère Charles pendant un certain temps. J’essayerai de trouver le numéro de son lot.

Si vous regardez à gauche, vous pouvez lire le nom d’Antoine Hébert-Lecompte, lot 43. Le lot 44 était la propriété de Louis Girard mais nous savons qu’il l’a vendu à Charles Tourville en 1827. Les lots 38-39 sont la propriété des Plourde, belle-famille de la soeur de Sophie Arpajou.

En cliquant sur ce lien, vous pourrez voir où le se trouve le chemin Bourchemin aujourd’hui sur Google Maps.

C’est très excitant tout ça! 😉