Je l’avoue, Blanche est l’un de mes prénoms préférés. Et j’adore cette photo de Blanche Tourville Brown (fille aînée de Peter Ovide Tourville et d’Anna Schenot), née au Nebraska en 1899, photographiée ici en compagnie de ses deux filles, Nadine et Betty Jean, nées respectivement en 1919 et 1922. Dès que je l’ai vue, j’ai immédiatement pensé à une illustration de Marcel Marlier, à qui l’on doit la célèbre série Martine publiée la première fois en 1954 par la maison d’édition belge Casterman. La photo, que je trouve très touchante, a probablement été prise à la fin des années 20.
Les statistiques
Lettre B : seulement 2 % de l’alphabet chez les Hubou-Tourville.
Le plus populaire est sans contredit Béatrice, que ce soit au Québec ou aux États-Unis. Il y a également quelques Blanche et Barbara. Sans oublier notre Barbe Hubou, née au début du XVIIe siècle! Chez les hommes, la lettre B n’était pas très populaire. Outre Bonaventure au Québec, on retrouve aux États-Unis Bernard, Bertram, Buil et Benjamin Franklin (of course!).
Le plus rigolo
Pas assez de choix pour déterminer un gagnant mais j’avoue que le prénom de Barbe n’effectuera probablement jamais un retour au XXIe siècle!

Le ChallengeAZ 2016 est proposé par Sophie Boudarel de La Gazette des ancêtres
Bon, je triche déjà! Adolida n’était pas une Tourville, mais ma grand-mère maternelle. Choisi par sa mère (illettrée), et sans doute celui d’une comédienne du XIXe siècle, on m’a raconté qu’elle détestait son prénom. Peu importe, il n’était pas au goût des religieuses non plus puisque introuvable parmi les saintes. « Quelle sorte de parents avez-vous? Ils auraient aussi bien pu vous appeler Chaise ou Table! » En tout cas, elle n’était pas la seule! Quatre autres Adolida sont énumérées dans le recensement canadien de 1921 (deux nées la même année qu’elle). Et vous, connaissez-vous une Adolida?

Avant son mariage avec ma mère, mon père, mécanicien dans l’aviation, a été appelé à travailler dans le « Grand Nord », comme on disait à l’époque, à proximité de Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest. Dans la collection familiale, se trouvait une grosse bobine de film 8 mm dont les images ternies étaient d’un ennui mortel, tout y était blanc délavé (!). Mes parents se sont échangé plusieurs lettres durant ces quelques mois, mais les ont détruites après leur mariage. Ça n’appartenait qu’à eux disaient-ils. Il y a en effet des choses qui doivent demeurer secrètes.
Hériter de lettres « payantes » au Scrabble donnait toujours lieu à une certaine compétition entre ma mère et ma soeur aînée lors d’une de leurs parties. Dans l’excitation du moment, il arrivait quelquefois que ma mère, l’air triomphant, forme son mot grâce à sa mémoire prodigieuse. « Maman, qu’est-ce que tu fais-là?! » Ma mère de répondre : « Ce mot existe, veux-tu contester? » Et ma soeur de répliquer : « Ben, tu dois l’accrocher à une lettre, pas le mettre tout simplement au milieu du jeu sur la case du mot qui compte triple en plus! »
N’est-ce pas le rêve de tout généalogiste de trouver une telle photo? Bon, je sais, vous vous demandez ce qu’elle a de si extraordinaire. Cette photo a été prise environ 15 ans avant le mariage de mes parents. C’est qu’ils étaient cousins et ce cliché est le seul que j’aie d’eux bien avant qu’ils ne soient amoureux. Ma mère m’a raconté que mon père l’aidait à réciter ses leçons (il était son aîné de plus d’une dizaine d’années). Je trouve cela très touchant sachant que mon père n’a pas eu la chance de fréquenter l’école primaire plus de trois ans.
Mes parents, alors fiancés, passèrent des vacances à la Pension Langlois, à Nominingue, au Lac Sainte-Marie, accompagnés de ma grand-mère maternelle. D’après ce que ma mère nous a raconté, sa mère était un chaperon très zélé et si elle semblait boudeuse sur le film 8mm c’est que les amoureux s’étaient éloignés un peu trop longtemps à son goût. Je doute que ce « longtemps » ait dépassé le quart d’heure, car ma grand-mère veillait au grain. Le bonheur de ces vacances transpire dans toutes leurs photos! Assez pour nous y emmener en vacances à notre tour dans les années soixante.
Avant son mariage, ma mère confectionnait toutes ses robes et autres tenues à partir de patrons, mais les tissus, les imprimés et les couleurs qu’elle choisissait en faisaient quelque chose d’unique. Il y en a plusieurs que je trouve splendides mais celle que je préfère est assurément celle-ci. Je me dis que c’est peut-être parce qu’elle la porte dans un film couleur 8mm tourné à Nominingue dans les Hautes Laurentides, lors de vacances avec sa mère (son chaperon!) et mon père avant leur mariage. La robe était noire et blanche et le collet et la boucle à l’arrière étaient jaunes.