52 ancêtres en 52 semaines : #6 Évélina Bissonnette (née Tourville) (1879-1956)

Évélina Tourville Bissonnette (1879-1956)

Évélina Tourville Bissonnette (1879-1956) – Collection de Sarah Di Lallo

Dans un article publié récemment, je relatais la mort de la mère d’Évélina survenue de façon tragique au cours du printemps 1880. J’aimerais maintenant vous raconter l’histoire de l’enfance d’Évélina, le bébé mentionné dans l’article de journal.

Évélina est née le 31 août 1879 du mariage de Moïse Tourville et de Malvina Hogue, dans le village de St-Henri, district de Montréal. Elle a été baptisée le jour suivant, ses parrain et marraine étant son oncle Néré Leclaire et sa tante Évélina Tourville.

Au moment de sa naissance, son père, Moïse, était commis. Comme vous le savez peut-être, Moïse a perdu sa femme neuf mois après la naissance d’Évélina. On pourrait s’attendre à retrouver Moïse et sa fille dans le recensement de 1881, mais ce n’est pas le cas. À cette époque, il n’est pas rare qu’un jeune veuf, père d’un bébé, se remarie rapidement ou encore laisse l’enfant à un membre de sa famille. Ainsi, en 1881, Moïse est retourné dans la maison paternelle, mais Évélina semble s’être volatilisée. Elle est introuvable autant en 1881 qu’en 1891.

Évélina Tourville et Albert Bissonnette

Évélina Tourville et Albert Bissonnette – Collection de Sarah Di Lallo

Il faut attendre le 19 avril 1898, date de son mariage avec Albert Bissonnette à l’église St-Henri, pour la retracer. Où est-elle passée entre 1880 et 1898? Heureusement, j’ai déniché deux documents qui nous en apprennent un peu plus sur l’enfance d’Évélina.

En septembre 1894, Néré Leclaire, le parrain d’Évélina, se présente devant un magistrat parce qu’il juge nécessaire que soient nommés un tuteur et un subrogé tuteur pour Évélina, alors âgée de 14 ans. Il mentionne avoir toujours pris soin d’elle depuis qu’elle était bébé et qu’il l’a élevée comme sa propre fille.

Sans doute, vous demandez-vous pourquoi Néré a-t-il attendu toutes ces années pour demander la tutelle d’Évélina. Eh! bien, voici : la mère de Malvina Hogue est décédée ab intestat et sa fille, Évélina, hérite donc de sa grand-mère et devient ainsi propriétaire du quart de sa maison.

Dans sa demande de tutelle, on apprend que Moïse est absent de la province de Québec depuis plus ou moins 10 ans et qu’il n’est revenu à St-Henri qu’une seule fois quatre ou cinq ans plus tôt. Grâce à un acte de vente passé entre Moïse Tourville et son père, Honoré, devant le notaire Faure en avril 1883, on sait que Moïse réside temporairement à Pullman City, en Illinois. On sait aussi que Moïse a épousé sa seconde femme, Azilda Labelle, en décembre 1884, à Chicago, et qu’il y est demeuré au moins jusqu’en 1900 comme en atteste le recensement américain de cette même année. Bien que Moïse ait obtenu la citoyenneté américaine en 1893, il revient au Canada avant 1907.

On peut présumer, d’après l’acte de tutelle, que Moïse a confié sa fille à sa soeur avant d’aller s’installer en Illinois. Mais, si c’est le cas, pourquoi n’est-il pas fait mention de Néré Leclaire, d’Évélina Tourville Leclaire et de leur nièce dans les recensements canadiens de 1881 et 1891? Si le recensement américain de 1890 n’avait pas été perdu, peut-être aurions-nous trouvé la réponse à cette question.

Mme Sara Di Lallo m’a confié que son arrière-grand-mère Évélina avait été élevée par un membre de sa famille à Chicago. J’avais tout d’abord cru le contraire, que Moïse avait quitté pour Chicago, et qu’Évélina, elle, était demeurée à St-Henri avec un membre de sa famille. Mais, comme je n’ai aucune preuve de cela, les deux hypothèses demeurent plausibles. Peut-être Néré Leclaire est-il lui aussi allé à Chicago et qu’il est revenu avec sa femme et sa nièce avant 1894? On sait que Néré Leclaire était épicier à St-Henri en septembre 1894, et qu’Évélina s’est mariée à St-Henri en 1898. J’ai également vérifié le Lovell Directory de Montréal, et le nom de Néré y apparaît jusqu’au mariage d’Évélina. Malheureusement, avant 1894, le village de St-Henri ne semble pas être inclus dans le Lovell (pas de chance!).

Par ailleurs, une autre chose qui me laisse perplexe est que Moïse est présent au mariage d’Évélina, mais affirme ne pas savoir signer. Comment se fait-il alors que je retrouve sa signature sur d’autres documents? Était-il vraiment présent au mariage?

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[Mise à jour] De gauche à droite, les filles d’Évélina et d’Albert Bissonnette : Marguerite, Aline, Pauline, Madeleine, Yolande, Cécile, Agnès, Henriette. – Collection de Sarah Di Lallo

Évélina Tourville et Albert Bissonnette ont eu huit filles, Marguerite, Cécile, Agnès, Aline, Pauline, Henriette, Madeleine et Yolande. Aline est décédée l’an dernier à l’âge de 109 ans! Elle occupe le premier rang dans les statistiques de mon site Web comme étant la personne ayant vécu le plus longtemps.

Évélina est décédée le 17 avril 1956 à Montréal, à peine un an avant Albert qui est décédé le 26 juin 1957, et tous les deux ont été inhumés au cimetière Notre-Dame-des-Neiges à Montréal.

Quant à Évélina Tourville Leclaire, elle est décédée en 1910, et, fait plutôt étrange, elle a été inhumée dans l’église de St-Henri. J’irai à la BANQ consulter les journaux et voir si je ne pourrais pas y trouver un avis de décès la concernant.

Et enfin, environ un an plus tard, Néré allait s’établir en Ontario où il a épousé leur ancienne servante, Clara Deschamps, une Ontarienne qui vivait avec le couple en 1900. Néré y est décédé en 1915 dans le comté de Glengarry.

Travaux de couture réalisés par Évélina à l'âge de 10 ans

Travaux de couture réalisés par Évélina à l’âge de 10 ans – Collection de Sarah Di Lallo

52ancestors-2015Merci à Sarah Di Lallo pour les photos!

Belle découverte sur Internet : Extrait du livre de renvoi officiel de la paroisse de Montréal (1872)

Votre ancêtre habitait-il la paroisse de Montréal en 1872? Plus précisément, les villages d’Hochelaga, de la Côte de la Visitation, de la Côte St-Louis, de St-Jean-Baptiste ou de la Côte-des-Neiges? Aimeriez-vous savoir s’il était propriétaire ou locataire?

Dans ce cas, vous pourriez être intéressés par ce document que j’ai découvert sur Internet.

Extrait du livre de renvoi officiel de la paroisse de Montréal [microforme] : comprenant les villages incorporés d’Hochelaga, de la Côte de la Visitation, de la Côte St- Louis, de St-Jean-Baptiste et de la Côte-des-Neiges / préparé et publié par L.W. Sicotte (1872)

Ce livre donne pour chacun des lots des villages susmentionnés le nom de son propriétaire et sa dimension. Le numéro devant le nom du propriétaire est le numéro officiel du lot. Si vous téléchargez la version PDF, vous pouvez aisément y faire une recherche.

extrait officiel

Pour les curieux, les rues de Montréal mentionnées dans l’image ci-dessous sont aujourd’hui la rue Rachel, l’avenue de l’Hôtel-de-Ville, l’avenue Duluth et la rue de Bullion

Jumelé au recensement de 1871, cet ouvrage peut se révéler fort utile.

J’y ai trouvé le nom de Honoré Tourville qui habitait St-Henri ainsi que les noms d’Élisabeth Lamoureux, veuve de Louis Tourville, de son fils Médard et de deux de ses gendres, Denis Barrette et Napoléon Gauvreau, qui habitaient le village St-Jean-Baptiste.

Bonnes recherches!

52 ancêtres en 52 semaines : #5 Charles B. Tourville (1857-1910)

À ceux d’entre vous qui effectuez des recherches aux États-Unis, ne trouvez-vous pas que l’absence d’un recensement en 1890 complique drôlement les choses lorsqu’une personne est née, décédée ou s’est mariée entre 1880 et 1900? Vous me direz que cela dépend de l’endroit où ils vivent (dans certains États, l’État civil est souvent inexistant) ou des autres sources disponibles.

Prenons le cas de Charles B. Tourville né le 20 mai 1857 à St-Louis, au Missouri, du mariage de Joseph Toussaint Tourville et de Susan Stout. Sa date de naissance provient du dossier de pension de son père, un vétéran de la Guerre civile. Pour le reste, j’ai dû me contenter des recensements américains de 1860, 1870, 1900 et 1910. Quels renseignements en ai-je tirés?

En 1860, la famille vivait à St-Louis et, en 1870, elle s’établissait à Canton, dans le comté de Fulton, en Illinois. Bien que ses parents et ses jeunes frères et sœurs soient revenus vivre à St-Louis en 1880, aucune information en ce qui concerne Charles. Je le retrace en 1900 à St-Louis, marié à Katherine et, en prime, quelques indices : sa femme n’a jamais eu d’enfants, ils sont mariés depuis quatre ans et Lorena, née en septembre 1885, qui vit avec le couple, est la fille de Charles. Enfin, le recensement américain de 1910 nous apprend que le couple vit à nouveau seul et qu’il s’agit d’un deuxième mariage pour Charles, le premier pour Katherine.

Assez rapidement, j’ai déniché, dans la base de données intitulée « Missouri Marriage Records » sur le site d’Ancestry, une licence de mariage pour Charles Tourville et Katherine F. Motzer. Le mariage a eu lieu le 17 septembre 1896. Aucun autre mariage n’y est répertorié relativement à Charles.

Lorsque j’étais à Salt Lake City en novembre dernier, en parcourant l’index de journaux, des pistes intéressantes m’ont été suggérées :

St. Louis Daily Globe-Democrat, 19 octobre 1881, p. 11

St. Louis Daily Globe-Democrat, 19 octobre 1881, p. 11

Traduction : Le « Recorder » a accordé une licence de mariage aux personnes suivantes : C. B. Tourville et A. Mayer […]

Tourville Amelia st louis daily globe-democrat 6 feb 1882

St. Louis Daily Globe-Democrat, 6 février 1882, page 5

Traduction : TOURVILLE – 4 février à 9 h, Mme Amelia Tourville, autrefois connue sous le nom de Mademoiselle Amelia Meyer. Le convoi funéraire partira de sa dernière demeure, au 2816 North Twelth, aujourd’hui à 9 h. Les amis de la famille sont priés d’y assister. Journaux d’Evansville, veuillez relayer la nouvelle.

   St. Louis Daily Globe-Democrat, 7 février 1882, page 10

St. Louis Daily Globe-Democrat, 7 février 1882, page 10

Traduction : Amelia Tourville, 22 ans et 7 mois, 2816 North Twelfth, consomption.

Vous rendez-vous compte à quel point les journaux m’ont aidée à obtenir plus de détails sur la période de 1880-1900? Non seulement j’y ai appris le nom de jeune fille d’Amelia, mais également son âge et la cause de son décès. Grâce à cette information, j’ai réussi à découvrir la licence de mariage alors que j’étais à Salt Lake City. Plus tard, j’ai réalisé que si je n’avais pas réussi à retracer Charles, c’était que son nom était erroné dans l’index (Toneville). Pas étonnant que je n’aie rien trouvé auparavant. Un seul détail m’agace toutefois, c’est qu’Amelia étant décédée bien avant 1885, il est impossible qu’elle soit la mère de Lorena. De plus, elle est décédée seulement quatre mois après son mariage.

Je n’en finis pas de faire des trouvailles dans ce journal de St-Louis. Tiens, tiens, voilà qu’on y publiait une autre demande de licence de mariage pour Charles en 1883 :

 St. Louis Daily Globe-Democrat, 1er février 1883, p. 12

St. Louis Daily Globe-Democrat, 1er février 1883, p. 12

Après être tombée sur Amelia Meyer et Eugenia Meyer dans le recensement américain de 1880 pour St-Louis, j’en déduis donc que Charles a épousé sa belle-sœur après le décès de son épouse.

Dans la même base de données, on y rapporte le décès de plusieurs enfants à St-Louis portant le nom de Tourville. Après avoir examiné les différents documents, j’ai réussi à déterminer qu’il s’agissait bien des enfants de Charles et d’Eugenia. Grâce à l’index des naissances du Missouri, l’annuaire de St-Louis et le nom des parents, j’ai également pu identifier les enfants suivants :

  1. Robert S., né le 3 novembre 1883, décédé le 13 juillet 1899. Il a été grièvement blessé lors des célébrations du 4 juillet. Il est mort du tétanos une semaine plus tard.
  2. Lorena E., née le 27 septembre 1885, décédée en 1964 en Californie. Elle s’est mariée à Robert Gilreath vers 1907. En 1910, elle vivait à Los Angeles. Elle n’est pas mentionnée dans l’avis de décès de son père. Peut-être n’étaient-ils pas en bons termes?
  3. Freda C., née le 8 novembre1887, décédée le 20 novembre 1889.
  4. Susan (Pearl H. à sa naissance), née le 13 juillet 1892, décédée le 17 mai 1894.
  5. Esther, née le 15 avril 1895, décédée le 22 juin 1895.

Entre 1889 et 1899, Charles a perdu quatre enfants et sa deuxième épouse, Eugenia. Esther est décédée un mois avant sa mère. Cela a dû être une période très difficile pour la famille.

Comme vous pouvez le constater, j’en sais maintenant beaucoup plus sur Charles B. Tourville même si la plupart de ces événements ont eu lieu durant la période 1880-1900. Quelle chance pour moi qu’il ait vécu à St-Louis! Sinon, peut-être n’aurais-je jamais rien su de ses premières épouses et de ses enfants.

St. Louis Post-Dispatch, 4 octobre 1910, page 11

St. Louis Post-Dispatch, 4 octobre 1910, page 11

TRADUCTION : TOURVILLE – À l’âge de 53 ans, 4 mois et 14 jours, le 3 octobre 1910 à 15 h 30, est décédé Charles V. Tourville, après une brève maladie, époux bien-aimé de Catherine P. Tourville (née Motzer), fils aîné de Susan Tourville (née Stout) et de feu Joseph T. Tourville, Mme Ida A. Lorance (née Tourville) et Chester A. Tourville. Le convoi funéraire quittera la résidence du défunt le mercredi 5 octobre à 14 h, au 1918 Montgomery. Parents et amis sont priés d’y assister.

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52 ancêtres en 52 semaines : #4 Émilie Tourville (née Rousselle) (1803-1863) ~ « Find A Grave » ou comment les miracles se produisent quelquefois

J’essaie de trouver la date et le lieu de décès d’Émilie Rousselle, épouse de Charles Tourville, depuis aussi longtemps que j’ai commencé à faire de la généalogie, soit, croyez-le ou non, déjà plus de 20 ans.

Émilie Rousselle est née en 1803 à Florissant, au Missouri, où elle y a également épousé Charles Tourville (dont la date de décès m’est toujours inconnue) le 11 février 1822.

Pendant longtemps, la dernière trace d’Émilie et de Charles se trouvait à St-Louis au Missouri dans le recensement américain de 1850. Puis, il y a deux ans, j’ai découvert en ligne un jugement de la Cour suprême du Missouri concernant une dispute visant la propriété d’un terrain d’une des filles de Charles qui témoignait à cet égard. Charles y mentionnait sa femme et de par son discours, il est clair qu’elle était toujours vivante à ce moment-là. Je ne les ai jamais trouvés et je ne les trouve toujours pas dans le recensement américain de 1860.

Je travaillais sur le site Web de Find A Grave pour y ajouter quelques membres de la famille Tourville originaires du Missouri et voilà que j’y découvre le nom d’Émilie Rousselle Tourville qui a été inhumée dans le Old Saint Ferdinand Cemetery (cimetière qui n’existe plus depuis 1900). On peut consulter les registres de la paroisse St-Ferdinand de Florissant dans la collection Drouin sur le site d’Ancestry ou celui de Généalogie Québec, mais on dirait bien que les entrées ne sont pas toutes indexées sur Ancestry, surtout celles des années ultérieures. Enfin, index ou pas, j’aurais dû parcourir toutes les images de cette collection.

De toute façon, ce que je trouve extraordinaire ce n’est pas d’avoir trouvé la date et le lieu de son inhumation sur Find A Grave mais bien une SOURCE :

« September the 13th I buried Emilie Rousselle 54 yrs wife of Charles Tourville. » ~ J. F. Van Assche, SJ

Traduction: « Le 13 septembre j’ai inhumé le corps d’Émilie Rousselle, 54 ans, épouse de Charles Tourville. » ~ J. F. Van Assche, SJ

Il y a presque deux ans, Sheila Kesterston, membre de Find A Grave, cherchait ses ancêtres à Florissant, au Missouri, et elle a finalement découvert où était conservée une copie des registres paroissiaux du cimetière. Les données de ce cimetière sur Find A Grave proviennent de la source suivante :

« Registre des Sépultures faites dans le Cimetière De la paroisse de St Ferdinand, Diocèse de Louisiane, commencé le premier de janvier L’année mil huit cent vingt deux 1822 »

Ce registre de 95 pages couvre la période allant de janvier 1822 à juillet 1876 et se trouve sur le microfilm « Old St. Ferdinand Burial Records » – (bobine 167, item 5) à la bibliothèque du comté de St-Louis :

St. Louis County Library – Headquarters
Tier 5 (top floor)
1640 S. Lindbergh Blvd.
St. Louis, MO 63131-3598

Un gros merci à Sheila qui a décidé de faire l’entrée de données de tous les noms paraissant au registre sur Find A Grave. Je ne sais pas comment la remercier, je suis tellement contente!

Vous pouvez consulter la page du Old Saint Ferdinand Cemetery sur Find A Grave et y faire vos propres recherches. Beaucoup de Canadiens-français y ont été inhumés. Ensuite, si vous désirez en obtenir la preuve, vous pouvez aller soit sur Ancestry soit sur Généalogie Québec. Peut-être y retracerez-vous votre ancêtre ou le frère ou la soeur de celui-ci.

Il y a deux autres Tourville dans ce cimetière (l’un deux se nomme Tourvelle). Je dois examiner cela de plus près car ce sont de jeunes enfants et je ne suis pas certaine qui ils sont. Quant à Charles Tourville, eh! bien je continue ma quête. Je trouverai bien où il est décédé. Que ce soit de mon bureau ou lors d’un voyage au Missouri. 😉

 

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52 ancêtres en 52 semaines : #3 Malvina Tourville (née Hogue) (1859-1880)

En novembre dernier, lors de mon voyage à Salt Lake City, j’ai trouvé un article dans le Daily Arkansas Gazette daté du 9 mai 1880 qui relatait une manchette datée du 30 avril précédent en provenance de Montréal. Une femme serait morte de peur en voyant passer devant chez elle deux hommes gravement brûlés sur leur lieu de travail, les frères Couvrette. On donnait le nom de « Mrs. Tourville » sans autre renseignement.

La seule personne dans ma base de données qui est décédée en 1880 et qui vivait à Montréal à cette époque était Malvina Hogue, épouse de Moïse Tourville, mais je l’ai écartée d’emblée puisqu’elle était décédée le 19 avril. Je décide donc d’aller sur le site de la BANQ pour vérifier si le journal La Minerve en ferait mention. Comme la manchette était datée du 30 avril, j’ai parcouru le journal au complet. Rien. L’édition du 1er mai peut-être? Oui! Il s’agissait bien de Malvina Hogue, le journal La Minerve donnant beaucoup plus de détails sur les circonstances de son décès que celui de l’Arkansas. Le 19 avril? Eh! bien c’était une erreur de transcription de ma part. J’ai vérifié le registre de Notre-Dame de Montréal et c’est bien le 29! C’est maintenant corrigé dans la base de données.

Voici les deux articles en question :

Daily Arkansas Gazette

Provenance : Daily Arkansas Gazette, 9 mai 1880, page 1

La Minerve 01051880 malvina hogue tourville

Source: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, La Minerve, 1er mai 1880, page 1

Malvina Hogue est née le 16 juin 1859 à Montréal (Hochelaga). Elle était la fille de Pierre Hogue et de Josephte Boyer. Malvina a épousé Moïse Tourville le 22 octobre 1878 à St-Henri. Elle a eu une fille prénommée Évélina née le 31 août 1879 à St-Henri. Il s’agit de l’enfant mentionné dans le texte.

Cet article est vraiment tombé à point! Je travaille sur la famille de Moïse Tourville et sur celle de sa deuxième épouse, Azilda Labelle, qu’il a épousé à Chicago en 1884. Cet homme a eu un parcours fascinant. Lui et sa famille feront l’objet d’un prochain article.

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52 ancêtres en 52 semaines : #2 Marie Louise King (1852-1934), Oliver King (1829-1899), Joseph King (1831-1904)

Le thème portant sur les « King » proposé par Amy Johnson Crow pour le défi 52 ancêtres/52 semaines m’a fait penser à Marie Louise King. Coïncidence amusante, j’ai reçu d’un membre de sa famille une photo d’elle la même semaine.

Marie Louise King (1852-1934)

Marie Louise Tourville (née King)  (1852-1934)

Marie Louise est née le 10 mars 1852 à North Ferrisburgh, dans le comté d’Addison, au Vermont. Elle était la fille d’Oliver King (Olivier Roi) et d’Eleonore Dufresne. Elle a été baptisée à la St. Mary’s Church, à Burlington, au Vermont, le 5 juin de la même année.

Marie Louise était probablement l’aînée de sa fratrie. Même si nous n’avons pas trouvé de preuve de mariage pour ses parents, son père vivait avec un Joseph King, probablement son frère, à Ferrisburgh, au Vermont, en 1850. Oliver et Eleonore se sont probablement mariés à la fin de 1850 ou en 1851.

Jusqu’à son mariage avec Henry Tourville, le 25 juin 1870, à la St. Joseph’s Church à Burlington, au Vermont, Marie Louise vivait, selon les recensements américains de 1860 et de 1870, à Ferrisburgh. Ce couple a rapidement émigré à Sparta, au Wisconsin, étant donné que leur fils aîné, Charles Henry Tourville, y est né le 22 octobre 1872. Ils ont eu au moins 5 autres enfants. Henry Tourville et Marie Louise King sont tous les deux inhumés dans le cimetière de Woodlawn, à Sparta. Henry est décédé le 20 octobre 1924 et Marie Louise, le 4 mai 1934.

Voilà les renseignements que j’avais sur Marie Louise au moment où j’ai reçu sa photo. Par la suite, j’ai trouvé sur Find A Grave que son père Oliver était inhumé à East Charlotte, au Vermont. La note biographique mentionne qu’il est né le 19 décembre 1829. Son acte de décès de la ville de Ferrisburgh indique qu’il était âgé de 68 ans et 1 mois en janvier 1899. Son mois de naissance serait donc décembre mais son année de naissance serait 1831 et non 1829. Un autre Olivier Roi est né en décembre 1831. Comment peut-on être certain que notre Oliver est bien celui né en 1829?

J’ai décidé d’en savoir un peu plus sur son frère Joseph qui vivait avec lui à Ferrisburgh en 1850. J’ai trouvé un acte de mariage pour un Joseph King, à Vergennes, au Vermont, en 1856, avec Charlotte Balduke (Bolduc). Ce couple a eu un enfant de sexe masculin né le 15 mai 1857 à Vergennes. Je perds leur trace par la suite. Mais j’ai tout de même trouvé un Joseph King, né en 1831, au Canada, avec sa femme Charlotte, née en 1838, au Vermont, et son fils Augustus, né en 1857, au Vermont. qui vivait à Sparta, au Wisconsin, en 1860, soit la même ville où a émigré sa nièce Marie Louise au début des années 1870. Cela semble concorder avec notre couple du Vermont.

Joseph King, qui vit au Wisconsin, y est décédé en 1904. Son acte de décès ne mentionne que le nom de sa mère, soit Mary. Sa date de naissance était le 1er janvier 1832. Ça me satisfait, la date de naissance de Joseph Roi, frère d’Olivier Roi, né en 1829 à Maskinongé, est la même mais en 1831. De plus, selon l’acte de mariage de Joseph en 1876, ses parents sont Oliver et Louise King (les parents d’Olivier, né en 1829 et de Joseph né en 1831 sont Olivier Roi et Louise Leblanc). Parfait, nous y sommes! J’ai commandé l’avis de décès de Joseph mais je ne l’ai pas encore reçu. Le résumé de cet avis mentionne que Joseph avait été marié trois fois. Avec l’aide des recensements et les actes du Wisconsin, j’ai pu en déduire que Joseph King, comme nous le savons déjà, s’est d’abord marié avec Charlotte Balduke et qu’ils ont eu au moins un autre enfant, une fille prénommée Charlotte, née en 1862 au Wisconsin (selon son acte de mariage). Au recensement de 1870, Joseph était marié à Addie qui est décédée en 1875. En 1876, Joseph s’est marié à Mary A. Brown.

J’effectuerai d’autres recherches sur Joseph King. Mais maintenant que nous pouvons établir qu’Oliver et Joseph étaient frères, arrêtons-nous un moment sur leurs parents.
Olivier Roi et Louise Leblanc se sont mariés en 1825, à Maskinongé, au Québec. Ils ont eu 4 enfants, soit Marie-Louise (1827), Olivier (1829), Joseph (1831) et Clarisse (1833) qui est née après le décès de son père. Clarisse n’a jamais quitté le Canada.

Divers documents semblent suggérer qu’Oliver et Joseph ont probablement émigré aux États-Unis vers 1848. Tous les deux étaient forgerons.

Lorsque je recevrai les avis de décès que j’ai commandé pour Joseph King et Marie Louise King Tourville, je mettrai cet article à jour.

De plus, plusieurs documents concernant la vie de Joseph King au Wisconsin sont disponibles. Je ferai une mise à jour sur lui également.

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52 ancêtres en 52 semaines : #14 Matilda Tourville (née LaQuire) (1847-après 1886)

Je ne peux écrire mon article sur Nettie Tourville, l’une des enfants de Charles et de Sophie Arpajou, sans raconter le long parcours qui m’a mené à Matilda Laquire (1847-?).

Il ne faut jamais abandonner.

Habituée à la mine de renseignements généalogiques que l’on trouve dans les registres paroissiaux du Québec, je ne savais pas trop comment m’y prendre pour trouver le nom de famille et les parents de Matilda, l’épouse de Louis Tourville.

Voilà toute l’information dont je disposais :

  • En 1866, Matilda a fait baptiser sa fille à l’église catholique de St. Patrick, à Chateaugay, dans l’État de New York. Son nom de jeune fille serait Sequin.
  • On la retrouve dans le recensement américain de 1880. Elle est l’épouse de Louis Tourville et vit à Grand Haven, au Michigan. Elle serait née aux environs de 1847 au Vermont et ses parents seraient tous les deux nés en Pennsylvanie.

Il ne faut jamais abandonner je vous dis.

Je ne sais pas pourquoi mais cette histoire de parents nés en Pennsylvanie, ça ne collait pas. D’une part, son nom, Sequin, aurait bien pu être Seguin ou Séguin, un nom très courant au Québec. D’autre part, Louis ayant combattu dans la Guerre civile, il aurait pu la rencontrer près de Washington, DC, en Virginie ou même en Pennsylvanie.

Que faire alors?

J’ai tout d’abord consulté le microfilm de la paroisse St. Patrick pour m’assurer qu’il n’y avait pas erreur de transcription. Pas du tout en fait. J’ai donc cherché des Sequin et des Seguin au Vermont, en espérant la retrouver dans les recensements de 1850 ou 1860. Rien.

Lizzie, fille de Louis et de Matilda, est décédée à l’âge de un an à Grand Haven en 1869. Aucun nouvel indice de ce côté. J’ai ensuite tenté de retrouver la trace de leurs deux filles Jennie et Clarissa après 1880. Ah! le grand vide de 1880-1900 en raison de la perte du recensement de 1890 aux États-Unis! J’ai trouvé un mariage pour Clarissa Tourville et Edward Palmer en 1886 à Grand Haven mais pas d’autres renseignements à part la confirmation que Matilda était toujours vivante en 1886 puisqu’elle était l’un des témoins au mariage. J’ai bien trouvé un Edward Palmer dans le recensement américain de 1900 mais il était marié à une autre femme. Était-ce bien le même? En effet puisque j’ai trouvé un deuxième mariage pour Edward en 1892 et que son avis de décès confirme qu’il est bien le même Edward Palmer qui a épousé Clarissa. La famille Palmer était originaire du comté d’Allegan au Michigan et j’ai trouvé des documents concernant le terrain que la famille possédait dans un cimetière là-bas mais pas de trace de Clarissa.

En passant, j’en suis toujours au point mort pour Clarissa Tourville Palmer.

La chance m’a enfin souri lors de mon premier voyage à Salt Lake City. En consultant les microfilms du comté d’Ottawa au Michigan, j’ai trouvé la naissance de Clarissa en 1869 (pas de nom de jeune fille de la mère) et j’ai trouvé un mariage pour une Jennie Lovill et un Marine Kamphout en 1883. Le « L » de Lovill pouvant aussi être un « T », j’ai décidé de suivre la piste de ce couple que j’ai trouvé dans le recensement de 1900. Je leur ai aussi trouvé des enfants nés dans le comté d’Ottawa dont les prénoms correspondaient à ceux trouvés dans le recensement.Je n’avais aucune preuve que cette personne était bien la fille de Louis et de Matilda mais je n’avais pas vraiment d’autres pistes à suivre.
J’ai donc fait des recherches sur Jennie ou Mary Jane (variation de son prénom) jusqu’au recensement de 1930 à Wyandotte, près de Detroit où elle habitait avec sa fille. Marinus Kamhout est décédé en 1906 et j’ai retrouvé les enfants de Marinus en 1910 avec leur mère désormais remariée, toujours au Michigan. En 1920, Mary Jane reprend le nom de Kamhout. Dieu sait comment s’est terminé ce deuxième mariage?

La chance m’a de nouveau souri lorsque j’ai découvert le site Web de la bibliothèque Louttit à Grand Haven. Une dame d’une incroyable gentillesse m’a envoyé des articles de journaux (ils n’étaient pas en ligne à l’époque) ainsi qu’un document provenant du cimetière. Le lot de la famille indique une date de décès pour Mary Jane! Mais… rien dans les journaux de Grand Haven même si elle a été inhumée là en 1953.

J’ai même commandé un microfilm par le biais de la BANQ sur un journal de Detroit (un de ses fils y est décédé) et je n’ai rien trouvé.

Est-ce que je vous ai déjà dit que je n’ai jamais trouvé PERSONNE dans les répertoires de maisons funéraires? Au cours d’un voyage ultérieur à Salt Lake City, je déambulais entre les rayons de la bibliothèques où sont les livres concernant le Michigan et je trouve le répertoire d’une maison funéraire de Wyandotte. Je l’ai ouvert et j’ai failli lâché un cri (en fait je crois que j’ai vraiment crié)!

La voilà, Mary Jane Kamhout.Il s’agissait seulement d’un index mais, coup de chance, le volume comportant le certificat de funérailles était également sur les rayons. Ce certificat est pratiquement identique à un certificat de DÉCÈS.

Hummm! Père : Louis Detourville. Mère : Matilda LaQuire.D’où sort-il ce patronyme? J’étais si excitée que j’ai pratiquement couru jusqu’à un ordinateur pour faire une recherche sur Ancestry sur les Laquire. Première chose que je remarque, souvent le nom Laquire est corrigé par les utilisateurs pour Lécuyer. Je vois également Saquire corrigé pour Laquire.  Humm! Saquire et moi j’ai Sequin. J’ai donc suivi la piste des Lécuyer mais sans succès.

J’ai changé de stratégie et décidé de consulter les microfilms sur les naissances, mariages et décès du Vermont et y chercher le nom de Laquire. J’en ai trouvé qui vivaient à Ferrisburgh où les Tourville ont vécu au Vermont à cette même époque. Intéressant.

J’y ai trouvé une Matilda Laquire mariée à un Lewis Covill (mon deuxième cri de la journée). Rappelez-vous que quelquefois les Tourville utilisaient le nom de Courville dans les registres paroissiaux.

Matilda était la fille de Mitchell Laquire et de Mary German.J’ai trouvé deux autres mariages pour des enfants du même couple. Je n’ai pas pu trouver la famille dans les recensements. Ils sont venus aux États-Unis après 1850 et ils ne sont pas dans le recensement canadien de 1851. J’ai quand même trouvé Matilda, vivant seule, en 1860 au Vermont.

Comme je ne trouvais plus rien sur les Laquire, j’ai décidé de chercher les Germans. Hummm! Était-ce plutôt des Lallemand? Non plutôt St-Germain. Après plusieurs recherches, je les ai retrouvés au Québec ainsi que dans le répertoire de St. Mary’s de Burlington. Et là, victoire! Le nom est Lequin ou Lequien.

Après ça, tout est devenu facile.

Michel Lequin a épousé Marie-Louise St-Germain le 3 novembre 1840, à Marieville, au Québec. Mathilde est née le 13 mai 1847 au Mont-St-Grégoire. Michel est décédée à Farnham en 1855, les registres indiquant qu’il vivait aux États-Unis. Mary German s’est peut-être remarié mais je n’en suis pas certaine, j’ai perdu sa trace.

Comme je l’ai mentionné, la dernière trace de Matilda Laquire Tourville remonte à un document de 1886, soit dans les registres de mariage pour celui de sa fille Clarissa. Je n’abandonnerai jamais. Je suis certaine qu’un de ces jours, je la retrouverai, même si son nom n’est pas dans les registres du Michigan, du Minnesota ou même du Vermont. Bien sûr, j’ai déjà vérifié les avis de décès de sa soeur et son frère, sans succès.Mais mon meilleur coup dans toute cette histoire c’est d’avoir trouvé un document concernant la naissance d’un enfant nommé German. Son père était Joseph German et sa mère, Nettie TOURVILLE. Qui était cette Nettie?!

Je me suis soudain rappelé qu’il y a plusieurs années, quelqu’un m’avait mentionné dans le livre des Tourville écrit par Clarence Tourville, Sophie Tourville était mentionnée comme étant mariée à Joseph St-Germain. Je n’ai jamais trouvé ce couple et comme plus tard j’ai identifié Joseph Giguère comme étant le mari de Sophie, j’ai pensé que Clarence Tourville avait commis une erreur. Une erreur, oui, MON erreur.

Qui était cette Nettie? La réponse bientôt dans l’article #15!


 

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52 ancêtres en 52 semaines #13 : Louis Tourville (1844-1912)

Charles Tourville et Sophie Arpajou ont eu huit enfants qui ont survécu jusqu’à l’âge adulte, quatre fils et quatre filles. Poursuivons donc avec l’un de leurs fils, Louis Tourville, un ancien combattant de la Guerre Civile.

Louis est né le 30 septembre 1844 et a été baptisé 6 jours plus tard, le 6 octobre à St-Hughes, au Québec. Son père Charles était absent au baptême, ce qui donne à penser qu’il travaillait peut-être dans le comté d’Addison, au Vermont, alors que Sophie attendait la naissance de Louis à leur maison de St-Hughes.

Comme je l’ai expliqué dans certains articles antérieurs, il semblerait que Charles, alors veuf, soit allé vivre avec sa soeur Catherine, son beau-frère et ses neveux à Châteaugay, dans l’État de New York afin que Catherine puisse l’aider à élever ses enfants. Les enfants de Charles et de Sophie ont eu les parcours suivants : vers la fin de 1851 ou au début de 1852, Charles fils et Sophie ont quitté le comté d’Addison au Vermont pour s’installer à Chateaugay. Joseph et Julia semblent avoir vécu toute leur vie dans les comtés de Clinton et de Franklin, dans l’État de New York, non loin de Chateaugay, après la mort de leur mère. Une décennie plus tard, soit aux environs de 1862-1863, Peter Stephen et Philomena ont également quitté Vergennes pour le comté de Franklin. Nettie est la seule à avoir vécu au Vermont jusqu’à la fin de ses jours.

Qu’en est-il de Louis? En 1860, il vivait à Vergennes, au Vermont, dans la maison d’un avocat. Selon le recensement, il avait fréquenté l’école cette année-là, ce qui m’étonne un peu étant donné qu’à l’âge de 15 ans, à cette époque, les jeunes hommes travaillaient déjà. Mais peut-être est-ce une erreur dans le recensement? Un autre jeune homme de 17 ans, étranger à la famille et habitant la même maison, avait fréquenté l’école et était domestique. Je devrai sans doute faire des recherches sur cet avocat, George W. Grandey. Je suis certaine que Louis avait fréquenté l’école puisqu’il signait son nom et savait écrire.

Un an plus tard, le 6 septembre 1861, Louis se porte volontaire et s’enrôle dans l’armée au début de la Guerre Civile. Il a été mobilisé le 20 septembre 1861 au sein de la compagnie F, dans le 2e Régiment d’infanterie du Vermont. Son dossier militaire nous donne une idée de son apparence : il mesurait 5 pieds 6 pouces (1,70 m), avait les yeux et les cheveux noirs. Vous trouverez d’autres renseignements (en anglais) sur le régiment de Louis ici.

Quelques dates importantes concernant le parcours militaire de Louis :

  • Il a survécu à la fameuse bataille de Gettysburg, en Pennsylvanie, qui a eu lieu du 2 au 4 juillet 1863.
  • Il a été démobilisé le 20 décembre 1863 mais s’est enrôlé de nouveau le lendemain à Brandy Station, en Virginie.
  • Il a été blessé par balle dans la cuisse droite (la balle a traversé la cuisse environ 6 pouces au-dessus du genou) à la bataille de Wilderness, en Virginie, le 5 mai 1864, bataille qui a duré 3 jours. Il a été admis au Campbell General Hospital, à Washington, D.C. le 11 mai 1864.
  • Le 16 mai 1864, Louis est en permission. Il rejoint son régiment le 1er août 1864.
  • Il a été atteint par un fragment de métail à la Troisième bataille de Winchester, en Virginie, le 19 septembre 1864.
  • Il a été hospitalisé au General Hospital, à Montpelier, au Vermont. Pendant les mois qui suivent il est présent au Fort Wood Station, sur Bedloe’s Island, dans le port de New York. En novembre 1864, il avait rejoint son régiment.
  • Il a été promu caporal le 1er janvier 1865.
  • Il a été démobilisé avec le reste de son régiment le 15 juillet 1865 bien que la date du 20 juillet soit mentionnée dans certains formulaires de son dossier de pension de la Guerre Civile.
Louis' Hospital Card in Washington, DC

Carte d’hôpital de Louis, Washington DC

Peu de temps après la fin de son service, le 20 septembre 1865, Louis épouse à l’église méthodiste Matilda LaQuire (ou Lequin au Québec) à Ferrisburgh. Matilda n’était pas une inconnue pour Louis puisqu’elle est la cousine de son beau-frère Joseph St-Germain. Le couple est rapidement allé s’installer à Chateaugay dans l’État de New York où Matilda a donné naissance à une fille, Mary Jane, le 6 décembre 1865 et baptisé le 1er janvier de l’année suivante à l’église catholique de St. Patrick.

Vous amis lecteurs, je vous imagine en train de faire le calcul… J’imagine que Louis a voulu lui rendre service. Rien ne laisse croire que Louis ait été au Vermont neuf mois (ou même sept) avant la naissance de Mary Jane.

À la fin de l’été de 1868, Matilda donne naissance à une deuxième fille, Lizzie, Quelques mois plus tard, la famille déménage à Grand Haven, au Michigan. Le 19 août 1869, Lizzie meurt à l’âge de un an. Le 23 décembre 1869, une troisième fille naît, Clarissa.

Pour avoir consulté plusieurs index pour le comté de Franklin, concernant l’acquisitions de terres, je sais que Louis a fait des transactions immobilières en 1866, en 1868 et en 1872 à Chateaugay mais je n’ai pas vu les documents comme tel. Tout juste récemment, j’ai trouvé la naissance d’un autre enfant pour Louis et Matilda, soit George, né le 17 mars 1872 à Ferrisburgh, au Vermont. Il a été baptisé 4 jours plus tard à l’église catholique de Charlotte. Il est possible que Peter Stephen habitait sur la terre de Louis pendant que celui-ci était au Michigan puisque Peter a acheté une terre de Louis en 1884. La famille a probablement séjourné peu de temps au Vermont après la naissance de George.

J’ai tout fait pour trouver Louis et Matilda dans le recensement américain de 1870 au Michigan mais sans succès. La soeur de Louis, Philomena et son mari Dwight Daniels étaient également à Grand Haven en 1870. Ils n’ont pas été recensés non plus.

Selon le recensement américain de 1880, Louis vivait à Grand Haven avec sa femme Matilda et ses deux filles, Jenny et Clarissa. Son fils George est probablement décédé soit au Vermont soit au Michigan. Le 1er janvier 1883, le nom de Louis est sur la liste de dénombrement des pensionnés de la Guerre Civile du Michigan et il réside toujours à Grand Haven. De plus, la liste des membres de l’association des anciens combattants de la Guerre Civile (G.A.R. Post #75 de Grand Haven) de 1883 indique que Louis est marin (Grand Haven est située sur le bord du Lac Michigan). Sa fille Jennie épouse Marinus Kamhout en 1883 et sa fille Clarissa épouse Edward Palmer en 1886, tous les deux à Grand Haven. Le beau-père de Clarissa, Philander Palmer, était médecin, également ancien combattant de la Guerre Civile et il était  membre du G.A.R. Post #75 tout comme Louis.

Clarissa est l’une des personnes « portées disparues » dans la généalogie des Tourville. Edward Palmer a épousé sa deuxième femme en 1892 mais je n’ai aucune idée de ce qui est arrivé à Clarissa après son mariage. En fait, le mariage de Clarissa constitue également la dernière preuve selon laquelle Matilda était toujours vivante en 1886.

En 1886, Louis a déménagé à Minneapolis, au Minnesota. Il a travaillé entre autres dans une écurie; il a été journalier et aubergiste. Pendant un certain temps, il a travaillé chez E.C. Butts & Sons. E.C. Butts était natif du Vermont et il possédait également une écurie à Grand Haven.Je me suis souvent posé la question à savoir si Louis avait quitté Grand Haven parce que Matilda était décédée. Ou est-il parti avec elle et elle est décédée à Minneapolis? Ou encore, l’a-t-il simplement quitté? Un questionnaire avait été envoyé en 1898 aux pensionnés de la Guerre Civile. À la question concernant les membres de sa famille, Louis écrit « Femme décédée. » Aucune mention de ses filles.

En 1896, Louis est de retour à Grand Haven et travaille comme porteur dans un hôtel de la ville. En 1907, il dit vivre à Chateaugay, NY. Son nom n’est pas sur le recensement d’État de New York de 1905. Il a donc dû regagner Chateaugay vers 1907. En 1910, il y vivait toujours avec son neveu Albert Tourville.

Pour recevoir sa pension de militaire, Louis devait subir un examen médical bi-annuel si j’ai bien compris. Le premier a eu lieu à Malone, NY, en 1867. Le médecin déclare qu’il est frappé d’incapacité permanente (à moitié – pour sa jambe). Louis se plaint de douleurs rhumatismales dans sa jambe. La douleur est plus intense après des efforts. Les examens suivants ont lieu à Grand Haven, au Michigan, en 1873 et 1875. En 1877, l’examen a lieu à Grand Rapids, tout près. Les derniers examens ont lieu à Minneapolis en 1890, 1891 et 1892. Sa pension est d’abord fixée à 4 $ par mois puis est réduite à 2 $ par mois. Il a bien contesté cette réduction mais sans succès. Il devra attendre 1907 pour obtenir une pension mensuelle de 12 $ en raison de son âge (plus de 62 ans). Son dossier médical fait également état de ses gains de poids : il passe de 145 lbs (65 kg) à l’âge de 29 ans pour atteindre 165 lbs (75 kg) à 45 ans.

Louis est décédé le 27 mars 1912 à Chateaugay. Il vivait toujours avec son neveu Albert. Il a été inhumé dans le cimetière catholique de St. Patrick dans cette même ville. Tous ces long voyages aux États-Unis et il a terminé ses jours là où il a grandi.


 

52 ancêtres en 52 semaines est un défi lancé par Amy Johnson Crow. Pour en savoir plus, cliquez sur l'image (site en anglais).

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Trésor des archives : inventaire après décès de Sophie Arpajou (20 octobre 1851)

Après la lecture de l’inventaire après décès de la communauté de biens qui a existé entre Charles Tourville et Sophie Arpajou, qui a eu lieu le 20 octobre 1851, à St-Hughes, au Québec, après le décès de Sophie, je ne peux qu’imaginer ce qui a conduit Charles à demander cet inventaire.

Peut-être que Charles, qui vivait alors à Chateaugay, dans l’État de New York, a voulu tenir un conseil de famille, se demandant ce qu’il ferait de la terre qu’il possédait toujours à St-Hughes. Ses enfants majeurs, Charles et Sophia, tous deux mariés et vivant au Vermont depuis trois ans n’étaient probablement pas intéressés à tout recommencer au Québec. Ou peut-être la terre était tellement pauvre que cela ne valait même pas la peine d’y penser. Le 25 septembre 1851, Charles se rend à Ferrisburgh pour obtenir de son fils aîné Charles la procuration dont il a besoin pour vendre sa terre. Deux jours plus tard, il frappe à la porte de sa fille Sophie pour la même raison.

Cimetière de St-Hughes

Cimetière de St-Hughes

À l’automne de 1851, Charles se rend donc à St-Hughes, peut-être pour la dernière fois. Il a sans doute séjourné chez Joseph Langevin et sa femme Madeleine Arpajou, soeur de Sophie, à St-Barnabé où Joseph et Madeleine ont leur terre.

Alors que faire? Vendre la terre? Pour ce faire, Charles doit d’abord passer devant un juge afin d’obtenir un acte de tutelle pour ses enfants mineurs. Une demande a été faite le 25 septembre par l’entremise du notaire Timothée Brodeur. Le 10 octobre, devant le juge Jean Casimir Bruneau, de la Cour du Circuit de Montréal, sont élus tuteurs aux six enfants mineurs leur père Charles Tourville en qualité de tuteur et leur oncle maternel par affinité Joseph Langevin en qualité de subrogé tueur.

L’information la plus utile et la plus précieuse contenue dans cet inventaire après décès est la liste des enfants mineurs de Charles et de Sophie ainsi que leur âge au 20 octobre 1851. Veuillez noter que cette liste apparaît dans trois documents différents, tous rédigés à l’automne de 1851 et que l’information est la même d’un document à l’autre.

  • Étienne (Peter Stephen), âgé de 16 ans (né en août 1835, information exacte).
  • Marie-Édesse, âgée de 14 ans (née en janvier 1839, aurait 12 ans et non 14; en raison de la fiabilité de l’information concernant les autres enfants dans cet inventaire, j’en ai conclu que cet enfant n’est pas la “Marie-Édesse” née en 1839 mais plutôt “Dométhilde” née en 1837. Son prénom est Édith, Nettie ou Adesta dans divers documents américains. La vraie Marie-Édesse vivait toujours en 1840 mais elle est probablement décédée en bas âge au Vermont. L’âge de « Dométhilde » aux États-Unis est plus près de 1837 que de 1839. Il n’était pas rare à cette époque pour un enfant de porter le même prénom d’une soeur ou d’un frère décédé en bas âge).
  • Philomène, âgée de 10 ans (baptisée en mai 1841 au Vermont – l’information serait exacte).
  • Julie, âgée de 8 ans (née en octobre 1843 au Vermont selon le recensement de 1900 – l’information serait exacte).
  • Louis, âgé de 6 ans (né en septembre 1844, a eu 7 ans quelques semaines plus tôt – information inexacte).
  • Joseph, âgé de 5 ans (né en avril 1846 – information exacte).

Nous en sommes donc maintenant à la prise d’inventaire effectuée devant Me Timothée Brodeur et son collègue Me Joseph Amiot, notaires publics, Jacques Gendron et Lucien Houle de St-Hughes agissant en qualité d’évaluateurs. L’inventaire après décès se trouve ici et la transcription de cet acte se trouve ici.

À part la terre, les possessions de Charles se résument à bien peu : une jument, un godendard, une scie de long et une somme en espèces de 8 livres et 12 sols. La communauté n’a aucune dette active mais deux dettes passives : sont dus à J. A. Arpajou environ 459 livres pour arrérages seigneuriaux et 36 livres au notaire pour l’inventaire lui-même. Deux documents sont mentionnés : le contrat de mariage de Charles et de Sophie Arpajou daté du 31 août 1827 (date du mariage) passé devant Me Charles Bazin, acte numéro 373 ainsi que l’acte de tutelle daté du 10 octobre 1851.

La terre de Charles était située dans le fief Beauchemin, au nord de la rivière Yamaska, dans le comté de Richelieu, de deux arpents de front sur trente de long, devant la rivière Yamaska, d’un côté à Bazile Richard et de l’autre à François Lussier, par derrière au rang Barrow.

Si cet inventaire n’offre pas d’autres renseignements, d’autres documents, oui. Le récit ne se termine pas ici, la suite bientôt!

Un inventaire après décès était habituellement fait après le décès d’un conjoint alors que lui survivaient un ou des enfants mineurs. Il était habituellement fait avant le remariage du conjoint survivant pour protéger l’héritage des enfants mineurs. Bien entendu, les gens sans biens ni argent n’avaient aucun intérêt à en faire dresser un.

Trésor des archives : plan d’une partie de la seigneurie de Barrow (St-Hughes), Bas-Canada

Avec cet article, je lance une nouvelle série, « Trésor des archives », dans laquelle je partagerai avec vous mes découvertes, récentes ou anciennes, de documents trouvés dans divers dépôts d’archives.

Je travaille présentement à la transcription d’actes notariés pour le couple de Charles Tourville et Sophie Arpajou et j’ai trouvé par le plus pur des hasards ce plan sur le site des Archives nationales du Québec. Il est impossible de sauvegarder l’image alors cette impression d’écran n’est pas trop bonne. À ma prochaine visite aux archives, j’en demanderai une copie. Cependant, en cliquant sur l’image, vous aurez accès à l’image de la BANQ et pourrez ainsi l’agrandir.

Plan du fief Bourchemin-Est, dans la seigneurie de Barrow (St-Hughes aujourd'hui), divisé en lots à l'été de 1822

Plan du fief Bourchemin-Est, dans la seigneurie de Barrow (St-Hughes aujourd’hui), divisé en lots à l’été de 1822

Ce qui est formidable avec ce plan, c’est que nous avons maintenant une meilleure idée où étaient situées les terres de Charles Tourville, d’Antoine Hébert-Lecompte et de Catherine Tourville (soeur de Charles) ainsi que de bien d’autres. Nous savons également que François Tourville était le voisin de son frère Charles pendant un certain temps. J’essayerai de trouver le numéro de son lot.

Si vous regardez à gauche, vous pouvez lire le nom d’Antoine Hébert-Lecompte, lot 43. Le lot 44 était la propriété de Louis Girard mais nous savons qu’il l’a vendu à Charles Tourville en 1827. Les lots 38-39 sont la propriété des Plourde, belle-famille de la soeur de Sophie Arpajou.

En cliquant sur ce lien, vous pourrez voir où le se trouve le chemin Bourchemin aujourd’hui sur Google Maps.

C’est très excitant tout ça! 😉