52 ancêtres en 52 semaines : #10 Alexandra Forget (née Tourville) (1863-1891)

Connaissez-vous le célèbre photographe William Notman de Montréal (1826-1891)? Grâce aux archives en ligne du Musée McCord, vous pouvez jeter un coup d’oeil aux magnifiques photos de ce grand artiste qui a reçu à son studio tout le gratin de son époque.

Sans ma passion pour la généalogie, aurais-je pu identifier « Mrs. R. Forget » comme étant Alexandra Tourville, épouse de Rodolphe Forget?

1886 Tourville Alexandra

Source: http://www.mccord-museum.qc.ca/en/collection/artifacts/II-81633.1, Photograph | Mrs. R. Forget, Montreal, QC, 1886 | II-81633.1

Alexandra Tourville, née en 1863, était la fille de Louis Tourville, co-fondateur de la Banque d’Hochelaga (aujourd’hui la Banque Nationale du Canada), et de Célina St-Jean. Elle a épousé Rodolphe Forget le 12 octobre 1885, à l’église St-Jacques de Montréal. Cette photo a donc été prise l’année suivant son mariage, alors qu’elle était âgée de 23 ans. En 1889, elle a donné naissance à une fille baptisée sous le nom de Marguerite Marie-Louise. Alexandra est décédée à l’âge de 27 ans et 11 mois.

La Minerve, 14 mai 1891

La Minerve, 14 mai 1891

Si le nom de Rodolphe Forget vous est familier, eh! bien, il est effectivement la personne à laquelle vous pensez! Remarié à Blanche McDonald en 1894, il était le père de Thérèse Forget, mieux connue sous son nom de femme mariée, Thérèse Casgrain.

Je trouvais bien dommage de ne pas être la parente de cette pionnière de la cause des femmes, mais je me trompais, nous sommes parentes. Rodolphe Forget a pour ancêtre en ligne directe le frère d’Élisabeth Forget, épouse d’Augustin Tourville. Ne sommes-nous pas tous cousins?

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52 ancêtres en 52 semaines : #9 Oneida Tourville (née Alexander) (~1866-?)

Le St. Louis Daily Globe-Democrat n’a pas fini de livrer ses secrets. Heureusement pour moi, car Oneida Alexander est une autre de ces personnes difficiles à cerner en l’absence de recensement entre 1880 et 1900.

On sait qu’Oneida a épousé Peter D. Tourville à St-Louis, au Missouri, le 18 mai 1881. Chose certaine, ce couple a eu au moins une fille, Lillie M. Tourville, étant donné que celle-ci a épousé, le 19 mars 1903, Julius B. Seitz, à Belleville dans le comté de St-Clair, en Illinois. Nous, Canadiens-français, oublions souvent que le divorce était chose possible aux États-Unis à cette époque. J’avais donc supposé qu’Oneida était décédée avant juillet 1891, moment auquel Peter D. Tourville a un enfant avec sa deuxième épouse, Lockie Wadkins (date et lieu de mariage inconnus).

Voilà pourquoi le St. Louis Daily Globe-Democrat se révèle une source inestimable. À la lecture de tous les articles, il n’est pas difficile d’en déduire que l’union d’Oneida avec Peter a été plutôt tumultueuse, c’est le moins qu’on puisse dire. Le 3 mai 1886, Peter Tourville est arrêté pour avoir battu sa femme, tel que l’indique l’article ci-après :

1886 05 04 p10 peter touville arested

St-Louis Daily Globe-Democrat, 4 mai 1886, p. 10 – TRADUCTION : Peter Tourville a été arrêté hier pour avoir battu sa femme, et a été mis en cellule au poste de police. Son procès aura lieu aujourd’hui.

En août 1886, Oneida demande le divorce. Veuillez noter que le mariage a eu lieu en 1881 et non en 1871.

1886 st louis daily globe-democrat 7 aug 1886 p6 oneida tourville divorce

St. Louis Daily Globe-Democrat, 7 août 1886, p. 6 – TRADUCTION : Mme Oneida Tourville a intenté, à la Cour municipale, une poursuite en divorce contre son mari, Peter D. Tourville, l’accusant entre autres de cruauté. Ils s’étaient mariés en 1871.

Il semble bien que tout n’était pas terminé pour nos deux tourtereaux puisqu’en mars 1887, la police effectuant une perquisition à leur domicile, elle y récupère des marchandises volées par Peter Tourville. Peter est alors emmené par les policiers et mis en état d’arrestation.

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St. Louis Daily Globe-Democrat, 12 mars 1887, p. 8 – TRADUCTION : Hier, lors d’une visite au domicile de Mme Tourville, le détective James a mis la main sur de nombreux biens volés chez Louis Olivy en octobre dernier. Tourville, accusé du vol, a été mis en prison.

Le mois suivant, Peter Tourville plaide coupable et est condamné à un an d’emprisonnement. Il purgera sa peine au pénitencier de Chester, en Illinois.

1887 04 01 p11 Peter Tourville guilty

St. Louis Daily Globe-Democrat, 1er avril 1887, p. 11 – TRADUCTION : Peter Tourville a plaidé coupable hier au Circuit Court à une accusation de vol et a reçu une sentence d’emprisonnement d’un an à purger au Penitentiary; […]

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St. Louis Daily Globe-Democrat, 2 avril 1887, p. 15 – TRADUCTION : Le shérif Ragland a conduit hier les prisonniers suivants au Chester Penitentiary : Peter Tourville, un an; […]

Un mois plus tard, en mai 1887, Oneida demande le divorce, pour de bon cette fois. J’ai découvert qu’Oneida s’était remariée le 25 octobre 1888 à Thomas Henry Smith, à East St. Louis, en Illinois.

1887 05 05 p9 belleville oneidy tourville

St. Louis Daily Globe-Democrat, 5 mai 1887, p. 9 – TRADUCTION : […] Mme Oneida Tourville a entamé des procédures de divorce contre son mari, Peter Tourville, avec qui elle est mariée depuis le 18 mai 1881, aux motifs que ce dernier ne réussit pas à la faire vivre convenablement et qu’il purge une peine d’emprisonnement pour vol, à Chester, Illinois.

Cette découverte m’a permis de connaître le nom de ses parents : A. Enoch Alexander et Nancy Moor dont le mariage est célébré le 14 juillet 1859, dans le comté de Franklin, au Missouri. Voici un extrait du recensement américain de 1870 pour la ville de Central, dans le comté de Franklin, au Missouri.

Recensement américain de 1870 pour la ville de Central comté de Franklin, MO

Recensement américain de 1870 pour la ville de Central comté de Franklin, MO

Recensement américain de 1880 pour la ville de St-Louis, MO

Recensement américain de 1880 pour la ville de St-Louis, MO

Oneida serait donc née aux environs de 1866, ce qui, par conséquent, voudrait dire qu’en 1880, elle aurait été âgée d’à peine 14 ans et non 16, lorsqu’elle travaille en tant que servante dans une résidence à East St. Louis. Je n’ai retracé aucun des autres membres de sa famille. C’est probablement dans cette ville qu’elle a rencontré Peter Tourville puisqu’ils se sont mariés à St-Louis, au Missouri, au cours de l’année suivante.

Oneida est introuvable dans le recensement américain de 1900 sous le nom de Smith, mais au cours de mes recherches, je me suis souvenue d’un article de journal qui avait attiré mon attention, il y a des années de cela. Cet article concernait une certaine Zelda Tourville, âgée de 15 ans, aussi connue sous le nom de Smith. Est-ce que cette Zelda Tourville serait la fille aînée de Peter et d’Oneida? Encore une fois, lors de ma lecture, j’ai présumé que le premier mari d’Oneida était décédé, mais ce n’est pas mentionné dans l’article. Je ne sais pas si Peter est le père de tous les enfants d’Oneida. Nous savons par contre que Lillie M. est bien sa fille, mais elle aussi disparaît après son mariage en 1903. Julius Seitz semble avoir épousé une autre femme avant 1920 (année du recensement). Décès ou divorce?

Voici donc les deux articles :

zelda part I

zelda part II

St. Louis Republic, 16 mars 1897, p. 6 - TRADUCTION : Chagrin d’amour. Dépitée, Zelda Tourville a pris une dose de morphine - Elle a reçu son congé de l’hôpital. Le suicide chez les enfants est-il en voie de devenir banal en cette fin de siècle? Cette hypothèse semble cautionnée par la tentative de suicide de Zelda Tourville, peu de temps après celle de la petite Lizzie McDonad. Zelda Tourville, aussi connue sous le nom de Zelda Smith, a pour sa part, au moins atteint l’âge « vénérable » de 15 ans avant de conclure que la vie était insoutenable. Elle n’avait apparemment jamais entendu parler de l’histoire de Lizzie McDonald, ce qui lui évite d’être accusée d’avoir agi par effet d’imitation, ou encore que l’on soupçonne qu’elle soit victime d’une épidémie morbide. Zelda est l’aînée des trois enfants de Mme Smith, dont le premier mari, le père de Zelda, se nommait Tourville. Tous les quatre vivent dans un sous-sol misérable, sale, exiguë et bruyant, éclairé par une seule lampe, situé au 1111 North Thirteenth Street. Un unique lit servant à toute la famille, un poêle fonctionnant à l’essence, une table et un bureau, au mur, une lithographie représentant le World’s Fair. Le tout, incluant quelques chaises cassées, leur tenait lieu de mobilier. Dimanche après-midi, toute la famille (incluant la mère et un bébé âgé de deux ans) et Babe Dugan, un copain de Zelda, étaient assis autour de la table dehors et étaient occupés à embouteiller de la bière. Alors qu’ils étaient ainsi affairés, Henry Wright, commis travaillant dans le domaine de l’expédition qui était aussi le petit ami de Zelda, passât en sifflant. Zelda voulut aller le rejoindre. Ce à quoi Mme Smith, qui était opposée à ce que sa fille fréquente Wright, s’objectât. La jeune fille demandât alors la permission d’aller voir sa tante chez elle. Mme Smtih, croyant que c’était tout simplement une ruse, s’opposât de nouveau à la demande de sa fille. La jeune fille, malgré l’interdiction de sa mère, supplia alors son copain, Babe Dugan, de l’accompagner. Babe refusât et prit plutôt le parti de la mère. Devant ce fait, Zelda, se sentant opprimée par sa mère, trahie par son ami et privée de voir son amant, déclarât que la vie lui était désormais insupportable et courut de la table au bureau, en ouvrit un des tiroirs, et s’emparant d’une fiole de morphine que sa mère y conservait, en avalât la moitié. Après son geste, elle se ruât dans la rue, puis dans une scène digne d’une tragédie, elle se mit à appeler son amant « Henry! Je viens de m’enlever la vie ». Mais, comme c’est souvent le cas, son sacrifice dramatique n’a pas été apprécié, et Henry s’éloigna d’un pas calme. Il était évident qu’il ne désirait pas faire une scène. Tout était perdu pour Zelda. Cependant, elle n’allait pas fuir ses problèmes si aisément, Mme Smith et les voisins courant frénétiquement en appelant à l’aide, une ambulance a été appelée et la jeune fille ayant maintenant perdu connaissance fut transportée au City Hospital, où on lui fit subir un lavement d’estomac et on lui administra un antidote. Ces traitements lui sauvèrent la vie. Elle vit, elle est plus triste mais plus expérimentée car elle a déclaré que l’homme perfide n’aura plus jamais sa confiance. Elle a reçu son congé de l’hôpital hier.

St. Louis Republic, 16 mars 1897, p. 6 – TRADUCTION : Chagrin d’amour. Dépitée, Zelda Tourville a pris une dose de morphine – Elle a reçu son congé de l’hôpital. Le suicide chez les enfants est-il en voie de devenir banal en cette fin de siècle? Cette hypothèse semble cautionnée par la tentative de suicide de Zelda Tourville, peu de temps après celle de la petite Lizzie McDonad. Zelda Tourville, aussi connue sous le nom de Zelda Smith, a pour sa part, au moins atteint l’âge « vénérable » de 15 ans avant de conclure que la vie était insoutenable. Elle n’avait apparemment jamais entendu parler de l’histoire de Lizzie McDonald, ce qui lui évite d’être accusée d’avoir agi par effet d’imitation, ou encore que l’on soupçonne qu’elle soit victime d’une épidémie morbide. Zelda est l’aînée des trois enfants de Mme Smith, dont le premier mari, le père de Zelda, se nommait Tourville. Tous les quatre vivent dans un sous-sol misérable, sale, exiguë et bruyant, éclairé par une seule lampe, situé au 1111 North Thirteenth Street. Un unique lit servant à toute la famille, un poêle fonctionnant à l’essence, une table et un bureau, au mur, une lithographie représentant le World’s Fair. Le tout, incluant quelques chaises cassées, leur tenait lieu de mobilier. Dimanche après-midi, toute la famille (incluant la mère et un bébé âgé de deux ans) et Babe Dugan, un copain de Zelda, étaient assis autour de la table dehors et étaient occupés à embouteiller de la bière. Alors qu’ils étaient ainsi affairés, Henry Wright, commis travaillant dans le domaine de l’expédition qui était aussi le petit ami de Zelda, passât en sifflant. Zelda voulut aller le rejoindre. Ce à quoi Mme Smith, qui était opposée à ce que sa fille fréquente Wright, s’objectât. La jeune fille demandât alors la permission d’aller voir sa tante chez elle. Mme Smtih, croyant que c’était tout simplement une ruse, s’opposât de nouveau à la demande de sa fille. La jeune fille, malgré l’interdiction de sa mère, supplia alors son copain, Babe Dugan, de l’accompagner. Babe refusât et prit plutôt le parti de la mère. Devant ce fait, Zelda, se sentant opprimée par sa mère, trahie par son ami et privée de voir son amant, déclarât que la vie lui était désormais insupportable et courut de la table au bureau, en ouvrit un des tiroirs, et s’emparant d’une fiole de morphine que sa mère y conservait, en avalât la moitié. Après son geste, elle se ruât dans la rue, puis dans une scène digne d’une tragédie, elle se mit à appeler son amant « Henry! Je viens de m’enlever la vie ». Mais, comme c’est souvent le cas, son sacrifice dramatique n’a pas été apprécié, et Henry s’éloigna d’un pas calme. Il était évident qu’il ne désirait pas faire une scène. Tout était perdu pour Zelda. Cependant, elle n’allait pas fuir ses problèmes si aisément, Mme Smith et les voisins courant frénétiquement en appelant à l’aide, une ambulance a été appelée et la jeune fille ayant maintenant perdu connaissance fut transportée au City Hospital, où on lui fit subir un lavement d’estomac et on lui administra un antidote. Ces traitements lui sauvèrent la vie. Elle vit, elle est plus triste mais plus expérimentée car elle a déclaré que l’homme perfide n’aura plus jamais sa confiance. Elle a reçu son congé de l’hôpital hier.

St. Louis Republic, 3 avril 1897, p. 6 - TRADUCTION : Encore Zelda Tourville. Zelda Tourville, la jeune fille de 15 ans ayant fait les manchettes récemment lors de sa spectaculaire tentative de suicide causée par un intense chagrin d’amour, est hospitalisée à nouveau au City Hospital, ayant tenté encore une fois de s’enlever la vie. Il y a deux jours, elle a été envoyée au Bethsada Home à la demande de sa mère, qui espérait non seulement mettre fin à la relation qui avait repris de plus belle entre Zelda et Henry Wright, mais également de lui faire perdre l’habitude de la cigarette, à laquelle elle était maintenant devenue accro. Hier, ayant eu droit à seulement une cigarette, elle a supplié et imploré qu’on lui en donne d’autres, mais en vain. Elle alors tenté de se jeter par le fenêtre du deuxième étage. Elle a été secourue à temps et transférée au City Hospital pour y être mise en observation quant à sa santé mentale.

St. Louis Republic, 3 avril 1897, p. 6 – TRADUCTION : Encore Zelda Tourville. Zelda Tourville, la jeune fille de 15 ans ayant fait les manchettes récemment lors de sa spectaculaire tentative de suicide causée par un intense chagrin d’amour, est hospitalisée à nouveau au City Hospital, ayant tenté encore une fois de s’enlever la vie. Il y a deux jours, elle a été envoyée au Bethsada Home à la demande de sa mère, qui espérait non seulement mettre fin à la relation qui avait repris de plus belle entre Zelda et Henry Wright, mais également de lui faire perdre l’habitude de la cigarette, à laquelle elle était maintenant devenue accro. Hier, ayant eu droit à seulement une cigarette, elle a supplié et imploré qu’on lui en donne d’autres, mais en vain. Elle alors tenté de se jeter par le fenêtre du deuxième étage. Elle a été secourue à temps et transférée au City Hospital pour y être mise en observation quant à sa santé mentale.

J’ai fouillé un peu plus loin et j’ai aperçu le nom de Zelda Smith dans l’index des avis de décès en ligne sur le site de la St. Louis Public Library. Il y est mentionné de se reporter à l’entrée de Lillie Mae O’Brien pour 1943. Il ne me faut que quelques secondes de recherches sur le site des archives du Missouri pour retracer le certificat de décès me confirmant que Lillie Mae O’Brien, née le 22 février 1882, est bien la fille de Peter et d’Oneida, et qu’elle est l’épouse de Thomas O’Brien. De plus, la personne qui fournit les renseignements sur le certificat se nomme Mme Onedia McNulty. Je trouve cette personne dans les recensements américains de 1920, 1930 et 1940 à St-Louis au Missouri. Onedia est née en 1895. D’après l’un de ces recensements, elle vit avec Francis Smith, son neveu, né vers 1914. On peut donc présumer que les trois enfants mentionnés dans l’article sont Lillie Mae alias Zelda, un enfant de sexe masculin et Onedia Smith, qui a épousé William McNulty entre 1910 et 1920. En 1910, Onedia Smith purge une peine à la St. Louis Industrial School, un pénitencier pour jeunes délinquants.

J’ignore de ce qui a pu advenir d’Oneida Alexander Tourville Smith! Vous avez une idée? Votre aide sera appréciée!

 

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52 ancêtres en 52 semaines : #8 Antoine Tourville (1779-~1813)

Concevoir la vie de nos ancêtres entre les années 1780 et 1820 dans ce qui est le Québec aujourd’hui n’est pas chose facile. Bien sûr, les registres paroissiaux nous éclairent sur leurs liens familiaux, mais sans recensement ni date de décès, il y a peu à raconter. Heureusement, les contrats notariés nous permettent d’en apprendre un peu plus sur eux.

À force d’éplucher les minutiers des notaires, on s’aperçoit que les mêmes noms reviennent sans cesse, surtout dans les petits villages. On imagine ces gens-là très affairés, fréquenter assidûment l’étude de leur notaire, à l’occasion de l’achat ou la vente de terres, bénéficiant de conseils avisés sur la bonne marche de leurs affaires. Une visite chez le notaire n’avait pour eux rien d’extraordinaire. Pour d’autres, comme Antoine, cela ne devait se produire que lors d’occasions exceptionnelles.

Mais voyons d’abord ce que les registres paroissiaux nous révèlent au sujet de certains événements de la vie d’Antoine.

Ses parents, Joseph Tourville et sa deuxième épouse, Françoise Daunay, se sont mariés en 1766 à Lachenaie. Antoine, qui a été baptisé le 30 mai 1779 à Terrebonne, était le plus jeune enfant du couple. Avant lui, deux filles ont vu le jour, Marie-Angélique, probablement décédée en bas âge étant donné que je n’ai aucune trace d’elle si ce n’est son acte de baptême en 1770, et Marie-Louise, née en 1773 et décédée en 1832. Antoine avait également de nombreux demi-frères et demi-sœurs, notamment Joseph Tourville, mon arrière-arrière-arrière-grand-père, marié à Marguerite Fortin, et Michel Fortin, marié à Catherine Marié.

Antoine n’avait pas encore trois ans lorsque son père est décédé en 1782, à l’âge de 62 ans. En 1789, quelques mois avant son dixième anniversaire, il a perdu sa mère qui n’avait que 54 ans.

Qu’est-il arrivé à Antoine après le décès de ses parents? De fait, nous n’en saurions presque rien, si ce n’était de l’existence d’un acte notarié qui nous dévoile deux moments marquants de son existence.

Reportons-nous donc en ce vendredi 22 novembre 1799, alors qu’il se dirige vers l’étude du notaire Joseph Turgeon, à Terrebonne, accompagné de son parrain, Joseph Limoges, capitaine de milice de la ville.

Ce jour-là, Antoine signe un contrat d’engagement conclu entre Michel Rochelau dit Morrisseau et lui-même, par lequel il accepte de devenir son engagé pour les quatre prochaines années, soit du 20 novembre 1779 au 20 novembre 1803. Outre un salaire annuel de 132 livres, Antoine sera logé, nourri et blanchi, en échange de quoi il accepte d’exécuter toutes les tâches que Michel Rochelau lui demandera. Le contrat précise également qu’Antoine est d’accord avec les modalités qui y sont prévues puisqu’il vit dans la maison de Michel depuis 16 ans et qu’il en est satisfait.

Après la lecture de ce document, nous pouvons donc présumer que, vers 1783, alors qu’Antoine est âgé de trois ou quatre ans, il emménage chez Michel Rochelau, marié depuis un an avec Marie-Archange Charpentier, l’année du décès du père d’Antoine. Peut-être Françoise Daunay est-elle allée travailler comme servante chez les Rochelau et y habitait-elle avec ses enfants.

L’acte notarié nous informe également, par un ajout fait à la fin du document, que Michel et Antoine sont retournés chez le notaire Turgeon le 30 avril 1803. Michel Rochelau a accepté de payer à Antoine ce qui lui était dû et de résilier le contrat avant l’échéance du 20 novembre 1803. Vous vous demandez peut-être pourquoi? Il y a une bonne raison. Trois jours plus tard, soit le 2 mai 1803, Antoine épouse à Mascouche Josephte Amiot-Villeneuve.

Montréal, vers 1800. Panorama depuis un flanc du mont Royal. Archives du Musée McCord / Richard Dillon, (1772-1856), dessin (détail).

Montréal, vers 1800. Panorama depuis un flanc du mont Royal. Archives du Musée McCord / Richard Dillon, (1772-1856), dessin (détail). By Philippe Du Berger [CC BY 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0)], via Wikimedia Commons

Antoine et Josephte sont les premiers Montréalais de la famille Hubou-Tourville au 19e siècle, comme le prouvent deux actes de baptême de la paroisse Notre-Dame de Montréal concernant les deux enfants du couple : Joseph, né en 1803, et Josephte, née en 1805. Ces actes n’indiquent pas l’occupation du père, mais lorsque son fils et sa fille se marient à leur tour à la même paroisse, les actes stipulent que « feu [leur] père était boulanger de cette paroisse ».

Le seul indice voulant qu’Antoine n’ait pas vécu plus de 33 ans nous vient de l’acte du second mariage de Josephte Amiot-Villeneuve, le 2 février 1813, dans lequel elle est identifiée comme étant la veuve d’Antoine Tourville. Le jour de son mariage, Josephte déclare résider temporairement à l’Île Jésus (aujourd’hui Laval), mais être domiciliée dans la paroisse de St-Joseph à Rivière-des-Prairies (sur l’île de Montréal).

Il y avait beaucoup de notaires à Montréal au début du 19e siècle alors, qui sait? Je découvrirai peut-être d’autres détails sur la vie d’Antoine. Et qui aurait pu prédire que le petit-fils de cet homme, Louis Tourville, serait le co-fondateur de la Banque d’Hochelaga, aujourd’hui la Banque Nationale du Canada, en plus d’être un homme d’affaires important ainsi qu’un politicien? Il me reste bien plus que 52 ancêtres à raconter.

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52 ancêtres en 52 semaines : #7 Susan Tourville (née Stout) (1837-1915) ou « Aime ta voisine comme toi-même »

Le thème de l’Amour proposé par Amy Johnson Crow pour la semaine de la St-Valentin, dans le cadre de son défi 52 ancêtres en 52 semaines (oui, je sais, j’ai pris du retard!), m’a fait penser à deux petits articles que j’ai lus dans le St. Louis Globe-Democrat lors de mon séjour à la bibliothèque de Salt Lake City en novembre dernier.

Les deux articles concernent Susan Stout, l’épouse de Joseph T. Tourville, qui a eu, devant chez elle, une « petite » dispute avec une voisine en mars 1883, à St-Louis, au Missouri.

Vous en trouverez la traduction ci-dessous. Certaines expressions étaient nouvelles pour moi mais même si je n’en ai pas trouvé la signification sur Internet, j’en devine facilement le sens! La généalogie nous permet d’en apprendre tous les jours!

Bonne lecture! L’histoire ne dit pas si elles se sont adressé de nouveau la parole après cela. 😉

st. louis democrat tuesday march 20 1883

St. Louis Globe-Democrat, 20 mars 1883, p. 12

 

Traduction : Litiges insolites passés devant les juges —
Un mandat plutôt singulier a été fait sous serment hier devant le juge Smith.  Mme J.R. Ryan et Mme J. Tourville, des voisines, habitent toutes deux Fourteenth Street près de Cass Avenue.  Vendredi dernier, alors que Mme Ryan et Mme Molly Curley s’affairaient à la lessive dans la cour, Mme Tourville est sortie elle aussi à l’extérieur et se mit à secouer son tapis.  Ce comportement provoqua la colère de la vaillante Mme Ryan qui somma alors sa voisine de cesser ses agissements.  Quant à Mme Tourville, ne semblant avoir d’autre envie que d’envenimer les choses, après être retournée chercher un balai, elle se mit à balayer la cour.  Mme Ryan retroussa subitement ses manches et, sans plus de formalités, se rua sur sa persécutrice qui, dans ce que l’on pourrait qualifier de jargon local, la traita de « the father of a butin ».  Inquiète à l’idée de se faire arrêter elle aussi, son amie Mme Curley, prit tout le monde de court en allant tout de go prêter serment devant le juge, ce qui permit l’émission d’un mandat d’arrêt pour coups et blessures contre Mme Ryan.


 

st louis democrat wedn 21 mar 1883

St. Louis Globe-Democrat, 21 mars 1883, p. 5

Traduction : Mme J.R. Ryan, la femme ayant agressé Mme J. Tourville, sa voisine, vendredi dernier, cette dernière ayant inopportunément secoué un tapis et passé le balai pendant que Mme Ryan était à laver à la cuve à lessive, et qui a été arrêtée en vertu d’un mandat fait sous serment par son amie, Mme Curley, a comparu hier devant le juge Smyth et a plaidé coupable.  Faisant suite aux témoignages entendus, elle a été condamnée à une amende de 1 $ plus les débours.  Une autre affaire concernant Mme Ryan était alors pendante à la Court of Criminal Correction, mais n’a pas abouti.

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52 ancêtres en 52 semaines : #6 Évélina Bissonnette (née Tourville) (1879-1956)

Évélina Tourville Bissonnette (1879-1956)

Évélina Tourville Bissonnette (1879-1956) – Collection de Sarah Di Lallo

Dans un article publié récemment, je relatais la mort de la mère d’Évélina survenue de façon tragique au cours du printemps 1880. J’aimerais maintenant vous raconter l’histoire de l’enfance d’Évélina, le bébé mentionné dans l’article de journal.

Évélina est née le 31 août 1879 du mariage de Moïse Tourville et de Malvina Hogue, dans le village de St-Henri, district de Montréal. Elle a été baptisée le jour suivant, ses parrain et marraine étant son oncle Néré Leclaire et sa tante Évélina Tourville.

Au moment de sa naissance, son père, Moïse, était commis. Comme vous le savez peut-être, Moïse a perdu sa femme neuf mois après la naissance d’Évélina. On pourrait s’attendre à retrouver Moïse et sa fille dans le recensement de 1881, mais ce n’est pas le cas. À cette époque, il n’est pas rare qu’un jeune veuf, père d’un bébé, se remarie rapidement ou encore laisse l’enfant à un membre de sa famille. Ainsi, en 1881, Moïse est retourné dans la maison paternelle, mais Évélina semble s’être volatilisée. Elle est introuvable autant en 1881 qu’en 1891.

Évélina Tourville et Albert Bissonnette

Évélina Tourville et Albert Bissonnette – Collection de Sarah Di Lallo

Il faut attendre le 19 avril 1898, date de son mariage avec Albert Bissonnette à l’église St-Henri, pour la retracer. Où est-elle passée entre 1880 et 1898? Heureusement, j’ai déniché deux documents qui nous en apprennent un peu plus sur l’enfance d’Évélina.

En septembre 1894, Néré Leclaire, le parrain d’Évélina, se présente devant un magistrat parce qu’il juge nécessaire que soient nommés un tuteur et un subrogé tuteur pour Évélina, alors âgée de 14 ans. Il mentionne avoir toujours pris soin d’elle depuis qu’elle était bébé et qu’il l’a élevée comme sa propre fille.

Sans doute, vous demandez-vous pourquoi Néré a-t-il attendu toutes ces années pour demander la tutelle d’Évélina. Eh! bien, voici : la mère de Malvina Hogue est décédée ab intestat et sa fille, Évélina, hérite donc de sa grand-mère et devient ainsi propriétaire du quart de sa maison.

Dans sa demande de tutelle, on apprend que Moïse est absent de la province de Québec depuis plus ou moins 10 ans et qu’il n’est revenu à St-Henri qu’une seule fois quatre ou cinq ans plus tôt. Grâce à un acte de vente passé entre Moïse Tourville et son père, Honoré, devant le notaire Faure en avril 1883, on sait que Moïse réside temporairement à Pullman City, en Illinois. On sait aussi que Moïse a épousé sa seconde femme, Azilda Labelle, en décembre 1884, à Chicago, et qu’il y est demeuré au moins jusqu’en 1900 comme en atteste le recensement américain de cette même année. Bien que Moïse ait obtenu la citoyenneté américaine en 1893, il revient au Canada avant 1907.

On peut présumer, d’après l’acte de tutelle, que Moïse a confié sa fille à sa soeur avant d’aller s’installer en Illinois. Mais, si c’est le cas, pourquoi n’est-il pas fait mention de Néré Leclaire, d’Évélina Tourville Leclaire et de leur nièce dans les recensements canadiens de 1881 et 1891? Si le recensement américain de 1890 n’avait pas été perdu, peut-être aurions-nous trouvé la réponse à cette question.

Mme Sara Di Lallo m’a confié que son arrière-grand-mère Évélina avait été élevée par un membre de sa famille à Chicago. J’avais tout d’abord cru le contraire, que Moïse avait quitté pour Chicago, et qu’Évélina, elle, était demeurée à St-Henri avec un membre de sa famille. Mais, comme je n’ai aucune preuve de cela, les deux hypothèses demeurent plausibles. Peut-être Néré Leclaire est-il lui aussi allé à Chicago et qu’il est revenu avec sa femme et sa nièce avant 1894? On sait que Néré Leclaire était épicier à St-Henri en septembre 1894, et qu’Évélina s’est mariée à St-Henri en 1898. J’ai également vérifié le Lovell Directory de Montréal, et le nom de Néré y apparaît jusqu’au mariage d’Évélina. Malheureusement, avant 1894, le village de St-Henri ne semble pas être inclus dans le Lovell (pas de chance!).

Par ailleurs, une autre chose qui me laisse perplexe est que Moïse est présent au mariage d’Évélina, mais affirme ne pas savoir signer. Comment se fait-il alors que je retrouve sa signature sur d’autres documents? Était-il vraiment présent au mariage?

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[Mise à jour] De gauche à droite, les filles d’Évélina et d’Albert Bissonnette : Marguerite, Aline, Pauline, Madeleine, Yolande, Cécile, Agnès, Henriette. – Collection de Sarah Di Lallo

Évélina Tourville et Albert Bissonnette ont eu huit filles, Marguerite, Cécile, Agnès, Aline, Pauline, Henriette, Madeleine et Yolande. Aline est décédée l’an dernier à l’âge de 109 ans! Elle occupe le premier rang dans les statistiques de mon site Web comme étant la personne ayant vécu le plus longtemps.

Évélina est décédée le 17 avril 1956 à Montréal, à peine un an avant Albert qui est décédé le 26 juin 1957, et tous les deux ont été inhumés au cimetière Notre-Dame-des-Neiges à Montréal.

Quant à Évélina Tourville Leclaire, elle est décédée en 1910, et, fait plutôt étrange, elle a été inhumée dans l’église de St-Henri. J’irai à la BANQ consulter les journaux et voir si je ne pourrais pas y trouver un avis de décès la concernant.

Et enfin, environ un an plus tard, Néré allait s’établir en Ontario où il a épousé leur ancienne servante, Clara Deschamps, une Ontarienne qui vivait avec le couple en 1900. Néré y est décédé en 1915 dans le comté de Glengarry.

Travaux de couture réalisés par Évélina à l'âge de 10 ans

Travaux de couture réalisés par Évélina à l’âge de 10 ans – Collection de Sarah Di Lallo

52ancestors-2015Merci à Sarah Di Lallo pour les photos!

52 ancêtres en 52 semaines : #5 Charles B. Tourville (1857-1910)

À ceux d’entre vous qui effectuez des recherches aux États-Unis, ne trouvez-vous pas que l’absence d’un recensement en 1890 complique drôlement les choses lorsqu’une personne est née, décédée ou s’est mariée entre 1880 et 1900? Vous me direz que cela dépend de l’endroit où ils vivent (dans certains États, l’État civil est souvent inexistant) ou des autres sources disponibles.

Prenons le cas de Charles B. Tourville né le 20 mai 1857 à St-Louis, au Missouri, du mariage de Joseph Toussaint Tourville et de Susan Stout. Sa date de naissance provient du dossier de pension de son père, un vétéran de la Guerre civile. Pour le reste, j’ai dû me contenter des recensements américains de 1860, 1870, 1900 et 1910. Quels renseignements en ai-je tirés?

En 1860, la famille vivait à St-Louis et, en 1870, elle s’établissait à Canton, dans le comté de Fulton, en Illinois. Bien que ses parents et ses jeunes frères et sœurs soient revenus vivre à St-Louis en 1880, aucune information en ce qui concerne Charles. Je le retrace en 1900 à St-Louis, marié à Katherine et, en prime, quelques indices : sa femme n’a jamais eu d’enfants, ils sont mariés depuis quatre ans et Lorena, née en septembre 1885, qui vit avec le couple, est la fille de Charles. Enfin, le recensement américain de 1910 nous apprend que le couple vit à nouveau seul et qu’il s’agit d’un deuxième mariage pour Charles, le premier pour Katherine.

Assez rapidement, j’ai déniché, dans la base de données intitulée « Missouri Marriage Records » sur le site d’Ancestry, une licence de mariage pour Charles Tourville et Katherine F. Motzer. Le mariage a eu lieu le 17 septembre 1896. Aucun autre mariage n’y est répertorié relativement à Charles.

Lorsque j’étais à Salt Lake City en novembre dernier, en parcourant l’index de journaux, des pistes intéressantes m’ont été suggérées :

St. Louis Daily Globe-Democrat, 19 octobre 1881, p. 11

St. Louis Daily Globe-Democrat, 19 octobre 1881, p. 11

Traduction : Le « Recorder » a accordé une licence de mariage aux personnes suivantes : C. B. Tourville et A. Mayer […]

Tourville Amelia st louis daily globe-democrat 6 feb 1882

St. Louis Daily Globe-Democrat, 6 février 1882, page 5

Traduction : TOURVILLE – 4 février à 9 h, Mme Amelia Tourville, autrefois connue sous le nom de Mademoiselle Amelia Meyer. Le convoi funéraire partira de sa dernière demeure, au 2816 North Twelth, aujourd’hui à 9 h. Les amis de la famille sont priés d’y assister. Journaux d’Evansville, veuillez relayer la nouvelle.

   St. Louis Daily Globe-Democrat, 7 février 1882, page 10

St. Louis Daily Globe-Democrat, 7 février 1882, page 10

Traduction : Amelia Tourville, 22 ans et 7 mois, 2816 North Twelfth, consomption.

Vous rendez-vous compte à quel point les journaux m’ont aidée à obtenir plus de détails sur la période de 1880-1900? Non seulement j’y ai appris le nom de jeune fille d’Amelia, mais également son âge et la cause de son décès. Grâce à cette information, j’ai réussi à découvrir la licence de mariage alors que j’étais à Salt Lake City. Plus tard, j’ai réalisé que si je n’avais pas réussi à retracer Charles, c’était que son nom était erroné dans l’index (Toneville). Pas étonnant que je n’aie rien trouvé auparavant. Un seul détail m’agace toutefois, c’est qu’Amelia étant décédée bien avant 1885, il est impossible qu’elle soit la mère de Lorena. De plus, elle est décédée seulement quatre mois après son mariage.

Je n’en finis pas de faire des trouvailles dans ce journal de St-Louis. Tiens, tiens, voilà qu’on y publiait une autre demande de licence de mariage pour Charles en 1883 :

 St. Louis Daily Globe-Democrat, 1er février 1883, p. 12

St. Louis Daily Globe-Democrat, 1er février 1883, p. 12

Après être tombée sur Amelia Meyer et Eugenia Meyer dans le recensement américain de 1880 pour St-Louis, j’en déduis donc que Charles a épousé sa belle-sœur après le décès de son épouse.

Dans la même base de données, on y rapporte le décès de plusieurs enfants à St-Louis portant le nom de Tourville. Après avoir examiné les différents documents, j’ai réussi à déterminer qu’il s’agissait bien des enfants de Charles et d’Eugenia. Grâce à l’index des naissances du Missouri, l’annuaire de St-Louis et le nom des parents, j’ai également pu identifier les enfants suivants :

  1. Robert S., né le 3 novembre 1883, décédé le 13 juillet 1899. Il a été grièvement blessé lors des célébrations du 4 juillet. Il est mort du tétanos une semaine plus tard.
  2. Lorena E., née le 27 septembre 1885, décédée en 1964 en Californie. Elle s’est mariée à Robert Gilreath vers 1907. En 1910, elle vivait à Los Angeles. Elle n’est pas mentionnée dans l’avis de décès de son père. Peut-être n’étaient-ils pas en bons termes?
  3. Freda C., née le 8 novembre1887, décédée le 20 novembre 1889.
  4. Susan (Pearl H. à sa naissance), née le 13 juillet 1892, décédée le 17 mai 1894.
  5. Esther, née le 15 avril 1895, décédée le 22 juin 1895.

Entre 1889 et 1899, Charles a perdu quatre enfants et sa deuxième épouse, Eugenia. Esther est décédée un mois avant sa mère. Cela a dû être une période très difficile pour la famille.

Comme vous pouvez le constater, j’en sais maintenant beaucoup plus sur Charles B. Tourville même si la plupart de ces événements ont eu lieu durant la période 1880-1900. Quelle chance pour moi qu’il ait vécu à St-Louis! Sinon, peut-être n’aurais-je jamais rien su de ses premières épouses et de ses enfants.

St. Louis Post-Dispatch, 4 octobre 1910, page 11

St. Louis Post-Dispatch, 4 octobre 1910, page 11

TRADUCTION : TOURVILLE – À l’âge de 53 ans, 4 mois et 14 jours, le 3 octobre 1910 à 15 h 30, est décédé Charles V. Tourville, après une brève maladie, époux bien-aimé de Catherine P. Tourville (née Motzer), fils aîné de Susan Tourville (née Stout) et de feu Joseph T. Tourville, Mme Ida A. Lorance (née Tourville) et Chester A. Tourville. Le convoi funéraire quittera la résidence du défunt le mercredi 5 octobre à 14 h, au 1918 Montgomery. Parents et amis sont priés d’y assister.

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52 ancêtres en 52 semaines : #4 Émilie Tourville (née Rousselle) (1803-1863) ~ « Find A Grave » ou comment les miracles se produisent quelquefois

J’essaie de trouver la date et le lieu de décès d’Émilie Rousselle, épouse de Charles Tourville, depuis aussi longtemps que j’ai commencé à faire de la généalogie, soit, croyez-le ou non, déjà plus de 20 ans.

Émilie Rousselle est née en 1803 à Florissant, au Missouri, où elle y a également épousé Charles Tourville (dont la date de décès m’est toujours inconnue) le 11 février 1822.

Pendant longtemps, la dernière trace d’Émilie et de Charles se trouvait à St-Louis au Missouri dans le recensement américain de 1850. Puis, il y a deux ans, j’ai découvert en ligne un jugement de la Cour suprême du Missouri concernant une dispute visant la propriété d’un terrain d’une des filles de Charles qui témoignait à cet égard. Charles y mentionnait sa femme et de par son discours, il est clair qu’elle était toujours vivante à ce moment-là. Je ne les ai jamais trouvés et je ne les trouve toujours pas dans le recensement américain de 1860.

Je travaillais sur le site Web de Find A Grave pour y ajouter quelques membres de la famille Tourville originaires du Missouri et voilà que j’y découvre le nom d’Émilie Rousselle Tourville qui a été inhumée dans le Old Saint Ferdinand Cemetery (cimetière qui n’existe plus depuis 1900). On peut consulter les registres de la paroisse St-Ferdinand de Florissant dans la collection Drouin sur le site d’Ancestry ou celui de Généalogie Québec, mais on dirait bien que les entrées ne sont pas toutes indexées sur Ancestry, surtout celles des années ultérieures. Enfin, index ou pas, j’aurais dû parcourir toutes les images de cette collection.

De toute façon, ce que je trouve extraordinaire ce n’est pas d’avoir trouvé la date et le lieu de son inhumation sur Find A Grave mais bien une SOURCE :

« September the 13th I buried Emilie Rousselle 54 yrs wife of Charles Tourville. » ~ J. F. Van Assche, SJ

Traduction: « Le 13 septembre j’ai inhumé le corps d’Émilie Rousselle, 54 ans, épouse de Charles Tourville. » ~ J. F. Van Assche, SJ

Il y a presque deux ans, Sheila Kesterston, membre de Find A Grave, cherchait ses ancêtres à Florissant, au Missouri, et elle a finalement découvert où était conservée une copie des registres paroissiaux du cimetière. Les données de ce cimetière sur Find A Grave proviennent de la source suivante :

« Registre des Sépultures faites dans le Cimetière De la paroisse de St Ferdinand, Diocèse de Louisiane, commencé le premier de janvier L’année mil huit cent vingt deux 1822 »

Ce registre de 95 pages couvre la période allant de janvier 1822 à juillet 1876 et se trouve sur le microfilm « Old St. Ferdinand Burial Records » – (bobine 167, item 5) à la bibliothèque du comté de St-Louis :

St. Louis County Library – Headquarters
Tier 5 (top floor)
1640 S. Lindbergh Blvd.
St. Louis, MO 63131-3598

Un gros merci à Sheila qui a décidé de faire l’entrée de données de tous les noms paraissant au registre sur Find A Grave. Je ne sais pas comment la remercier, je suis tellement contente!

Vous pouvez consulter la page du Old Saint Ferdinand Cemetery sur Find A Grave et y faire vos propres recherches. Beaucoup de Canadiens-français y ont été inhumés. Ensuite, si vous désirez en obtenir la preuve, vous pouvez aller soit sur Ancestry soit sur Généalogie Québec. Peut-être y retracerez-vous votre ancêtre ou le frère ou la soeur de celui-ci.

Il y a deux autres Tourville dans ce cimetière (l’un deux se nomme Tourvelle). Je dois examiner cela de plus près car ce sont de jeunes enfants et je ne suis pas certaine qui ils sont. Quant à Charles Tourville, eh! bien je continue ma quête. Je trouverai bien où il est décédé. Que ce soit de mon bureau ou lors d’un voyage au Missouri. 😉

 

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52 ancêtres en 52 semaines : #3 Malvina Tourville (née Hogue) (1859-1880)

En novembre dernier, lors de mon voyage à Salt Lake City, j’ai trouvé un article dans le Daily Arkansas Gazette daté du 9 mai 1880 qui relatait une manchette datée du 30 avril précédent en provenance de Montréal. Une femme serait morte de peur en voyant passer devant chez elle deux hommes gravement brûlés sur leur lieu de travail, les frères Couvrette. On donnait le nom de « Mrs. Tourville » sans autre renseignement.

La seule personne dans ma base de données qui est décédée en 1880 et qui vivait à Montréal à cette époque était Malvina Hogue, épouse de Moïse Tourville, mais je l’ai écartée d’emblée puisqu’elle était décédée le 19 avril. Je décide donc d’aller sur le site de la BANQ pour vérifier si le journal La Minerve en ferait mention. Comme la manchette était datée du 30 avril, j’ai parcouru le journal au complet. Rien. L’édition du 1er mai peut-être? Oui! Il s’agissait bien de Malvina Hogue, le journal La Minerve donnant beaucoup plus de détails sur les circonstances de son décès que celui de l’Arkansas. Le 19 avril? Eh! bien c’était une erreur de transcription de ma part. J’ai vérifié le registre de Notre-Dame de Montréal et c’est bien le 29! C’est maintenant corrigé dans la base de données.

Voici les deux articles en question :

Daily Arkansas Gazette

Provenance : Daily Arkansas Gazette, 9 mai 1880, page 1

La Minerve 01051880 malvina hogue tourville

Source: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, La Minerve, 1er mai 1880, page 1

Malvina Hogue est née le 16 juin 1859 à Montréal (Hochelaga). Elle était la fille de Pierre Hogue et de Josephte Boyer. Malvina a épousé Moïse Tourville le 22 octobre 1878 à St-Henri. Elle a eu une fille prénommée Évélina née le 31 août 1879 à St-Henri. Il s’agit de l’enfant mentionné dans le texte.

Cet article est vraiment tombé à point! Je travaille sur la famille de Moïse Tourville et sur celle de sa deuxième épouse, Azilda Labelle, qu’il a épousé à Chicago en 1884. Cet homme a eu un parcours fascinant. Lui et sa famille feront l’objet d’un prochain article.

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52 ancêtres en 52 semaines : #2 Marie Louise King (1852-1934), Oliver King (1829-1899), Joseph King (1831-1904)

Le thème portant sur les « King » proposé par Amy Johnson Crow pour le défi 52 ancêtres/52 semaines m’a fait penser à Marie Louise King. Coïncidence amusante, j’ai reçu d’un membre de sa famille une photo d’elle la même semaine.

Marie Louise King (1852-1934)

Marie Louise Tourville (née King)  (1852-1934)

Marie Louise est née le 10 mars 1852 à North Ferrisburgh, dans le comté d’Addison, au Vermont. Elle était la fille d’Oliver King (Olivier Roi) et d’Eleonore Dufresne. Elle a été baptisée à la St. Mary’s Church, à Burlington, au Vermont, le 5 juin de la même année.

Marie Louise était probablement l’aînée de sa fratrie. Même si nous n’avons pas trouvé de preuve de mariage pour ses parents, son père vivait avec un Joseph King, probablement son frère, à Ferrisburgh, au Vermont, en 1850. Oliver et Eleonore se sont probablement mariés à la fin de 1850 ou en 1851.

Jusqu’à son mariage avec Henry Tourville, le 25 juin 1870, à la St. Joseph’s Church à Burlington, au Vermont, Marie Louise vivait, selon les recensements américains de 1860 et de 1870, à Ferrisburgh. Ce couple a rapidement émigré à Sparta, au Wisconsin, étant donné que leur fils aîné, Charles Henry Tourville, y est né le 22 octobre 1872. Ils ont eu au moins 5 autres enfants. Henry Tourville et Marie Louise King sont tous les deux inhumés dans le cimetière de Woodlawn, à Sparta. Henry est décédé le 20 octobre 1924 et Marie Louise, le 4 mai 1934.

Voilà les renseignements que j’avais sur Marie Louise au moment où j’ai reçu sa photo. Par la suite, j’ai trouvé sur Find A Grave que son père Oliver était inhumé à East Charlotte, au Vermont. La note biographique mentionne qu’il est né le 19 décembre 1829. Son acte de décès de la ville de Ferrisburgh indique qu’il était âgé de 68 ans et 1 mois en janvier 1899. Son mois de naissance serait donc décembre mais son année de naissance serait 1831 et non 1829. Un autre Olivier Roi est né en décembre 1831. Comment peut-on être certain que notre Oliver est bien celui né en 1829?

J’ai décidé d’en savoir un peu plus sur son frère Joseph qui vivait avec lui à Ferrisburgh en 1850. J’ai trouvé un acte de mariage pour un Joseph King, à Vergennes, au Vermont, en 1856, avec Charlotte Balduke (Bolduc). Ce couple a eu un enfant de sexe masculin né le 15 mai 1857 à Vergennes. Je perds leur trace par la suite. Mais j’ai tout de même trouvé un Joseph King, né en 1831, au Canada, avec sa femme Charlotte, née en 1838, au Vermont, et son fils Augustus, né en 1857, au Vermont. qui vivait à Sparta, au Wisconsin, en 1860, soit la même ville où a émigré sa nièce Marie Louise au début des années 1870. Cela semble concorder avec notre couple du Vermont.

Joseph King, qui vit au Wisconsin, y est décédé en 1904. Son acte de décès ne mentionne que le nom de sa mère, soit Mary. Sa date de naissance était le 1er janvier 1832. Ça me satisfait, la date de naissance de Joseph Roi, frère d’Olivier Roi, né en 1829 à Maskinongé, est la même mais en 1831. De plus, selon l’acte de mariage de Joseph en 1876, ses parents sont Oliver et Louise King (les parents d’Olivier, né en 1829 et de Joseph né en 1831 sont Olivier Roi et Louise Leblanc). Parfait, nous y sommes! J’ai commandé l’avis de décès de Joseph mais je ne l’ai pas encore reçu. Le résumé de cet avis mentionne que Joseph avait été marié trois fois. Avec l’aide des recensements et les actes du Wisconsin, j’ai pu en déduire que Joseph King, comme nous le savons déjà, s’est d’abord marié avec Charlotte Balduke et qu’ils ont eu au moins un autre enfant, une fille prénommée Charlotte, née en 1862 au Wisconsin (selon son acte de mariage). Au recensement de 1870, Joseph était marié à Addie qui est décédée en 1875. En 1876, Joseph s’est marié à Mary A. Brown.

J’effectuerai d’autres recherches sur Joseph King. Mais maintenant que nous pouvons établir qu’Oliver et Joseph étaient frères, arrêtons-nous un moment sur leurs parents.
Olivier Roi et Louise Leblanc se sont mariés en 1825, à Maskinongé, au Québec. Ils ont eu 4 enfants, soit Marie-Louise (1827), Olivier (1829), Joseph (1831) et Clarisse (1833) qui est née après le décès de son père. Clarisse n’a jamais quitté le Canada.

Divers documents semblent suggérer qu’Oliver et Joseph ont probablement émigré aux États-Unis vers 1848. Tous les deux étaient forgerons.

Lorsque je recevrai les avis de décès que j’ai commandé pour Joseph King et Marie Louise King Tourville, je mettrai cet article à jour.

De plus, plusieurs documents concernant la vie de Joseph King au Wisconsin sont disponibles. Je ferai une mise à jour sur lui également.

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52 ancêtres en 52 semaines : #1 Jeanne Garnier (1683 – ?)

Les archives nous réservent parfois de belles surprises. Prenons le cas de Jeanne Garnier, enlevée avec plusieurs membres de sa famille par les Iroquois en novembre 1689 à Lachenaie. Comment peut-on même espérer connaître le sort qui lui a été réservé? Mais avant d’en venir à Jeanne, remettons-nous en contexte.

Dans son mémoire de maîtrise, Le Premier demi-siècle de Lachenaie (1670-1724), Mario Nadon avance une explication concernant l’absence de certains membres de la famille Hubou dans les actes de décès des registres paroissiaux de l’époque.

Mathieu Hubou et Suzanne Betfer ont eu neuf enfants. En novembre 1689, Suzanne est veuve depuis déjà onze ans et au moins cinq de ses enfants sont toujours vivants. Elle habite avec deux de ses fils, toujours célibataires, Mathieu, 36 ans, et Charles, 24 ans. Ses deux filles sont mariées : Geneviève, à Julien Garnier, et Anne, à René Sauvageau. Jean Hubou est marié depuis un an à Marguerite Goulet. Tous habitent la seigneurie de Lachenaie.

Le conflit franco-iroquois sévit depuis quelques années déjà et, en août 1689, le village de Lachenaie est attaqué par les Iroquois. Effrayés, ses habitants se réfugient dans le fort. À l’automne, une certaine accalmie les encourage à retourner sur leur terre. Cependant, dans la nuit du 13 novembre 1689, ils ont été surpris dans leur sommeil par quelque 150 Iroquois.

Le bilan est lourd. Avec cette attaque, c’est près du tiers de la population de Lachenaie qui disparaît, 33 personnes ayant été tuées ou portées disparues.

La famille Hubou a été durement éprouvée par ces événements. Suzanne Betfer et Charles Hubou seraient parmi les victimes. Un inventaire après décès du notaire Basset daté du 12 décembre 1689 confirme que Geneviève Hubou et Julien Garnier sont morts ou disparus dans la nuit du 13 novembre. Un autre document du notaire Basset, daté du 1er juin 1691 celui-là, mentionne que René Sauvageau a été tué par les Iroquois en 1689. On présume que cinq des six enfants Sauvageau ont également subi le même sort. Ce dernier document décrit également le marché passé entre Joseph Barbeau et Jean-Baptiste Hubou, procureur des successions de Mathieu Hubou et de Suzanne Betfer, de Julien Garnier et de René Sauvageau, comme étant un acte visant à entretenir paix et amitié entre les dites parties puisque Joseph Barbeau serait responsable de la mort de Julien et de René tués par les Iroquois.

Après ces événements, Anne Hubou quitte Lachenaie avec sa fille aînée pour s’installer à Montréal où elle épousera Moïse Hilarest en 1691. Elle mourut en 1728, à l’âge de 69 ans. Toutefois, ce drame ne semble pas avoir incité les autres membres de la famille à quitter les environs de Lachenaie. Mathieu Hubou épousera Catherine Goulet en 1694, il mourra en 1723 à St-François-de l’île Jésus. Jean Hubou disparaît entre 1696 et 1699, probablement tué au cours d’une expédition militaire. Il était le premier brigadier des gardes du marquis de Denonville. Sa veuve épouse Michel Feuillon en 1699.

La seule survivante de la famille Garnier serait donc Geneviève, qui avait 7 ans au moment de l’attaque. Son oncle maternel, Mathieu Hubou Deslongchamps fils, est son tuteur comme en fait foi un acte de tutelle daté de janvier 1698. Elle serait la seule héritière de ses parents.

Le 12 juin 1702, à l’âge de 20 ans, Geneviève épouse Jean Rochon (ou Rocheron) à St-François-de-Sales de l’île Jésus. Assistent à la cérémonie Jean Beauchamp, Pierre Beauchamp, Mathieu Hubou, son oncle et tuteur, Catherine Goulet, sa tante, épouse de Mathieu.

Or, un document daté du 27 juin 1706 et disponible sur le site de BANQ nous apprend que Julien Garnier serait décédé mais que sa fille Jeanne, faite prisonnière avec lui, serait, selon la rumeur publique, toujours vivante, aurait épousé un Amérindien et vivrait chez la nation iroquoise Oneyoutes.

On peut presque imaginer la panique de Jean Rocheron qui s’adresse à l’intendant Raudot pour s’assurer de pouvoir jouir de l’héritage de sa femme. Il affirme que la terre de Julien Garnier a été abandonnée et laissée en mauvais état et qu’il ne compte pas les travaux qu’il a dû accomplir, à sa charge, pour mettre en valeur ce bien. Il mentionne qu’on a toujours cru Jeanne Garnier décédée et qu’il ne pense pas qu’elle reviendra vivre parmi les siens puisqu’elle vivrait désormais « à la façon des Sauvages ». L’intendant Raudot tranche et déclare que Jean Rocheron peut prendre possession des biens de Julien Garnier à la condition d’en remettre la moitié à Jeanne si jamais elle revient de captivité. Le document fait également état de la décharge de Mathieu Hubou Deslongchamps, en sa qualité de tuteur. Ce biens sont tous situés à Lachenaie.

Un autre document du notaire Nicolas Senet, daté du 15 juillet 1711, mentionne également que Jeanne Garnier a été adoptée par les Iroquois. Ce document porte sur une transaction effectuée entre Jean Rocheron et Mathieu Hubou.

Geneviève et Jean ont eu 13 enfants. Geneviève décède en 1758 à l’âge de 76 ans sans avoir jamais revu sa soeur.

En terminant, voici la liste des disparus de la famille Hubou après la nuit du 13 novembre 1689 :

  • Suzanne Betfer, env. 55 ans
  • Charles Hubou, 24 ans
  • Julien Garnier, 40 ans
  • Geneviève Hubou, 33 ans
  • Pierre Garnier, 10 ans
  • Jeanne Garnier, 6 ans
  • Charles Garnier, 5 ans
  • Michel Garnier, 4 ans
  • Marguerite Garnier, 1 an
  • René Sauvageau, env. 67 ans
  • Marguerite Sauvageau, 8 ans
  • Marie-Thérèse Sauvageau, 7 ans
  • Flavie Sauvageau, 5 ans
  • Bernard Sauvageau,  2 ans
  • Marie Sauvageau, 1 an

Bibliographie :

Mario Nadon, Le Premier demi-siècle de Lachenaie (1670-1724)

Claude Martel, Lachenaie : du fort à la ville