52 ancêtres en 52 semaines : #8 Antoine Tourville (1779-~1813)

Concevoir la vie de nos ancêtres entre les années 1780 et 1820 dans ce qui est le Québec aujourd’hui n’est pas chose facile. Bien sûr, les registres paroissiaux nous éclairent sur leurs liens familiaux, mais sans recensement ni date de décès, il y a peu à raconter. Heureusement, les contrats notariés nous permettent d’en apprendre un peu plus sur eux.

À force d’éplucher les minutiers des notaires, on s’aperçoit que les mêmes noms reviennent sans cesse, surtout dans les petits villages. On imagine ces gens-là très affairés, fréquenter assidûment l’étude de leur notaire, à l’occasion de l’achat ou la vente de terres, bénéficiant de conseils avisés sur la bonne marche de leurs affaires. Une visite chez le notaire n’avait pour eux rien d’extraordinaire. Pour d’autres, comme Antoine, cela ne devait se produire que lors d’occasions exceptionnelles.

Mais voyons d’abord ce que les registres paroissiaux nous révèlent au sujet de certains événements de la vie d’Antoine.

Ses parents, Joseph Tourville et sa deuxième épouse, Françoise Daunay, se sont mariés en 1766 à Lachenaie. Antoine, qui a été baptisé le 30 mai 1779 à Terrebonne, était le plus jeune enfant du couple. Avant lui, deux filles ont vu le jour, Marie-Angélique, probablement décédée en bas âge étant donné que je n’ai aucune trace d’elle si ce n’est son acte de baptême en 1770, et Marie-Louise, née en 1773 et décédée en 1832. Antoine avait également de nombreux demi-frères et demi-sœurs, notamment Joseph Tourville, mon arrière-arrière-arrière-grand-père, marié à Marguerite Fortin, et Michel Fortin, marié à Catherine Marié.

Antoine n’avait pas encore trois ans lorsque son père est décédé en 1782, à l’âge de 62 ans. En 1789, quelques mois avant son dixième anniversaire, il a perdu sa mère qui n’avait que 54 ans.

Qu’est-il arrivé à Antoine après le décès de ses parents? De fait, nous n’en saurions presque rien, si ce n’était de l’existence d’un acte notarié qui nous dévoile deux moments marquants de son existence.

Reportons-nous donc en ce vendredi 22 novembre 1799, alors qu’il se dirige vers l’étude du notaire Joseph Turgeon, à Terrebonne, accompagné de son parrain, Joseph Limoges, capitaine de milice de la ville.

Ce jour-là, Antoine signe un contrat d’engagement conclu entre Michel Rochelau dit Morrisseau et lui-même, par lequel il accepte de devenir son engagé pour les quatre prochaines années, soit du 20 novembre 1779 au 20 novembre 1803. Outre un salaire annuel de 132 livres, Antoine sera logé, nourri et blanchi, en échange de quoi il accepte d’exécuter toutes les tâches que Michel Rochelau lui demandera. Le contrat précise également qu’Antoine est d’accord avec les modalités qui y sont prévues puisqu’il vit dans la maison de Michel depuis 16 ans et qu’il en est satisfait.

Après la lecture de ce document, nous pouvons donc présumer que, vers 1783, alors qu’Antoine est âgé de trois ou quatre ans, il emménage chez Michel Rochelau, marié depuis un an avec Marie-Archange Charpentier, l’année du décès du père d’Antoine. Peut-être Françoise Daunay est-elle allée travailler comme servante chez les Rochelau et y habitait-elle avec ses enfants.

L’acte notarié nous informe également, par un ajout fait à la fin du document, que Michel et Antoine sont retournés chez le notaire Turgeon le 30 avril 1803. Michel Rochelau a accepté de payer à Antoine ce qui lui était dû et de résilier le contrat avant l’échéance du 20 novembre 1803. Vous vous demandez peut-être pourquoi? Il y a une bonne raison. Trois jours plus tard, soit le 2 mai 1803, Antoine épouse à Mascouche Josephte Amiot-Villeneuve.

Montréal, vers 1800. Panorama depuis un flanc du mont Royal. Archives du Musée McCord / Richard Dillon, (1772-1856), dessin (détail).

Montréal, vers 1800. Panorama depuis un flanc du mont Royal. Archives du Musée McCord / Richard Dillon, (1772-1856), dessin (détail). By Philippe Du Berger [CC BY 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0)], via Wikimedia Commons

Antoine et Josephte sont les premiers Montréalais de la famille Hubou-Tourville au 19e siècle, comme le prouvent deux actes de baptême de la paroisse Notre-Dame de Montréal concernant les deux enfants du couple : Joseph, né en 1803, et Josephte, née en 1805. Ces actes n’indiquent pas l’occupation du père, mais lorsque son fils et sa fille se marient à leur tour à la même paroisse, les actes stipulent que « feu [leur] père était boulanger de cette paroisse ».

Le seul indice voulant qu’Antoine n’ait pas vécu plus de 33 ans nous vient de l’acte du second mariage de Josephte Amiot-Villeneuve, le 2 février 1813, dans lequel elle est identifiée comme étant la veuve d’Antoine Tourville. Le jour de son mariage, Josephte déclare résider temporairement à l’Île Jésus (aujourd’hui Laval), mais être domiciliée dans la paroisse de St-Joseph à Rivière-des-Prairies (sur l’île de Montréal).

Il y avait beaucoup de notaires à Montréal au début du 19e siècle alors, qui sait? Je découvrirai peut-être d’autres détails sur la vie d’Antoine. Et qui aurait pu prédire que le petit-fils de cet homme, Louis Tourville, serait le co-fondateur de la Banque d’Hochelaga, aujourd’hui la Banque Nationale du Canada, en plus d’être un homme d’affaires important ainsi qu’un politicien? Il me reste bien plus que 52 ancêtres à raconter.

52ancestors-2015

DERNIÈRE HEURE | Charles Tourville et Sophie Arpajou bel et bien inhumés au cimetière St-Patrick

Samedi dernier, je feuilletais le recueil de généalogie que Clarence Wells Tourville  avait rédigé, à la fin des années 1980, à l’intention des membres de sa famille. Je me considère bien chanceuse d’avoir reçu une copie de ce recueil le mois dernier d’une parente de M. Tourville. Je ne dirai jamais assez à quel point j’apprécie ce geste généreux de sa part [Merci Joan! #tellementcontente].

Eh! bien, j’ai failli tomber à la renverse lorsque j’y ai lu que Charles Tourville (1802-?) et Sophie Arpajou (1811-?) seraient inhumés dans le terrain du lot 22 de la section 2 du cimetière de la paroisse St-Patrick, à Chateaugay, comté de Franklin, dans l’État de New York, ce terrain appartenant à leur fils Stephen Tourville. Aucune référence ni aucune source ne mentionnait d’où provenait cette information. On m’a souvent indiqué que Charles et Sophie étaient probablement inhumés à Chateaugay, mais jamais personne ne m’avait précisé que le recueil de Clarence Wells Tourville comportait une liste des personnes inhumées dans le terrain de Stephen Tourville.

J’ai donc décidé d’écrire au cimetière de St-Patrick [pourquoi ne l’ai-je pas fait plus tôt, je me le demande si ce n’est que je croyais que le cimetière existait seulement depuis 1863, année d’ouverture des registres de la paroisse St-Patrick, et non depuis 1844] pour que l’on me confirme l’information selon laquelle les personnes suivantes seraient inhumées dans le terrain de Stephen Tourville, à savoir Peter Stephen Tourville, sa femme, Caroline, leur fils Stephen, sa femme, Fanny Amo, leur fils Henry, sa femme, Roseland, son père, Charles Tourville, et sa femme, Sophie Arpajou, Estele et deux enfants de Stephen — soit 11 personnes au total. Voici la réponse reçue de la secrétaire de la paroisse St-Patrick :

« J’ai bien trouvé le terrain que vous avez décrit mais il n’est pas aussi grand que vous le dites. […] Le lot ne contient pas 12 places mais seulement 6 puisque 5 sont déjà prises. Mais il pourrait aussi en contenir 9 étant donné que ce lot n’est pas documenté correctement. Selon moi, je dirais que c’est un lot pour 6 personnes avec une place libre. Si cette place est maintenant occupée, cela n’a pas été documenté correctement. […]  Cependant, il est certain que selon nos registres, les personnes suivantes ont été inhumées à St-Patrick :

† Henry Tourville inhumé en 1931, né en 1876
† Roseland Tourville inhumée en 1952, née en 1876
† Peter Tourville inhumé en 1922, né en 1836
† Charlie DeTourville, né en 1802 (je crois bien que c’est cela, cette date est écrite à côté de son nom mais il n’y a aucune indication quant à la signification de cette date) sans date d’inhumation mais il est inhumé dans le lot puisque sinon son nom n’y serait pas.
† Sophie Arpajou (pas de date d’inhumation ni de naissance) Elle est inhumée dans le lot puisque son nom y est. » [Traduction]

La secrétaire de la paroisse de St-Patrick m’a aussi écrit qu’elle n’était pas en mesure de me confirmer la présence des autres personnes mais, plus tard, elle m’a écrit de nouveau me précisant qu’elle avait trouvé l’information sur Caroline Daignault sur Find A Grave. Voici ce qu’elle m’a expliqué :

« Je ne trouve rien sur elle [Caroline] dans nos registres mais le site Find A Grave mentionne qu’elle est inhumée ici et il y a même une photo de la pierre tombale. Certains registres ont été détruits il y a quelques années à la suite d’un incendie. Son nom se trouvait peut-être dans ceux-ci. Son nom devrait être inscrit dans nos registres mais il n’y est pas. J’ai trouvé le nom de Stephen Tourville dans nos registres mais pour quelque raison que ce soit, aucune date n’est indiquée. J’ai trouvé ceci sur Stephen Tourville [sur Internet] : Stephen Tourville, 28 ans, décédé le 27 mai 1901, inhumé le 29 mai 1901, a reçu les derniers sacrements. Il a été inhumé dans le lot 22. D’autres personnes s’y trouvent, peut-être leur nom vous dit-il quelque chose? James Leers [sic – devrait se lire Seers], 4 ans, inhumé en 1883, Elizabeth Barrette, 10 mois, inhumée en 1883. » [Traduction]

Je lui ai répondu à mon tour, car je voulais qu’elle m’assure que j’avais bien compris que Charles et Sophie étaient bien inhumés dans le lot 22 de la section 2.  Elle m’a confirmé ce qui suit :

« Leur nom est écrit ainsi dans nos registres : Charlie Tourville et Sophia Arpajou. Vous avez donc les bonnes personnes. Ils sont inhumés dans le lot 22 de la section 2. Le même lot que celui de Peter Tourville. » [Traduction]

Les deux enfants mentionnés comme étant ceux de Peter dans le recueil de Clarence pourraient en fait être ses petits-enfants, James et Elizabeth, les enfants de ses deux filles.

Quant à « Estele » dont la secrétaire de la paroisse n’a trouvé aucune trace, j’en ai déduit que cela pouvait être Marie-Édesse, toujours vivante en1840, mais qui est décédée avant 1850. Le cimetière a ouvert ses portes en 1844, mais le fait que Charles et Sophie soient tous les deux inhumés à Chateaugay signifie probablement qu’ils ont quitté le Vermont entre 1848 et 1850 (Sophie a donné naissance à des jumeaux au Vermont en 1848). Quant à Charles, il est décédé entre 1850 et 1860.

J’ai mis à jour le site de Find a Grave en ajoutant les noms de Charles et de Sophie sur la page du cimetière de St-Patrick. Un voyage à Chateaugay est déjà prévu pour ce printemps!

Tous les chercheurs qui m’ont aidée au cours des années connaissent mon obsession pour Charles Tourville et Sophie Arpajou. Eh! bien, Charles et Sophie peuvent désormais reposer en paix… et moi aussi! Je vais bien sûr poursuivre mes recherches pour découvrir la date de décès de Charles, mais je suis tellement contente de connaître enfin l’endroit où ils ont réellement été inhumés!

52 ancêtres en 52 semaines : #6 Évélina Bissonnette (née Tourville) (1879-1956)

Évélina Tourville Bissonnette (1879-1956)

Évélina Tourville Bissonnette (1879-1956) – Collection de Sarah Di Lallo

Dans un article publié récemment, je relatais la mort de la mère d’Évélina survenue de façon tragique au cours du printemps 1880. J’aimerais maintenant vous raconter l’histoire de l’enfance d’Évélina, le bébé mentionné dans l’article de journal.

Évélina est née le 31 août 1879 du mariage de Moïse Tourville et de Malvina Hogue, dans le village de St-Henri, district de Montréal. Elle a été baptisée le jour suivant, ses parrain et marraine étant son oncle Néré Leclaire et sa tante Évélina Tourville.

Au moment de sa naissance, son père, Moïse, était commis. Comme vous le savez peut-être, Moïse a perdu sa femme neuf mois après la naissance d’Évélina. On pourrait s’attendre à retrouver Moïse et sa fille dans le recensement de 1881, mais ce n’est pas le cas. À cette époque, il n’est pas rare qu’un jeune veuf, père d’un bébé, se remarie rapidement ou encore laisse l’enfant à un membre de sa famille. Ainsi, en 1881, Moïse est retourné dans la maison paternelle, mais Évélina semble s’être volatilisée. Elle est introuvable autant en 1881 qu’en 1891.

Évélina Tourville et Albert Bissonnette

Évélina Tourville et Albert Bissonnette – Collection de Sarah Di Lallo

Il faut attendre le 19 avril 1898, date de son mariage avec Albert Bissonnette à l’église St-Henri, pour la retracer. Où est-elle passée entre 1880 et 1898? Heureusement, j’ai déniché deux documents qui nous en apprennent un peu plus sur l’enfance d’Évélina.

En septembre 1894, Néré Leclaire, le parrain d’Évélina, se présente devant un magistrat parce qu’il juge nécessaire que soient nommés un tuteur et un subrogé tuteur pour Évélina, alors âgée de 14 ans. Il mentionne avoir toujours pris soin d’elle depuis qu’elle était bébé et qu’il l’a élevée comme sa propre fille.

Sans doute, vous demandez-vous pourquoi Néré a-t-il attendu toutes ces années pour demander la tutelle d’Évélina. Eh! bien, voici : la mère de Malvina Hogue est décédée ab intestat et sa fille, Évélina, hérite donc de sa grand-mère et devient ainsi propriétaire du quart de sa maison.

Dans sa demande de tutelle, on apprend que Moïse est absent de la province de Québec depuis plus ou moins 10 ans et qu’il n’est revenu à St-Henri qu’une seule fois quatre ou cinq ans plus tôt. Grâce à un acte de vente passé entre Moïse Tourville et son père, Honoré, devant le notaire Faure en avril 1883, on sait que Moïse réside temporairement à Pullman City, en Illinois. On sait aussi que Moïse a épousé sa seconde femme, Azilda Labelle, en décembre 1884, à Chicago, et qu’il y est demeuré au moins jusqu’en 1900 comme en atteste le recensement américain de cette même année. Bien que Moïse ait obtenu la citoyenneté américaine en 1893, il revient au Canada avant 1907.

On peut présumer, d’après l’acte de tutelle, que Moïse a confié sa fille à sa soeur avant d’aller s’installer en Illinois. Mais, si c’est le cas, pourquoi n’est-il pas fait mention de Néré Leclaire, d’Évélina Tourville Leclaire et de leur nièce dans les recensements canadiens de 1881 et 1891? Si le recensement américain de 1890 n’avait pas été perdu, peut-être aurions-nous trouvé la réponse à cette question.

Mme Sara Di Lallo m’a confié que son arrière-grand-mère Évélina avait été élevée par un membre de sa famille à Chicago. J’avais tout d’abord cru le contraire, que Moïse avait quitté pour Chicago, et qu’Évélina, elle, était demeurée à St-Henri avec un membre de sa famille. Mais, comme je n’ai aucune preuve de cela, les deux hypothèses demeurent plausibles. Peut-être Néré Leclaire est-il lui aussi allé à Chicago et qu’il est revenu avec sa femme et sa nièce avant 1894? On sait que Néré Leclaire était épicier à St-Henri en septembre 1894, et qu’Évélina s’est mariée à St-Henri en 1898. J’ai également vérifié le Lovell Directory de Montréal, et le nom de Néré y apparaît jusqu’au mariage d’Évélina. Malheureusement, avant 1894, le village de St-Henri ne semble pas être inclus dans le Lovell (pas de chance!).

Par ailleurs, une autre chose qui me laisse perplexe est que Moïse est présent au mariage d’Évélina, mais affirme ne pas savoir signer. Comment se fait-il alors que je retrouve sa signature sur d’autres documents? Était-il vraiment présent au mariage?

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[Mise à jour] De gauche à droite, les filles d’Évélina et d’Albert Bissonnette : Marguerite, Aline, Pauline, Madeleine, Yolande, Cécile, Agnès, Henriette. – Collection de Sarah Di Lallo

Évélina Tourville et Albert Bissonnette ont eu huit filles, Marguerite, Cécile, Agnès, Aline, Pauline, Henriette, Madeleine et Yolande. Aline est décédée l’an dernier à l’âge de 109 ans! Elle occupe le premier rang dans les statistiques de mon site Web comme étant la personne ayant vécu le plus longtemps.

Évélina est décédée le 17 avril 1956 à Montréal, à peine un an avant Albert qui est décédé le 26 juin 1957, et tous les deux ont été inhumés au cimetière Notre-Dame-des-Neiges à Montréal.

Quant à Évélina Tourville Leclaire, elle est décédée en 1910, et, fait plutôt étrange, elle a été inhumée dans l’église de St-Henri. J’irai à la BANQ consulter les journaux et voir si je ne pourrais pas y trouver un avis de décès la concernant.

Et enfin, environ un an plus tard, Néré allait s’établir en Ontario où il a épousé leur ancienne servante, Clara Deschamps, une Ontarienne qui vivait avec le couple en 1900. Néré y est décédé en 1915 dans le comté de Glengarry.

Travaux de couture réalisés par Évélina à l'âge de 10 ans

Travaux de couture réalisés par Évélina à l’âge de 10 ans – Collection de Sarah Di Lallo

52ancestors-2015Merci à Sarah Di Lallo pour les photos!

Belle découverte sur Internet : Extrait du livre de renvoi officiel de la paroisse de Montréal (1872)

Votre ancêtre habitait-il la paroisse de Montréal en 1872? Plus précisément, les villages d’Hochelaga, de la Côte de la Visitation, de la Côte St-Louis, de St-Jean-Baptiste ou de la Côte-des-Neiges? Aimeriez-vous savoir s’il était propriétaire ou locataire?

Dans ce cas, vous pourriez être intéressés par ce document que j’ai découvert sur Internet.

Extrait du livre de renvoi officiel de la paroisse de Montréal [microforme] : comprenant les villages incorporés d’Hochelaga, de la Côte de la Visitation, de la Côte St- Louis, de St-Jean-Baptiste et de la Côte-des-Neiges / préparé et publié par L.W. Sicotte (1872)

Ce livre donne pour chacun des lots des villages susmentionnés le nom de son propriétaire et sa dimension. Le numéro devant le nom du propriétaire est le numéro officiel du lot. Si vous téléchargez la version PDF, vous pouvez aisément y faire une recherche.

extrait officiel

Pour les curieux, les rues de Montréal mentionnées dans l’image ci-dessous sont aujourd’hui la rue Rachel, l’avenue de l’Hôtel-de-Ville, l’avenue Duluth et la rue de Bullion

Jumelé au recensement de 1871, cet ouvrage peut se révéler fort utile.

J’y ai trouvé le nom de Honoré Tourville qui habitait St-Henri ainsi que les noms d’Élisabeth Lamoureux, veuve de Louis Tourville, de son fils Médard et de deux de ses gendres, Denis Barrette et Napoléon Gauvreau, qui habitaient le village St-Jean-Baptiste.

Bonnes recherches!

52 ancêtres en 52 semaines : #5 Charles B. Tourville (1857-1910)

À ceux d’entre vous qui effectuez des recherches aux États-Unis, ne trouvez-vous pas que l’absence d’un recensement en 1890 complique drôlement les choses lorsqu’une personne est née, décédée ou s’est mariée entre 1880 et 1900? Vous me direz que cela dépend de l’endroit où ils vivent (dans certains États, l’État civil est souvent inexistant) ou des autres sources disponibles.

Prenons le cas de Charles B. Tourville né le 20 mai 1857 à St-Louis, au Missouri, du mariage de Joseph Toussaint Tourville et de Susan Stout. Sa date de naissance provient du dossier de pension de son père, un vétéran de la Guerre civile. Pour le reste, j’ai dû me contenter des recensements américains de 1860, 1870, 1900 et 1910. Quels renseignements en ai-je tirés?

En 1860, la famille vivait à St-Louis et, en 1870, elle s’établissait à Canton, dans le comté de Fulton, en Illinois. Bien que ses parents et ses jeunes frères et sœurs soient revenus vivre à St-Louis en 1880, aucune information en ce qui concerne Charles. Je le retrace en 1900 à St-Louis, marié à Katherine et, en prime, quelques indices : sa femme n’a jamais eu d’enfants, ils sont mariés depuis quatre ans et Lorena, née en septembre 1885, qui vit avec le couple, est la fille de Charles. Enfin, le recensement américain de 1910 nous apprend que le couple vit à nouveau seul et qu’il s’agit d’un deuxième mariage pour Charles, le premier pour Katherine.

Assez rapidement, j’ai déniché, dans la base de données intitulée « Missouri Marriage Records » sur le site d’Ancestry, une licence de mariage pour Charles Tourville et Katherine F. Motzer. Le mariage a eu lieu le 17 septembre 1896. Aucun autre mariage n’y est répertorié relativement à Charles.

Lorsque j’étais à Salt Lake City en novembre dernier, en parcourant l’index de journaux, des pistes intéressantes m’ont été suggérées :

St. Louis Daily Globe-Democrat, 19 octobre 1881, p. 11

St. Louis Daily Globe-Democrat, 19 octobre 1881, p. 11

Traduction : Le « Recorder » a accordé une licence de mariage aux personnes suivantes : C. B. Tourville et A. Mayer […]

Tourville Amelia st louis daily globe-democrat 6 feb 1882

St. Louis Daily Globe-Democrat, 6 février 1882, page 5

Traduction : TOURVILLE – 4 février à 9 h, Mme Amelia Tourville, autrefois connue sous le nom de Mademoiselle Amelia Meyer. Le convoi funéraire partira de sa dernière demeure, au 2816 North Twelth, aujourd’hui à 9 h. Les amis de la famille sont priés d’y assister. Journaux d’Evansville, veuillez relayer la nouvelle.

   St. Louis Daily Globe-Democrat, 7 février 1882, page 10

St. Louis Daily Globe-Democrat, 7 février 1882, page 10

Traduction : Amelia Tourville, 22 ans et 7 mois, 2816 North Twelfth, consomption.

Vous rendez-vous compte à quel point les journaux m’ont aidée à obtenir plus de détails sur la période de 1880-1900? Non seulement j’y ai appris le nom de jeune fille d’Amelia, mais également son âge et la cause de son décès. Grâce à cette information, j’ai réussi à découvrir la licence de mariage alors que j’étais à Salt Lake City. Plus tard, j’ai réalisé que si je n’avais pas réussi à retracer Charles, c’était que son nom était erroné dans l’index (Toneville). Pas étonnant que je n’aie rien trouvé auparavant. Un seul détail m’agace toutefois, c’est qu’Amelia étant décédée bien avant 1885, il est impossible qu’elle soit la mère de Lorena. De plus, elle est décédée seulement quatre mois après son mariage.

Je n’en finis pas de faire des trouvailles dans ce journal de St-Louis. Tiens, tiens, voilà qu’on y publiait une autre demande de licence de mariage pour Charles en 1883 :

 St. Louis Daily Globe-Democrat, 1er février 1883, p. 12

St. Louis Daily Globe-Democrat, 1er février 1883, p. 12

Après être tombée sur Amelia Meyer et Eugenia Meyer dans le recensement américain de 1880 pour St-Louis, j’en déduis donc que Charles a épousé sa belle-sœur après le décès de son épouse.

Dans la même base de données, on y rapporte le décès de plusieurs enfants à St-Louis portant le nom de Tourville. Après avoir examiné les différents documents, j’ai réussi à déterminer qu’il s’agissait bien des enfants de Charles et d’Eugenia. Grâce à l’index des naissances du Missouri, l’annuaire de St-Louis et le nom des parents, j’ai également pu identifier les enfants suivants :

  1. Robert S., né le 3 novembre 1883, décédé le 13 juillet 1899. Il a été grièvement blessé lors des célébrations du 4 juillet. Il est mort du tétanos une semaine plus tard.
  2. Lorena E., née le 27 septembre 1885, décédée en 1964 en Californie. Elle s’est mariée à Robert Gilreath vers 1907. En 1910, elle vivait à Los Angeles. Elle n’est pas mentionnée dans l’avis de décès de son père. Peut-être n’étaient-ils pas en bons termes?
  3. Freda C., née le 8 novembre1887, décédée le 20 novembre 1889.
  4. Susan (Pearl H. à sa naissance), née le 13 juillet 1892, décédée le 17 mai 1894.
  5. Esther, née le 15 avril 1895, décédée le 22 juin 1895.

Entre 1889 et 1899, Charles a perdu quatre enfants et sa deuxième épouse, Eugenia. Esther est décédée un mois avant sa mère. Cela a dû être une période très difficile pour la famille.

Comme vous pouvez le constater, j’en sais maintenant beaucoup plus sur Charles B. Tourville même si la plupart de ces événements ont eu lieu durant la période 1880-1900. Quelle chance pour moi qu’il ait vécu à St-Louis! Sinon, peut-être n’aurais-je jamais rien su de ses premières épouses et de ses enfants.

St. Louis Post-Dispatch, 4 octobre 1910, page 11

St. Louis Post-Dispatch, 4 octobre 1910, page 11

TRADUCTION : TOURVILLE – À l’âge de 53 ans, 4 mois et 14 jours, le 3 octobre 1910 à 15 h 30, est décédé Charles V. Tourville, après une brève maladie, époux bien-aimé de Catherine P. Tourville (née Motzer), fils aîné de Susan Tourville (née Stout) et de feu Joseph T. Tourville, Mme Ida A. Lorance (née Tourville) et Chester A. Tourville. Le convoi funéraire quittera la résidence du défunt le mercredi 5 octobre à 14 h, au 1918 Montgomery. Parents et amis sont priés d’y assister.

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52 ancêtres en 52 semaines : #4 Émilie Tourville (née Rousselle) (1803-1863) ~ « Find A Grave » ou comment les miracles se produisent quelquefois

J’essaie de trouver la date et le lieu de décès d’Émilie Rousselle, épouse de Charles Tourville, depuis aussi longtemps que j’ai commencé à faire de la généalogie, soit, croyez-le ou non, déjà plus de 20 ans.

Émilie Rousselle est née en 1803 à Florissant, au Missouri, où elle y a également épousé Charles Tourville (dont la date de décès m’est toujours inconnue) le 11 février 1822.

Pendant longtemps, la dernière trace d’Émilie et de Charles se trouvait à St-Louis au Missouri dans le recensement américain de 1850. Puis, il y a deux ans, j’ai découvert en ligne un jugement de la Cour suprême du Missouri concernant une dispute visant la propriété d’un terrain d’une des filles de Charles qui témoignait à cet égard. Charles y mentionnait sa femme et de par son discours, il est clair qu’elle était toujours vivante à ce moment-là. Je ne les ai jamais trouvés et je ne les trouve toujours pas dans le recensement américain de 1860.

Je travaillais sur le site Web de Find A Grave pour y ajouter quelques membres de la famille Tourville originaires du Missouri et voilà que j’y découvre le nom d’Émilie Rousselle Tourville qui a été inhumée dans le Old Saint Ferdinand Cemetery (cimetière qui n’existe plus depuis 1900). On peut consulter les registres de la paroisse St-Ferdinand de Florissant dans la collection Drouin sur le site d’Ancestry ou celui de Généalogie Québec, mais on dirait bien que les entrées ne sont pas toutes indexées sur Ancestry, surtout celles des années ultérieures. Enfin, index ou pas, j’aurais dû parcourir toutes les images de cette collection.

De toute façon, ce que je trouve extraordinaire ce n’est pas d’avoir trouvé la date et le lieu de son inhumation sur Find A Grave mais bien une SOURCE :

« September the 13th I buried Emilie Rousselle 54 yrs wife of Charles Tourville. » ~ J. F. Van Assche, SJ

Traduction: « Le 13 septembre j’ai inhumé le corps d’Émilie Rousselle, 54 ans, épouse de Charles Tourville. » ~ J. F. Van Assche, SJ

Il y a presque deux ans, Sheila Kesterston, membre de Find A Grave, cherchait ses ancêtres à Florissant, au Missouri, et elle a finalement découvert où était conservée une copie des registres paroissiaux du cimetière. Les données de ce cimetière sur Find A Grave proviennent de la source suivante :

« Registre des Sépultures faites dans le Cimetière De la paroisse de St Ferdinand, Diocèse de Louisiane, commencé le premier de janvier L’année mil huit cent vingt deux 1822 »

Ce registre de 95 pages couvre la période allant de janvier 1822 à juillet 1876 et se trouve sur le microfilm « Old St. Ferdinand Burial Records » – (bobine 167, item 5) à la bibliothèque du comté de St-Louis :

St. Louis County Library – Headquarters
Tier 5 (top floor)
1640 S. Lindbergh Blvd.
St. Louis, MO 63131-3598

Un gros merci à Sheila qui a décidé de faire l’entrée de données de tous les noms paraissant au registre sur Find A Grave. Je ne sais pas comment la remercier, je suis tellement contente!

Vous pouvez consulter la page du Old Saint Ferdinand Cemetery sur Find A Grave et y faire vos propres recherches. Beaucoup de Canadiens-français y ont été inhumés. Ensuite, si vous désirez en obtenir la preuve, vous pouvez aller soit sur Ancestry soit sur Généalogie Québec. Peut-être y retracerez-vous votre ancêtre ou le frère ou la soeur de celui-ci.

Il y a deux autres Tourville dans ce cimetière (l’un deux se nomme Tourvelle). Je dois examiner cela de plus près car ce sont de jeunes enfants et je ne suis pas certaine qui ils sont. Quant à Charles Tourville, eh! bien je continue ma quête. Je trouverai bien où il est décédé. Que ce soit de mon bureau ou lors d’un voyage au Missouri. 😉

 

52ancestors-2015

52 ancêtres en 52 semaines : #3 Malvina Tourville (née Hogue) (1859-1880)

En novembre dernier, lors de mon voyage à Salt Lake City, j’ai trouvé un article dans le Daily Arkansas Gazette daté du 9 mai 1880 qui relatait une manchette datée du 30 avril précédent en provenance de Montréal. Une femme serait morte de peur en voyant passer devant chez elle deux hommes gravement brûlés sur leur lieu de travail, les frères Couvrette. On donnait le nom de « Mrs. Tourville » sans autre renseignement.

La seule personne dans ma base de données qui est décédée en 1880 et qui vivait à Montréal à cette époque était Malvina Hogue, épouse de Moïse Tourville, mais je l’ai écartée d’emblée puisqu’elle était décédée le 19 avril. Je décide donc d’aller sur le site de la BANQ pour vérifier si le journal La Minerve en ferait mention. Comme la manchette était datée du 30 avril, j’ai parcouru le journal au complet. Rien. L’édition du 1er mai peut-être? Oui! Il s’agissait bien de Malvina Hogue, le journal La Minerve donnant beaucoup plus de détails sur les circonstances de son décès que celui de l’Arkansas. Le 19 avril? Eh! bien c’était une erreur de transcription de ma part. J’ai vérifié le registre de Notre-Dame de Montréal et c’est bien le 29! C’est maintenant corrigé dans la base de données.

Voici les deux articles en question :

Daily Arkansas Gazette

Provenance : Daily Arkansas Gazette, 9 mai 1880, page 1

La Minerve 01051880 malvina hogue tourville

Source: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, La Minerve, 1er mai 1880, page 1

Malvina Hogue est née le 16 juin 1859 à Montréal (Hochelaga). Elle était la fille de Pierre Hogue et de Josephte Boyer. Malvina a épousé Moïse Tourville le 22 octobre 1878 à St-Henri. Elle a eu une fille prénommée Évélina née le 31 août 1879 à St-Henri. Il s’agit de l’enfant mentionné dans le texte.

Cet article est vraiment tombé à point! Je travaille sur la famille de Moïse Tourville et sur celle de sa deuxième épouse, Azilda Labelle, qu’il a épousé à Chicago en 1884. Cet homme a eu un parcours fascinant. Lui et sa famille feront l’objet d’un prochain article.

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52 ancêtres en 52 semaines : #2 Marie Louise King (1852-1934), Oliver King (1829-1899), Joseph King (1831-1904)

Le thème portant sur les « King » proposé par Amy Johnson Crow pour le défi 52 ancêtres/52 semaines m’a fait penser à Marie Louise King. Coïncidence amusante, j’ai reçu d’un membre de sa famille une photo d’elle la même semaine.

Marie Louise King (1852-1934)

Marie Louise Tourville (née King)  (1852-1934)

Marie Louise est née le 10 mars 1852 à North Ferrisburgh, dans le comté d’Addison, au Vermont. Elle était la fille d’Oliver King (Olivier Roi) et d’Eleonore Dufresne. Elle a été baptisée à la St. Mary’s Church, à Burlington, au Vermont, le 5 juin de la même année.

Marie Louise était probablement l’aînée de sa fratrie. Même si nous n’avons pas trouvé de preuve de mariage pour ses parents, son père vivait avec un Joseph King, probablement son frère, à Ferrisburgh, au Vermont, en 1850. Oliver et Eleonore se sont probablement mariés à la fin de 1850 ou en 1851.

Jusqu’à son mariage avec Henry Tourville, le 25 juin 1870, à la St. Joseph’s Church à Burlington, au Vermont, Marie Louise vivait, selon les recensements américains de 1860 et de 1870, à Ferrisburgh. Ce couple a rapidement émigré à Sparta, au Wisconsin, étant donné que leur fils aîné, Charles Henry Tourville, y est né le 22 octobre 1872. Ils ont eu au moins 5 autres enfants. Henry Tourville et Marie Louise King sont tous les deux inhumés dans le cimetière de Woodlawn, à Sparta. Henry est décédé le 20 octobre 1924 et Marie Louise, le 4 mai 1934.

Voilà les renseignements que j’avais sur Marie Louise au moment où j’ai reçu sa photo. Par la suite, j’ai trouvé sur Find A Grave que son père Oliver était inhumé à East Charlotte, au Vermont. La note biographique mentionne qu’il est né le 19 décembre 1829. Son acte de décès de la ville de Ferrisburgh indique qu’il était âgé de 68 ans et 1 mois en janvier 1899. Son mois de naissance serait donc décembre mais son année de naissance serait 1831 et non 1829. Un autre Olivier Roi est né en décembre 1831. Comment peut-on être certain que notre Oliver est bien celui né en 1829?

J’ai décidé d’en savoir un peu plus sur son frère Joseph qui vivait avec lui à Ferrisburgh en 1850. J’ai trouvé un acte de mariage pour un Joseph King, à Vergennes, au Vermont, en 1856, avec Charlotte Balduke (Bolduc). Ce couple a eu un enfant de sexe masculin né le 15 mai 1857 à Vergennes. Je perds leur trace par la suite. Mais j’ai tout de même trouvé un Joseph King, né en 1831, au Canada, avec sa femme Charlotte, née en 1838, au Vermont, et son fils Augustus, né en 1857, au Vermont. qui vivait à Sparta, au Wisconsin, en 1860, soit la même ville où a émigré sa nièce Marie Louise au début des années 1870. Cela semble concorder avec notre couple du Vermont.

Joseph King, qui vit au Wisconsin, y est décédé en 1904. Son acte de décès ne mentionne que le nom de sa mère, soit Mary. Sa date de naissance était le 1er janvier 1832. Ça me satisfait, la date de naissance de Joseph Roi, frère d’Olivier Roi, né en 1829 à Maskinongé, est la même mais en 1831. De plus, selon l’acte de mariage de Joseph en 1876, ses parents sont Oliver et Louise King (les parents d’Olivier, né en 1829 et de Joseph né en 1831 sont Olivier Roi et Louise Leblanc). Parfait, nous y sommes! J’ai commandé l’avis de décès de Joseph mais je ne l’ai pas encore reçu. Le résumé de cet avis mentionne que Joseph avait été marié trois fois. Avec l’aide des recensements et les actes du Wisconsin, j’ai pu en déduire que Joseph King, comme nous le savons déjà, s’est d’abord marié avec Charlotte Balduke et qu’ils ont eu au moins un autre enfant, une fille prénommée Charlotte, née en 1862 au Wisconsin (selon son acte de mariage). Au recensement de 1870, Joseph était marié à Addie qui est décédée en 1875. En 1876, Joseph s’est marié à Mary A. Brown.

J’effectuerai d’autres recherches sur Joseph King. Mais maintenant que nous pouvons établir qu’Oliver et Joseph étaient frères, arrêtons-nous un moment sur leurs parents.
Olivier Roi et Louise Leblanc se sont mariés en 1825, à Maskinongé, au Québec. Ils ont eu 4 enfants, soit Marie-Louise (1827), Olivier (1829), Joseph (1831) et Clarisse (1833) qui est née après le décès de son père. Clarisse n’a jamais quitté le Canada.

Divers documents semblent suggérer qu’Oliver et Joseph ont probablement émigré aux États-Unis vers 1848. Tous les deux étaient forgerons.

Lorsque je recevrai les avis de décès que j’ai commandé pour Joseph King et Marie Louise King Tourville, je mettrai cet article à jour.

De plus, plusieurs documents concernant la vie de Joseph King au Wisconsin sont disponibles. Je ferai une mise à jour sur lui également.

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52 ancêtres en 52 semaines : #1 Jeanne Garnier (1683 – ?)

Les archives nous réservent parfois de belles surprises. Prenons le cas de Jeanne Garnier, enlevée avec plusieurs membres de sa famille par les Iroquois en novembre 1689 à Lachenaie. Comment peut-on même espérer connaître le sort qui lui a été réservé? Mais avant d’en venir à Jeanne, remettons-nous en contexte.

Dans son mémoire de maîtrise, Le Premier demi-siècle de Lachenaie (1670-1724), Mario Nadon avance une explication concernant l’absence de certains membres de la famille Hubou dans les actes de décès des registres paroissiaux de l’époque.

Mathieu Hubou et Suzanne Betfer ont eu neuf enfants. En novembre 1689, Suzanne est veuve depuis déjà onze ans et au moins cinq de ses enfants sont toujours vivants. Elle habite avec deux de ses fils, toujours célibataires, Mathieu, 36 ans, et Charles, 24 ans. Ses deux filles sont mariées : Geneviève, à Julien Garnier, et Anne, à René Sauvageau. Jean Hubou est marié depuis un an à Marguerite Goulet. Tous habitent la seigneurie de Lachenaie.

Le conflit franco-iroquois sévit depuis quelques années déjà et, en août 1689, le village de Lachenaie est attaqué par les Iroquois. Effrayés, ses habitants se réfugient dans le fort. À l’automne, une certaine accalmie les encourage à retourner sur leur terre. Cependant, dans la nuit du 13 novembre 1689, ils ont été surpris dans leur sommeil par quelque 150 Iroquois.

Le bilan est lourd. Avec cette attaque, c’est près du tiers de la population de Lachenaie qui disparaît, 33 personnes ayant été tuées ou portées disparues.

La famille Hubou a été durement éprouvée par ces événements. Suzanne Betfer et Charles Hubou seraient parmi les victimes. Un inventaire après décès du notaire Basset daté du 12 décembre 1689 confirme que Geneviève Hubou et Julien Garnier sont morts ou disparus dans la nuit du 13 novembre. Un autre document du notaire Basset, daté du 1er juin 1691 celui-là, mentionne que René Sauvageau a été tué par les Iroquois en 1689. On présume que cinq des six enfants Sauvageau ont également subi le même sort. Ce dernier document décrit également le marché passé entre Joseph Barbeau et Jean-Baptiste Hubou, procureur des successions de Mathieu Hubou et de Suzanne Betfer, de Julien Garnier et de René Sauvageau, comme étant un acte visant à entretenir paix et amitié entre les dites parties puisque Joseph Barbeau serait responsable de la mort de Julien et de René tués par les Iroquois.

Après ces événements, Anne Hubou quitte Lachenaie avec sa fille aînée pour s’installer à Montréal où elle épousera Moïse Hilarest en 1691. Elle mourut en 1728, à l’âge de 69 ans. Toutefois, ce drame ne semble pas avoir incité les autres membres de la famille à quitter les environs de Lachenaie. Mathieu Hubou épousera Catherine Goulet en 1694, il mourra en 1723 à St-François-de l’île Jésus. Jean Hubou disparaît entre 1696 et 1699, probablement tué au cours d’une expédition militaire. Il était le premier brigadier des gardes du marquis de Denonville. Sa veuve épouse Michel Feuillon en 1699.

La seule survivante de la famille Garnier serait donc Geneviève, qui avait 7 ans au moment de l’attaque. Son oncle maternel, Mathieu Hubou Deslongchamps fils, est son tuteur comme en fait foi un acte de tutelle daté de janvier 1698. Elle serait la seule héritière de ses parents.

Le 12 juin 1702, à l’âge de 20 ans, Geneviève épouse Jean Rochon (ou Rocheron) à St-François-de-Sales de l’île Jésus. Assistent à la cérémonie Jean Beauchamp, Pierre Beauchamp, Mathieu Hubou, son oncle et tuteur, Catherine Goulet, sa tante, épouse de Mathieu.

Or, un document daté du 27 juin 1706 et disponible sur le site de BANQ nous apprend que Julien Garnier serait décédé mais que sa fille Jeanne, faite prisonnière avec lui, serait, selon la rumeur publique, toujours vivante, aurait épousé un Amérindien et vivrait chez la nation iroquoise Oneyoutes.

On peut presque imaginer la panique de Jean Rocheron qui s’adresse à l’intendant Raudot pour s’assurer de pouvoir jouir de l’héritage de sa femme. Il affirme que la terre de Julien Garnier a été abandonnée et laissée en mauvais état et qu’il ne compte pas les travaux qu’il a dû accomplir, à sa charge, pour mettre en valeur ce bien. Il mentionne qu’on a toujours cru Jeanne Garnier décédée et qu’il ne pense pas qu’elle reviendra vivre parmi les siens puisqu’elle vivrait désormais « à la façon des Sauvages ». L’intendant Raudot tranche et déclare que Jean Rocheron peut prendre possession des biens de Julien Garnier à la condition d’en remettre la moitié à Jeanne si jamais elle revient de captivité. Le document fait également état de la décharge de Mathieu Hubou Deslongchamps, en sa qualité de tuteur. Ce biens sont tous situés à Lachenaie.

Un autre document du notaire Nicolas Senet, daté du 15 juillet 1711, mentionne également que Jeanne Garnier a été adoptée par les Iroquois. Ce document porte sur une transaction effectuée entre Jean Rocheron et Mathieu Hubou.

Geneviève et Jean ont eu 13 enfants. Geneviève décède en 1758 à l’âge de 76 ans sans avoir jamais revu sa soeur.

En terminant, voici la liste des disparus de la famille Hubou après la nuit du 13 novembre 1689 :

  • Suzanne Betfer, env. 55 ans
  • Charles Hubou, 24 ans
  • Julien Garnier, 40 ans
  • Geneviève Hubou, 33 ans
  • Pierre Garnier, 10 ans
  • Jeanne Garnier, 6 ans
  • Charles Garnier, 5 ans
  • Michel Garnier, 4 ans
  • Marguerite Garnier, 1 an
  • René Sauvageau, env. 67 ans
  • Marguerite Sauvageau, 8 ans
  • Marie-Thérèse Sauvageau, 7 ans
  • Flavie Sauvageau, 5 ans
  • Bernard Sauvageau,  2 ans
  • Marie Sauvageau, 1 an

Bibliographie :

Mario Nadon, Le Premier demi-siècle de Lachenaie (1670-1724)

Claude Martel, Lachenaie : du fort à la ville


« Un petit pas pour l’homme… » – Où étiez-vous le 20 juillet 1969?

Si on me demandait quel événement a le plus marqué mon enfance, ce serait assurément celui-là. Le jour où Neil Armstrong et Buzz Aldrin ont marché sur la lune.

La une des journaux au Kennedy Space Center (Floride, USA)

La une des journaux au Kennedy Space Center (Floride, USA)

Mes parents avaient séjourné dans les années 50 à la Pension Langlois au Lac Sainte-Marie, à Nominingue dans les Laurentides. Mes parents adoraient les ballades en voiture et ils en ont été privés pendant quatre longues années. Ce n’est pas vraiment surprenant qu’au printemps de 1968, mon père, au volant de sa nouvelle Impala 68, nous aient emmenés à Nominingue. Y allions-nous en éclaireurs pour trouver un endroit où passer les vacances d’été ou le hasard nous a-t-il menés jusque là et mes parents ont eu l’idée sur place de trouver un endroit pour les trois semaines de vacances de mon père?

Peu importe, bien évidemment, avec trois jeunes enfants, la Pension Langlois était hors de question. En faisant le tour du lac, nous avons vu des affiches annonçant des camps à louer et nous nous sommes retrouvés à la ferme chez Ovila Paiement qui avait trois camps à louer, le petit camp blanc, le grand camp blanc et le camp rose. Si mon souvenir est bon, nous avons même dormi dans le « petit camp blanc » ce samedi-là, ce qui me laisse croire que cette virée à Nominingue n’était pas prévue.

Un an plus tard, nous avons répété l’expérience et bien sûr, le 20 juillet 1969, nous étions au « petit camp blanc » à Nominingue. Il y a de cela quelques années, j’ai dit à ma mère : « Non mais quelle chance que papa adorait regarder le match des Expos à la télé le samedi soir, sinon nous n’aurions pas vu l’homme marcher sur la lune! » Et elle, de me répondre : « Non, c’est le contraire, nous avions loué une télé pour les vacances en 1969 même si ça représentait une dépense assez importante pour nous parce que ton père se disait que ça aurait été dommage de manquer ce moment historique. Ton père y a pris goût et il a continué de louer une télé par la suite pour regarder le match de baseball du samedi soir. »

Je reconnais bien là mon père, il était si curieux de tout. En tout cas, je suis bien contente qu’il ait loué ce téléviseur pour les vacances, parce que je me souviens très bien de ce moment et qu’ensuite, nous avons couru dehors et regardé tout là-haut, avons pointé la lune et avons dit : « Ils sont là, en ce moment?! Wow! »

« If you believe they put a man on the moon… ».

Et vous, où étiez-vous ce 20 juillet 1969?