52 ancêtres en 52 semaines : #3 Guillaume Hubou (? – 1653)

20121115034504!GlobeLes premiers arrivants en provenance du Mesnil-Durand, Calvados, France

Nous avons identifié cinq personnes en Nouvelle-France qui ont émigré du Mesnil-Durand au cours du XVIIe siècle, soit Guillaume Hubou (vers 1627), Barbe Hubou (1639), Mathieu Hubou (1641), Nicolas Goupil (1642) et Françoise Hubou (1662). Voici l’histoire de Guillaume Hubou.


Allons tout en haut de l’arbre aujourd’hui! Mon ancêtre paternel direct, Mathieu Hubou, migrant arrivé à Québec vers 1642, est venu rejoindre son oncle Guillaume Hubou arrivé au pays depuis une quinzaine d’années.

Originaire de Mesnil-Durand, dans le Calvados, tout comme son neveu, Guillaume serait arrivé à Québec avant 1627 puisque selon l’historien Marcel Trudel, il ne faisait pas partie des recrues de 1627 et de 1628. Marié à Marie Rollet, la veuve de Louis Hébert, le 16 mai 1629 en présence de Samuel de Champlain, il est demeuré à Québec avec Marie lors de la prise de la ville par les frères Kirk cette année-là. La plupart des colons français sont revenus à Québec trois ans plus tard, soit en 1632.

Dans les registres paroissiaux de St-André du Mesnil-Durand, j’ai retrouvé le baptême de Katherine, soeur de Mathieu, baptisée le 29 décembre 1622. Guillaume Hubou est son parrain. Ce document est le plus ancien qui atteste de l’existence de Guillaume. Fils de Jean Hubou et de Jeanne Goupil, certains ouvrages annoncent 1600 comme date de naissance approximative, je n’ai cependant encore rien trouvé pour le prouver. Le nom de ses parents est connu grâce au mariage de sa soeur Barbe qui est arrivée en Nouvelle-France vers 1639 pour lui servir de servante aux termes d’un contrat d’engagement jusqu’en 1642, année de son mariage.

Guillaume Hubou s’est vu concéder une terre au Sault-au-Matelot en 1634. Plusieurs contrats ont été conclus par Guillaume Hubou. Le document qui me rend très curieuse est cet inventaire des meubles de Guillaume Hubou après le décès de Marie Rollet en 1649. Je compte bien me le procurer à ma prochaine visite aux Archives et tenter de le déchiffrer.

Guillaume Hubou a été inhumé le 13 mai 1653 à Québec, un « ancien habitant du pays » écrit le prêtre.

Je termine mon article sur une petite énigme. Pouvez-vous m’aider à déchiffrer le nom de la marraine dans l’acte de baptême de Katherine? 😉 Vous pouvez cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Mise à jour :

  • Hervé Pencalet propose Katherine Vauquane de la Berniere.
  • Claire Burman propose Katherine Vauquenu de la Berniere.
  • Hervé a trouvé Vauquanu qui serait aujourd’hui Vaucanu.
  • J’ai trouvé une commune, La Brévière à quelque 9 km du Mesnil-Durand, on y irait donc pour Katherine Vauquanu (aujourd’hui Vaucanu) de La Brévière. Merci à tous!
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katherine hubout fille de nicollad fut baptisé le vingt neuf jour de decembre (…) par moy louyd mavia(?) pretre vicaire (…) ses parrain & marraine guillaume huboult & katherine banquanne (???) de la (…)??

Déjà lundi… Semaine du 20 janvier 2014

Toutes les résolutions que j’ai lues pour le nouvel an m’ont inspiré. 🙂

J’adore la généalogie. Vraiment. Mais ce que j’adore par dessus-tout c’est la recherche. C’est pourquoi l’an passé j’avais pris la résolution de mettre de l’ordre dans mes papiers. J’ai la mauvaise habitude d’être facilement distraite du moment qu’une nouvelle recherche m’est soumise, que ce soit la réception d’un courriel à propos d’un ancêtre commun, d’un nom de famille lu dans un livre, un tweet sur un nouveau outil informatique et me voilà repartie dans toutes les directions et j’en oublie par quoi j’avais commencé.

J’ai pensé que ce serait une bonne idée de publier chaque lundi la liste des tâches que je voudrais accomplir au cours de la semaine à venir. En la rendant publique, je crois que cela me motivera et que j’arriverai à me concentrer sur une chose à la fois. Voici donc ce qui m’attend cette semaine :

  • Poster mon échantillon d’ADN à Family Tree DNA. 🙂
  • Terminer mon article sur Guillaume Hubou pour le défi 52 ancêtres en 52 semaines et le publier lundi soir (en français et en anglais).
  • Mardi soir, je serai à l’accueil de la Maison de la généalogie de la SGCF.
  • Je travaille actuellement sur une base de données. J’aimerais retracer (si c’est possible!) tous les Canadiens-français qui vivaient à Vergennes et à Ferrisburgh, dans le comté d’Addison, au Vermont pour la période 1840-1880. Le mois de janvier est dédié aux noms de famille commençant par « A ». Je continuerai donc là-dessus.
  • Vendredi soir à 22 h, c’est Genchat sur Twitter. On nous a donné un petit devoir à faire 😉 alors je devrais m’occuper de cela mercredi soir.
  • Samedi, il se pourrait que je me pointe aux Archives nationales du Québec pour mon projet du Vermont et aller chercher d’autres documents.

Bon, je crois que c’est tout, alors souhaitez-moi bonne chance!

52 ancêtres en 52 semaines : #2 – Louis Tourville (1838-1895)

Dans le cadre du défi 52 ancêtres en 52 semaines, j’ai promis à mes amis Facebook d’alterner entre le Québec et les États-Unis pour les descendants de Mathieu Hubou. Louis Tourville n’est donc pas mon ancêtre mais quand même, il est un cousin (très éloigné) mais tout de même un cousin. 😉

J’ai dû mal à imaginer la gamme d’émotions par laquelle est passée la famille de Louis Tourville après sa mort tragique un dimanche de mai 1895 au Post-Graduate Hospital de Chicago, tel que le rapporte le Chicago Tribune du 17 mai 1895.

Nous sommes le mercredi 8 mai 1895. Louis Tourville travaille sur le site de construction du canal de Chicago. Depuis peu à l’emploi de l’entreprise Hendenreich Company Contractors, Louis est au travail près d’une décharge lorsqu’il est pris dans un câble servant à soulever les voitures et il est projeté dans les airs avec une rare violence. Couvert d’ecchymoses, Louis souffre également de blessures internes. Il est d’abord emmené chez lui. Croyait-on que son état n’était pas si grave? Car ce n’est que plus tard qu’il est transporté à l’hôpital où il décède quatre jours plus tard.

View of O.C. Farrington [verify], standing in the excavation site of the new Chicago Drainage [Sanitary and Ship] Canal. "Construction proceeds on the Sanitary and Ship Canal...much of the 28 miles was through solid rock underlying the continental divide." 1896. Original size and material: 4x5 inch glass negative Digital Identifier: CSGEO8770 Part of the Illinois Urban Landscapes Project: www.fieldmuseum.org/urbanlandscapes/

View of O.C. Farrington [verify], standing in the excavation site of the new Chicago Drainage [Sanitary and Ship] Canal. « Construction proceeds on the Sanitary and Ship Canal…much of the 28 miles was through solid rock underlying the continental divide. » 1896.
Original size and material: 4×5 inch glass negative
Digital Identifier: CSGEO8770
Part of the Illinois Urban Landscapes Project: www.fieldmuseum.org/urbanlandscapes/

Le mardi 14 mai, alors que la famille se prépare à enterrer Louis au cimetière Mt. Calvary, le coroner McHale arrête la cérémonie et ordonne que le corps de Louis soit placé dans une voûte jusqu’à ce qu’une enquête puisse être menée. Le coroner soupçconne que le certificat de décès émis par le Dr Kuraeff du Post-Graduate Hospital ne soit pas conforme aux faits.

L’enquête du coroner a lieu le 16 mai 1895, soit quatre jours après le décès de Louis. Le jury en vient à la conclusion que le câble n’était pas protégé adéquatement et qu’il constituait un risque d’accident. Il tient donc la Hendenreich Company Contractors responsable de l’accident survenu à Louis. Le jury blâme également le Dr Kuraeff pour avoir délivré un permis d’enterrement qui ne mentionnait pas la cause réelle du décès. Le jury recommande également que les autorités concernés prennent des mesures adéquates pour éviter qu’un tel accident se reproduise à l’avenir.

En lisant le formulaire de l’enquête du coroner, je me suis aperçue qu’un des témoins présents à l’enquête était Louis Tourville, mouleur de son métier, habitant au 270 Forquer St., soit le fils de Louis Tourville. Cela veut probablement dire que Louis fils était présent lors de l’accident de son père…

Louis Tourville est né en 1838 à Lachenaie, au Québec, fils de Louis Tourville et d’Élisabeth Lamoureux. Sa famille s’installe à Montréal à la fin des années 30. Seulement quelques familles Tourville habitent à Montréal à cette époque. Je peux m’estimer chanceuse d’avoir trouvé cette famille dans les recensements canadiens de 1842 et de 1851 car ils sont très incomplets pour cette période.

Louis Tourville a épousé Suzanne Bélec le 13 septembre 1858 à l’église Notre-Dame de Montréal. Ce couple a eu 11 enfants, dont 9 ont atteint l’âge adulte, tous nés à Montréal.

Louis était mouleur et charpentier lorsque lui et sa famille ont déménagé à Chicago, probablement en octobre 1880 (selon la demande de citoyenneté amércaine de leur fils Victor). La récession économique qui a commencé en 1873 pourrait avoir poussé Louis à déménager à Chicago où l’économie était florissante au début des années 80. Son neveu Alphonse s’y était déjà installé en 1878.

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52 ancêtres en 52 semaines est un défi lancé par Amy Johnson Crow. Pour en savoir plus, cliquez sur l'image (site en anglais).

52 ancêtres en 52 semaines est un défi lancé par Amy Johnson Crow. Pour en savoir plus, cliquez sur l’image (site en anglais).

52 ancêtres en 52 semaines : #1 – Rosa Tourville (née Denis) (1887-1973)

Ma grand-mère paternelle, Rosa, ne parlait pas beaucoup. Lorsque nous allions lui rendre visite, elle vivait avec une de ses filles et sa famille. Comme elle est décédée lorsque j’étais adolescente (et j’étais plutôt timide dois-je ajouter), je ne lui ai pas posé beaucoup de questions sur sa vie passée. Je la décrirais comme étant réservée. Elle avait un petit air triste et je sais qu’elle a eu une vie difficile. Mon grand-père Ovila était journalier souvent sans travail. Ils ont eu 9 enfants (3 enfants sont décédés en bas âge).

Un dimanche, une des sœurs de ma grand-mère s’est arrêtée à la maison pour nous demander le chemin pour se rendre chez sa soeur. Mon père a suggéré d’emmener ma sœur aînée qui pourrait les guider. Lorsque ma sœur est revenue en fin d’après-midi, elle nous a dit qu’elle n’avait jamais vu ma grand-mère aussi heureuse et aussi placoteuse (ma grand-mère n’avait pas vu sa sœur depuis très longtemps). À un moment donné, ma grand-mère a raconté : « J’étais couchée l’autre jour et je me suis mis à penser à tous les déménagements qu’on a faits durant mon mariage ».  En effet, mes grands-parents devaient déguerpir parce qu’ils n’avaient pas les moyens de payer le loyer. Ma grand-mère a compté une quarantaine d’endroits différents, rien de moins.

Il y a quelques années, j’ai rendu visite à ma tante, l’une de ses filles, et nous avons parlé d’elle, que de beaux souvenirs! Je lui ai raconté cette histoire de ma sœur à propos de ses 40 et quelques déménagements. Ma tante s’est levée, a quitté la pièce et est revenue avec un cahier de notes qui a appartenu à ma grand-mère. Sur l’une des pages se trouvait la liste de toutes les adresses des logements où elle avait vécu!

Mes grands-parents se sont mariés en 1908 et mon grand-père est décédé en 1950. Petite précision, ils n’ont pas déménagé chaque année pendant leurs 42 ans de vie commune. Ils ont vécu dans une quarantaine de logements entre 1908 et environ 1935!

Serez-vous surpris d’apprendre que je n’arrive pas à les trouver dans le recensement canadien de 1921?

Rosa Denis (1887-1973) et Ovila Tourville (1885-1950)

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52 ancêtres en 52 semaines est un défi lancé par Amy Johnson Crow. Pour en savoir plus, cliquez sur l'image (site en anglais).

52 ancêtres en 52 semaines est un défi lancé par Amy Johnson Crow. Pour en savoir plus, cliquez sur l’image (site en anglais).

Quand la généalogie se faisait à pied et non sur Internet

Si vous faites de la généalogie depuis seulement quelques années et que vous êtes frustrés parce que vous ne trouvez rien sur Internet et ce, dans le confort de votre foyer, avez-vous déjà songé à tout le travail que devaient faire les généalogistes amateurs qui nous ont précédé?

Lorsque j’étais à la bibliothèque de Salt Lake City, en novembre dernier, j’ai trouvé un article dans la publication de la Manasota Genealogical Society, Inc. Newsletter, datant de mars 1980 que j’ai trouvé vraiment fascinant.

Cet article, Searching for my Canadian Roots, de Clarence W. Tourville et sa femme Grayce, raconte les quatre voyages qu’ils ont entrepris, de la Floride au Québec, pour retrouver les ancêtres de son arrière-grand-père, Charles Tourville, époux de Julia Leclair. Lorsque je vois tout le travail et les déplacements que Clarence a fait avec le peu d’informations (même erronées) qu’il possédait, je n’ai que de l’admiration pour cet homme.

Parmi les quelques noms qui sont mentionnés dans l’article : Peter Tourville était le frère de son arrière-grand-père; Roy Tourville était Raymond Tourville, de Syracuse, NY, né à Chicago, IL et il était le fils de Fred Tourville et petit-fils de Louis Tourville, marié à Susan Belec et oncle d’Alphonse Tourville qui s’est établi au Nebraska.

L’article, rédigé en anglais, se trouve ici.

Bonne lecture!

Le décès de François Tourville : une nouvelle piste

En 1851, François Tourville vit à St-Jude, au Québec, avec son épouse Louise Corriveau, et leurs enfants Marie, Alexandre, Léonard, Marie-Louise, Luc et Célestin (Louis).

En 1860, Louise habite à Sutton, dans le comté de Worcester, au Massachusetts. D’après les données du recensement, on peut présumer que Louise est veuve. J’ai eu la chance de trouver deux contrats passés devant le notaire Timothée Brodeur à St-Hughes qui nous donnent de nouveaux renseignements à propos de la date de décès de François Tourville et nous confirment le fait que Louise Corriveau était bien veuve lorsqu’elle a quitté pour le Massachusetts.

Le premier contrat est daté du 14 février 1854. Le document mentionne que François Hubou dit Tourville et son épouse Louise Corriveau, tous les deux résidents de St-Jude, reconnaissent avoir reçu le quatrième paiement qui était dû « en janvier dernier » pour la vente d’une terre faite par François à Bazile Richard, le 30 mars 1850, devant le même notaire. L’acheteur est propriétaire de la terre voisine de celle qu’il a achetée.

Acte no 3004 daté du 14 février 1854

Acte no 3004 daté du 14 février 1854

 

Le deuxième contrat est daté du 26 janvier 1855 où Louise Corriveau, veuve de feu François Tourville, résidente de St-Jude, reconnaît avoir reçu le dernier paiement concernant la vente d’une terre faite par son mari, feu François Tourville à Bazile Richard.

Acte no 3153 daté du 26 janvier 1855

Acte no 3153 daté du 26 janvier 1855

J’ai vérifié les registres paroissiaux de St-Jude et de St-Hughes pour 1854 et début 1855 mais je n’ai rien trouvé. Est-ce que François planifiait de déménager au Massachusetts et il est décédé en chemin, ou même au Massachusetts? Lors que son fils Alexandre se marie en 1856, il déclare être des États-Unis. Est-ce que la famille a quitté après la réception du dernier paiement? Les baptêmes, mariages et sépultures sont indexés jusqu’en 1850 dans le Lafrance de Généalogie Québec. J’attends avec impatience que soient indexés les années 1854-1855. Peut-être trouverai-je le décès dans une autre paroisse?

Les deux documents ont été téléchargés sur les pages de François Tourville et Louise Corriveau.

Au moins maintenant, j’ai pu circonscrire la période de recherche.

Mouvements migratoires de la famille Hubou-Tourville en Amérique du Nord – I

Lorsque Mathieu Hubou quitte Le Mesnil-Durand en 1641, il s’établit d’abord à Québec. Vers 1675, la famille s’installe à Lachenaie, près de Montréal. Au 17ième siècle, ses descendants se sont peu déplacés, habitant toujours à Lachenaie ou tout près, soit principalement à Mascouche, Terrebonne et St-François-de-Sales de l’Île-Jésus.

Au 17ième siècle, la famille Hubou-Tourville la Nouvelle-France.

Au 17ième siècle, la famille Hubou-Tourville s’installe en Nouvelle-France.

Le 3 avril 1790, les frères Pierre et Toussaint Tourville, alors âgés respectivement de 26 et de 20 ans, signent un contrat d’engagement devant le notaire Louis Chaboillez pour la compagnie Todd, McGill & Co. en tant que milieu de canot et quittent Lachenaie. La destination sera à la discrétion de la compagnie, sauf le Nord. Ce périple les amènent à St. Louis, ville qui, à l’époque, était située dans un territoire administrée par l’Espagne. En 1800, ce territoire est rendu à la France et comme, on le sait, Napoléon Bonaparte le revendit aux États-Unis en 1803. Le MIssouri, dans lequel est situé la ville de St. Louis aujourd’hui, est érigé en territoire en 1813 et obtient le statut d’État en 1821.

Si Pierre revient à Lachenaie à plusieurs reprises après ce premier voyage, Toussaint s’établit définitivement à Florissant, près de St. Louis, où il épouse Marie-Reine Calvé en 1797, y laissant une nombreuse descendance ainsi qu’en Illinois.

Au 18ième siècle, la famille Hubou-Tourville est concentrée au Bas-Canada. Seul Toussaint Tourville s'installe à St-Louis (MIssouri).

Au 18ième siècle, la famille Hubou-Tourville est concentrée au Bas-Canada. Seul Toussaint Tourville s’installe à St-Louis (Missouri).

Au 19ième siècle, plusieurs familles se déplacent du Bas-Canada ou de la province de Québec vers les États-Unis. Si certains, comme Charles Tourville, sa soeur Catherine, ou son frère Jean-Baptiste, s’installent tout près de la frontière canadienne vers 1840, respectivement dans le nord de l’État de New York (Chateaugay) et du Vermont (South Hero), d’autres, comme Louis Tourville et son neveu Alphonse, iront jusqu’à Chicago vers 1878, et plus tard, au Nebraska pour y trouver une vie meilleure. Ce sont les enfants de ces familles qui se déplaceront à leur tour pour s’installer au Wisconsin, au Colorado et au Massachusetts.

Pour les enfants de Prosper Tourville et de Julie Bélisle, ce sont les provinces et les États de l’Ouest qui les attirent au début des années 1880. Julie, Marie-Louise et Magloire (Mack) vivront au Montana, ce dernier vivant également à Lethbridge, en Alberta. Quant à Napoléon, il s’installera à Brandon, au Manitoba.

La couleur orange indique vers quels États ou provinces les familles de deuxième génération se sont déplacées.

La couleur orange indique vers quels États ou provinces les familles de deuxième génération se sont déplacées.

La carte du 20e siècle sera encore plus colorée (!) et fera l’objet d’un prochain article.

L’épidémie de choléra à St. Louis au Missouri en 1832

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Registre de la paroisse de St-Louis, Missouri, 1832

 

L’entrée du 22 octobre 1832 du registre de la paroisse de St-Louis au Missouri indique que Toussaint Tourville père et Toussaint Tourville fils ont été inhumés à cette date.

Cela m’a toujours intrigué. Pourquoi sont-ils décédés probablement la même journée? Plusieurs m’ont écrit pour me poser cette question, à savoir si je connaissais la cause du décès et je ne le savais pas. J’ai réalisé par la suite qu’un simple coup d’oeil aux événements historiques de St. Louis au Missouri m’aurait fourni un petit indice.

Tout récemment, j’ai trouvé un document sur le site Missouri Digital Heritage Website. Ce document a trait à un conflit concernant une terre et impliquant Sylvina Tourville et son mari William Petersen comme demandeurs et Catherine Seig comme défenderesse.

Le témoignage de Charles Tourville, père de Sylvina, et fils deToussaint Tourville père a finalement éclairé ma lanterne. Au cours de ce témoignage, Charles révèle que son père est décédé pendant la première épidémie du choléra.

En fait, l’épidémie du choléra en Amérique du Nord a commencé à Québec au cours du mois de juin 1832. Elle s’est répandue dans tout le continent par le biais des Grands Lacs pour éclater à St. Louis à l’automne de 1832. Selon le journal Missouri Intelligencer, le choléra a fait rage à St. Louis au cours des mois d’octobre et de novembre de cette année-là.

Pour plus d’information sur les épidémies de choléra à St. Louis, au Missouri (en anglais seulement) :

La généalogie, mon père et moi

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René Tourville (1913-1985)
Photo prise en novembre 1945 – Fonds Studio O. Allard, Archives du Québec à Montréal

S’il était encore parmi nous, mon père fêterait aujourd’hui son 100e anniversaire de naissance.

Vous voyez la photo ci-contre? Vous savez où je l’ai trouvée? Je vous le donne en mille : aux Archives nationales du Québec à Montréal.

Mon père s’est marié dans la quarantaine. Ses parents venaient d’un milieu modeste. Je n’ai pratiquement aucune photo de lui avant son mariage si ce n’est des photos des années 50. Et ces photos sont de petit format, parfois pas très nettes et les gens sont souvent posés de loin.

Il y a quelques années, je vais aux Archives nationales du Québec à Montréal sur la rue Viger. En fouillant dans des cartables, je tombe sur une liste de fonds dont celui du Studio O. Allard.

Le Studio Allard je connais. À l’époque, la photo de ma carte étudiante de la STM était prise par le Studio Allard. Intriguée, je décide donc d’aller consulter les microfilms et bien évidemment je vais directement au nom Tourville. Quelle ne fut pas ma surprise de reconnaître le nom et l’adresse de mon père avant son mariage.

Je me précipite au comptoir et je demande : « il y a quoi dans ces fichiers? » On me répond : « des négatifs. » Je commande le fichier, on l’ouvre devant moi et on me dit : « Oh! pas de négatifs mais des photos! »

Je découvre donc une photo de mon père qui date de 1945, sur laquelle il a 32 ans et je n’en reviens tout simplement pas! Photo que je n’ai jamais vue à la maison.

On trouve beaucoup de choses sur Internet mais cela ne remplace pas une visite aux Archives. Mon père n’était ni important ni célèbre mais j’y ai pourtant trouvé un portrait de lui. Si je ne faisais pas de généalogie, je n’aurais jamais trouvé cette photo.

Le Fonds du Studio O. Allard contient plus de 1 800 000 portraits et vues de commerces montréalais pour les années 1930 à 1990. Cela vaut la peine d’aller y jeter un coup d’oeil!

 

Le surnom de Tourville

Plusieurs d’entre vous m’ont demandé l’origine du surnom Tourville. À l’école, lorsque j’étais toute petite, en consultant le Larousse, j’étais convaincue qu’Anne Hilarion de Costentin Tourville était mon ancêtre. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

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Anne Hilarion de Costentin, comte de Tourville (1642, Coutances – 23 mai 1701, Paris)


En 1975, c’était l’année du Patrimoine et le gouvernement du Québec nous offrait la possibilité de faire faire notre arbre généalogique. Mon père a envoyé le formulaire et nous avons reçu la réponse un an plus tard. Lorsque j’y repense, sachant combien cela aurait facile de le faire (cela m’aurait pris à peu près 30 minutes), j’aurais préféré le faire moi-même. Mais j’étais trop jeune et je n’y connaissais absolument rien. Mais lorsque nous avons reçu l’arbre généalogique mon père s’est exclamé : “Je me rappelle que mon père nous a déjà dit que notre vrai nom était Hubou!”. J’ai réalisé plus tard que s’il n’avait pas vu cet arbre, il ne nous en aurait probablement jamais parlé.

Vous savez probablement qu’en Nouvelle-France, beaucoup de familles ont adopté des surnoms, souvent descriptifs, comme Leroux, Leblond, etc.

Notre ancêtre, Mathieu Hubou, est arrivé à Québec, en Nouvelle-France, vers 1642. Plus tard, il a adopté le nom de Hubou dit Deslongchamps. Ses deux fils, Jean-Baptiste et Mathieu se nommaient également Hubou dit Deslongchamps. Tous les descendants de Mathieu ont conservé le patronyme Deslonchamps, ce qui veut dire que les Deslongchamps et les Tourville ont un ancêtre commun.

Par contre, le fils de Jean-Baptiste, Augustin, a adopté le surnom de Tourville. Le surnom Deslongchamps s’explique facilement. Dans un contrat, Mathieu dit habiter au lieu dit des longs champs. Le surnom de Tourville n’est pas descriptif. Le premier document attestant de l’adoption du surnom de Tourville remonte à 1712, année du mariage d’Augustin.

Serait-ce possible qu’Augustin ait adopté ce surnom parce qu’il admirait le maréchal de Tourville? Je crois que c’est une explication plausible. Le comte de Tourville est décédé en 1701 en France. Lorsque Augustin est devenu adulte (il est né en 1691), il avait certainement entendu de ses batailles contre les Anglais et les Hollandais.

Une autre famille de Nouvelle-France a adopté le surnom de Tourville, les Dutaut. Cependant, il n’existe aucun lien de parenté entre ces deux familles. Certains Dutaut-Tourville ont émigré aux États-Unis (surtout au Minnesota). La première mention du surnom de Tourville chez les Dutaut remonte à 1720.

Si vous désirez en savoir plus sur le maréchal de Tourville :

Anne Hilarion de Tourville

Si vous désirez en savoir plus sur les surnoms :

Article de FrancoGène