52 ancêtres en 52 semaines : #11 William Thomas (1819-1901)

William Thomas est né le 27 décembre 1819, à St-Benoît, comté de Deux-Montagnes au Québec. Ses parents étaient Walter Thomas, du pays de Galles en Grande-Bretagne, et de Marguerite Paradis, une Canadienne-française. Ils se sont mariés à l’église anglicane de Lachine, au Québec, le 26 octobre 1818. Un dénommé Walter Thomas a émigré en Nouvelle-Écosse en 1818. Il s’agit peut-être de la même personne.

William Thomas est le premier né du couple. J’ai trouvé huit autres enfants pour ses parents, tous ont été baptisés à l’église catholique à l’exception d’une pour laquelle je n’ai pas trouvé de date de naissance. William a principalement vécu avec sa famille à St-Benoît, Ste-Scholastique, Rigaud et St-André d’Argenteuil, au Québec. Les parents de William, Walter et Marguerite, ont émigré aux États-Unis, dans le comté de Franklin, dans l’État de New York. Le recensement américain de 1840 indique qu’ils habitaient à Westville, et celui de 1850, à Constable. Walter est décédé entre 1875 et 1880 et Marguerite, entre 1870 et 1875, tous deux habitant à Westville à ce moment-là.

Avant 1842, William a épousé Ann (Todd?), probablement au Canada. Il semblerait qu’ils soient arrivés dans le comté de Franklin au début des années 1850. Le recensement américain de 1900 indique 1851 comme étant l’année de l’immigration pour William bien qu’un de leurs enfants soit supposément né au Canada en 1852.

William et Ann apparaissent dans le recensement américain de 1850 à Constable, NY. Le premier enfant né dans l’État de New York naît en 1853.

William et Ann ont eu au moins dix enfants :

  • Walter, né env. 1842, au Canada
  • Elizabeth, née env. 1845, au Canada
  • Margaret, née env. 1848, au Canada
  • Clarissa, née env. 1850, au Canada
  • Mary A, née env. 1850, au Canada
  • George, né en février 1852, au Canada
  • John, né le 25 juillet 1853, État de NY
  • Rebecca, née env. 1856, État de NY
  • Adelia, née en octobre 1860, État de NY
  • William, né en juillet 1863, État de NY

On m’a dit que le nom de famille d’Ann était Todd mais je n’ai pas encore de preuves. Je dois faire d’autres recherches sur elle. Peter Thomas, le frère de William, a épousé Christiana Todd en 1861. Il pourrait s’agir de la jeune soeur d’Ann. Son père se nommait Thomas Todd et sa mère se prénommait Anna.

Ann est né en 1822 environ, au Canada. Elle est décédée le 1er novembre 1864, à Westville, NY, à l’âge de 42 ans. Elle a été inhumée dans le cimetière de la ville, le Briggs Street Cemetery. William a été inhumé à ses côtés.

Au début de 1865, William Thomas a épousé Julia Tourville. Julia a fait l’objet d’un article qui se trouve ici.

Ils ont eu sept enfants, seulement six ont été identifiés :

  • William Charles, né le 24 décembre 1865, décédé en 1946
  • Juliette, née en juillet 1867, décédée en 1959
  • Ada, née en août 1869, décédée 1942
  • Ulysses Grant, né le 13 mars 1873, décédé le 29 août 1958
  • Bertha, née en juin 1880, décédée en 1962
  • Pearl, née en janvier 1885, décédée en 1936

Depuis son arrivée aux États-Unis, William Thomas est agriculteur. Voilà une nouvelle recherche pour moi dans le comté de Franklin concernant les acquisitions de terre par William. Comme le recensement américain de 1900 indique qu’il a été naturalisé, je pourrai également vérifier s’il y a des documents intéressants le concernant.

Je n’ai pas trouvé d’avis de décès pour William Thomas. Il est décédé le 15 juillet 1901, à l’âge de 81 ans et a été inhumé dans le Briggs Street Cemetery à Westville.

En terminant, voici une photo de Wiliam Thomas avec sa deuxième femme, Julia Tourville. Est-ce que cette photo aurait été prise au moment de leur mariage? Elle avait 22 ans et elle était très jolie. Il en avait 45.

Julia Tourville et William Thomas (1865?)

Julia Tourville et William Thomas (1865?)

 


 

52 ancêtres en 52 semaines est un défi lancé par Amy Johnson Crow. Pour en savoir plus, cliquez sur l'image (site en anglais).

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52 ancêtres en 52 semaines : #10 Julia Thomas Davenport (née Tourville) (1843-1915)

Charles Tourville et Sophie Arpajou ont eu huit enfants qui ont survécu jusqu’à l’âge adulte, quatre fils et quatre filles. Poursuivons donc avec l’une de leurs filles, Julia Tourville, née au Vermont en 1843.

Je n’ai pas la date de naissance exacte de Julia. Le recensement américain de 1900 indique qu’elle serait née en octobre 1843, ce qui est plausible étant donné qu’un document notarié daté du 20 octobre 1851 lui donne l’âge de 8 ans, ce qui fait qu’elle serait née au début d’octobre 1843. Les autres recensements confirment cette information à l’exception des recensements de 1850 et de 1860.

En 1860, Julia a 17 ans et travaille comme servante dans un hôtel de Chateaugay, dans l’État de New York. Elle a probablement épousé William Thomas au début de 1865 étant donné qu’elle a donné naissance à leur premier enfant le 24 décembre 1865.  Il s’agit du seul enfant de William et Julia pour lequel j’ai trouvé un baptême à l’église catholique. Au moment de son mariage, William venait tout juste de perdre sa première femme Ann, décédée le 1er novembre 1864. Selon le recensement de 1900, Julia aurait eu sept enfants dont six sont encore vivants à moment-là. Probablement que le septième est décédé en bas âge étant donné que je n’ai pas trouvé trace de cet enfant jusqu’à maintenant. William et Julia ont vécu toute leur vie dans le comté de Franklin, dans le nord de l’État de New York.

Voici les enfants que j’ai pu identifier jusqu’à maintenant :

  • William Charles, né le 24 décembre 1865, décédé en 1946
  • Juliette, née en juillet 1867, décédée en 1959
  • Ada, née en août 1869, décédée 1942
  • Ulysses Grant, né le 13 mars 1873, décédé le 29 août 1958
  • Bertha, née en juin 1880, décédée en 1962
  • Pearl, née en janvier 1885, décédée en 1936

Selon les recensements, William et Julia habitaient à Constable, NY après avoir tout d’abord vécu à Fort Covington, au moins jusqu’en 1880. En 1900, ils vivaient à Brandon, ou plus précisément dans le village de Skerry, sur une ferme. William Thomas est décédé le 15 juillet 1901 et a été inhumé au cimetière de Briggs Street, à Westville, auprès de sa première épouse.

Pendant des années, j’ai tenté de retracer Julia après la mort de William et finalement, c’est une descendante de la famille Thomas qui m’a mise sur une nouvelle piste. Des articles de journaux de la ville de Malone ont résolu le mystère.

En effet, le 7 novembre 1906, The Malone Farmer a fait l’annonce suivante concernant Julia :

« Mrs. Julia Thomas is repairing her house. J. H. Davenport is doing the work. »

[Traduction]

« Mme Julia Thomas fait faire des rénovations à sa maison. J.H. Davenport s’occupe des travaux. »

J’ai l’impression qu’ils ont joint l’utile à l’agréable puisqu’un nouvel article daté du 19 décembre 1906 nous apprenait ceci :

« The many friends of Gail (sic) Davenport and Mrs. Julia Thomas were surprised to learn of their marriage last Thursday. Mrs. Thomas was an old resident of Brandon and was loved and respected by all. Mr. Davenport has made his home here for several years and was kind and charitable. The happy couple will reside at the home of the bride. Many friends wish them much joy in their new relation. »

[Traduction]

« Les nombreux amis de Gail (sic) Davenport et de Mme Julia Thomas ont été étonnés d’apprendre la nouvelle de leur mariage jeudi dernier. Mme Thomas habite à Brandon depuis de nombreuses années et est respectée de tous. M. Davenport est venu s’installer parmi nous il y a plusieurs années et il est aimable et charitable. L’heureux couple résidera à la résidence de la mariée. Nombre de leurs amis leur souhaitent le plus grand des bonheurs dans leur nouvelle relation. »

Le 19 août 1908, The Malone Farmer, rapportait que Julia était très malade. Heureusement, une dizaine de jours plus tard, le journal annonce qu’elle se porte mieux. Est-ce en raison des problèmes de santé de Julia que le couple décide, vers la fin de cette année-là, de vendre la ferme ou la « résidence de William Thomas » comme le journal la nomme, à Henry Larock, du Vermont? Il semblerait qu’ils aient décidé de vivre dans la maison de Joel à Skerry puisqu’en janvier 1910, ils quittent cette maison pour leur ferme de Dickinson où ils reçoivent de nombreux visiteurs, comme leurs petits-enfants, en 1913.

En 1914, lorsqu’ils reçoivent la visite de John Davenport, fils de Joel, du New Hampshire, le couple vivait désormais à Brushton.

Julia est décédée le 7 février 1915 à Brushton et a été inhumée au cimetière sur Gale Road, le cimetière Sunnyside. J’ai trouvé un dernier article la concernant dans The Malone Farmer :

« The many friends of Mrs. Joel Davenport were shocked to hear of her sudden death which occurred at her home in Brushton Sunday evening Feb. 7th. Mrs. Davenport suffered a very severe attack of pneumonia several months ago, and since which time she has suffered with a weakness of the heart which was the direct cause of her death after an illness of less than one hour at the age of 73 years. Mrs. Davenport’s first husband was William Thomas. They with their family moved to this place from Fort Covington about thirty years ago, where they lived until his death fourteen years ago. Eight years ago she married Joel Davenport who survives her, together with six children. Mrs. Bert Eseltine, of Dickinson, Mrs. Joseph French, Mrs. Albert Eseltine, William and Grant Thomas of this place and Mrs. Joseph Cling of Defemet, N.Y., Mrs. Chas. McElwain and George Thomas also of this town are step children. The funeral was held from the Christian church at Brushton Tuesday afternoon, Rev. Shaw officiating. Interment at Brushton. To the aged husband and family a large circle of friends extend their sympathy in the loss of a faithful and loving wife and mother. »

[Traduction]

« Les nombreux amis de Mme Joel Davenport ont été bouleversés d’apprendre son décès soudain qui est survenu dimanche dernier, le 7 février, à son domicile de Brushton. Mme Davenport a attrapé une pneumonie il y a plusieurs mois et son coeur en a souffert. Elle s’est éteinte une heure après avoir eu une crise cardiaque à l’âge de 73 ans. Le premier époux de Mme Davenport était William Thomas. Julia et sa famille avaient quitté Fort Covington il y a plus de 30 ans pour s’installer dans notre ville où ils ont habité jusqu’au décès de William il y a de cela 14 ans. Il y a huit ans, elle avait épousé Joel Davenport qu’elle laisse dans le deuil ainsi que six enfants, soit Mme Bert Eseltine, de Dickinson, Mme Joseph French, Mme Albert Eseltine, William et Grant Thomas, tous de cette ville et Mme Joseph Cling (sic) de Deferiet, NY. Elle laisse également dans le deuil Mme Charles McElwain et Mme George Thomas, aussi de cette ville, enfants issus du premier mariage de William Thomas. Les funérailles, célébrées par le révérend Shaw, ont eu lieu à la Christian Church de Brushton mardi après-midi. L’inhumation a eu lieu à Brushton. Au mari âgé, à la famille et aux nombreux amis de la défunte, nous offrons nos sympathies pour la perte d’une épouse et d’une mère aimante. »

 

Ces articles me donnent beaucoup de pistes à suivre pour la suite. Tout d’abord, William Thomas possédait une ferme, peut-être plus qu’une. Je dois donc aller vérifier les registres pour les ventes et achats de terre du comté de Franklin, soit à Malone, NY ou lors de mon prochain voyage à Salt Lake City. C’est une chance pour moi qu’ils aient habité toute leur vie dans le même comté. Ensuite, j’aimerais dénicher les avis de décès des enfants de Julia, je pourrais en apprendre plus sur la famille.

En terminant, voici une photo de Julia Tourville avec son premier mari, William Thomas. Est-ce que cette photo aurait été prise au moment de leur mariage? Elle avait 22 ans et elle était très jolie. Il en avait 45.

Julia Tourville et William Thomas (1865?)

Julia Tourville et William Thomas (1865?)

Son second époux, Joel H. Davenport, est décédé en 1920 au Massachusetts alors qu’il était en visite chez sa nièce.

Si vous désirez en savoir plus sur William Thomas, j’ai rédigé un article le concernant ici.


 

52 ancêtres en 52 semaines est un défi lancé par Amy Johnson Crow. Pour en savoir plus, cliquez sur l'image (site en anglais).

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Fichier Origine : consultez-le souvent!

Si vous faites de la généalogie sur vos ancêtres canadiens-français, vous connaissez sans doute le Dictionnaire généalogique des familles du Québec – des origines à 1730 de René JETTÉ. Peut-être y avez-vous trouvé le nom de votre ancêtre ainsi que des informations concernant ses parents et son lieu d’origine. D’aucuns n’ont pas cette chance, n’ayant trouvé que le nom de leur ancêtre sans plus. Un exemple, le nom de mon arrière-arrière (8X) grand-mère, Marguerite Drapeau (env. 1616-1683) s’y trouve. La seule information concerne son mariage à La Rochelle, sans autres détails.

L’historien Yves Landry a eu la bonne idée de donner suite au travail accompli par René Jetté. Mis en oeuvre par Marcel Fournier, généalogiste renommé au Québec, lequel s’occupe également de sa coordination, le Fichier Origine constitue un complément du Dictionnaire de René Jetté. Le projet avait d’abord été proposé à la Fédération québécoise des sociétés de généalogie puis a été entériné par la Fédération française de généalogie. Le site présente un historique complet de cette base de données.

Qui trouverez-vous dans cette base de données? Votre ancêtre, s’il est né en France et a émigré en Nouvelle-France. Si l’acte de baptême n’y est pas, tentez de trouver un de ses frères ou soeurs.

Le nom de Marguerite Drapeau se trouve dans la base de données depuis novembre 2013. J’ai maintenant le nom de ses parents, la date et le lieu de baptême de ses deux soeurs, la date  et le lieu d’inhumation de sa mère et j’ai le nom de son village d’origine : Mouzeuil-St-Martin, en Vendée.

Au 15 avril 2014, la base de données comptait 5 809 noms.

Bonne chance!

Trésor des archives : inventaire après décès de Sophie Arpajou (20 octobre 1851)

Après la lecture de l’inventaire après décès de la communauté de biens qui a existé entre Charles Tourville et Sophie Arpajou, qui a eu lieu le 20 octobre 1851, à St-Hughes, au Québec, après le décès de Sophie, je ne peux qu’imaginer ce qui a conduit Charles à demander cet inventaire.

Peut-être que Charles, qui vivait alors à Chateaugay, dans l’État de New York, a voulu tenir un conseil de famille, se demandant ce qu’il ferait de la terre qu’il possédait toujours à St-Hughes. Ses enfants majeurs, Charles et Sophia, tous deux mariés et vivant au Vermont depuis trois ans n’étaient probablement pas intéressés à tout recommencer au Québec. Ou peut-être la terre était tellement pauvre que cela ne valait même pas la peine d’y penser. Le 25 septembre 1851, Charles se rend à Ferrisburgh pour obtenir de son fils aîné Charles la procuration dont il a besoin pour vendre sa terre. Deux jours plus tard, il frappe à la porte de sa fille Sophie pour la même raison.

Cimetière de St-Hughes

Cimetière de St-Hughes

À l’automne de 1851, Charles se rend donc à St-Hughes, peut-être pour la dernière fois. Il a sans doute séjourné chez Joseph Langevin et sa femme Madeleine Arpajou, soeur de Sophie, à St-Barnabé où Joseph et Madeleine ont leur terre.

Alors que faire? Vendre la terre? Pour ce faire, Charles doit d’abord passer devant un juge afin d’obtenir un acte de tutelle pour ses enfants mineurs. Une demande a été faite le 25 septembre par l’entremise du notaire Timothée Brodeur. Le 10 octobre, devant le juge Jean Casimir Bruneau, de la Cour du Circuit de Montréal, sont élus tuteurs aux six enfants mineurs leur père Charles Tourville en qualité de tuteur et leur oncle maternel par affinité Joseph Langevin en qualité de subrogé tueur.

L’information la plus utile et la plus précieuse contenue dans cet inventaire après décès est la liste des enfants mineurs de Charles et de Sophie ainsi que leur âge au 20 octobre 1851. Veuillez noter que cette liste apparaît dans trois documents différents, tous rédigés à l’automne de 1851 et que l’information est la même d’un document à l’autre.

  • Étienne (Peter Stephen), âgé de 16 ans (né en août 1835, information exacte).
  • Marie-Édesse, âgée de 14 ans (née en janvier 1839, aurait 12 ans et non 14; en raison de la fiabilité de l’information concernant les autres enfants dans cet inventaire, j’en ai conclu que cet enfant n’est pas la “Marie-Édesse” née en 1839 mais plutôt “Dométhilde” née en 1837. Son prénom est Édith, Nettie ou Adesta dans divers documents américains. La vraie Marie-Édesse vivait toujours en 1840 mais elle est probablement décédée en bas âge au Vermont. L’âge de « Dométhilde » aux États-Unis est plus près de 1837 que de 1839. Il n’était pas rare à cette époque pour un enfant de porter le même prénom d’une soeur ou d’un frère décédé en bas âge).
  • Philomène, âgée de 10 ans (baptisée en mai 1841 au Vermont – l’information serait exacte).
  • Julie, âgée de 8 ans (née en octobre 1843 au Vermont selon le recensement de 1900 – l’information serait exacte).
  • Louis, âgé de 6 ans (né en septembre 1844, a eu 7 ans quelques semaines plus tôt – information inexacte).
  • Joseph, âgé de 5 ans (né en avril 1846 – information exacte).

Nous en sommes donc maintenant à la prise d’inventaire effectuée devant Me Timothée Brodeur et son collègue Me Joseph Amiot, notaires publics, Jacques Gendron et Lucien Houle de St-Hughes agissant en qualité d’évaluateurs. L’inventaire après décès se trouve ici et la transcription de cet acte se trouve ici.

À part la terre, les possessions de Charles se résument à bien peu : une jument, un godendard, une scie de long et une somme en espèces de 8 livres et 12 sols. La communauté n’a aucune dette active mais deux dettes passives : sont dus à J. A. Arpajou environ 459 livres pour arrérages seigneuriaux et 36 livres au notaire pour l’inventaire lui-même. Deux documents sont mentionnés : le contrat de mariage de Charles et de Sophie Arpajou daté du 31 août 1827 (date du mariage) passé devant Me Charles Bazin, acte numéro 373 ainsi que l’acte de tutelle daté du 10 octobre 1851.

La terre de Charles était située dans le fief Beauchemin, au nord de la rivière Yamaska, dans le comté de Richelieu, de deux arpents de front sur trente de long, devant la rivière Yamaska, d’un côté à Bazile Richard et de l’autre à François Lussier, par derrière au rang Barrow.

Si cet inventaire n’offre pas d’autres renseignements, d’autres documents, oui. Le récit ne se termine pas ici, la suite bientôt!

Un inventaire après décès était habituellement fait après le décès d’un conjoint alors que lui survivaient un ou des enfants mineurs. Il était habituellement fait avant le remariage du conjoint survivant pour protéger l’héritage des enfants mineurs. Bien entendu, les gens sans biens ni argent n’avaient aucun intérêt à en faire dresser un.

Base de données sur les voyageurs : une mine d’or pour les chercheurs et notre famille

Il y a quelques mois j’ai découvert une base données en ligne pour les voyageurs. Il s’agit là d’une vraie mine d’or pour les généalogistes qui recherchent leurs ancêtres canadiens-français. Cette base de données contient des renseignements sur environ 35 900 contrats pour la traite des fourrures qui ont été signés devant des notaires montréalais pour la période allant de 1714 à 1830. Ce projet a été amorcé par la Société historique de St-Boniface au Manitoba.

Vu l’absence de recensements au cours de cette période, cela nous permet de suivre les traces ou le parcours de certaines personnes qui ont signé plus d’un contrat. Vous cherchez des descendants de votre ancêtre et vous n’arrivez pas à les trouver? Cette base de données pourrait vous donner de nouvelles pistes de recherche. De plus, comme il est possible de faire une recherche par paroisse, vous pouvez trouver aisément les parents ou les voisins de votre ancêtre qui sont peut-être partis avec lui. Et si votre ancêtre portait plusieurs noms ou prénoms ou si ceux-ci ont été mal orthographiés, vous pouvez peut-être trouver un contrat qui vous aurait échappé si vous n’avez pas fait la recherche par paroisse.

Pour y jeter un coup d’oeil, en connaître plus sur les paramètres de recherche ou son historique, la base de données se trouve ici.

La famille Hubou-Tourville et la base de données des Voyageurs

Jusqu’à maintenant, j’ai pu retracer les documents suivants grâce à cette base de données :

Comme vous pouvez le constater, beaucoup de travail encore pour moi! 😉

Trésor des archives : plan d’une partie de la seigneurie de Barrow (St-Hughes), Bas-Canada

Avec cet article, je lance une nouvelle série, « Trésor des archives », dans laquelle je partagerai avec vous mes découvertes, récentes ou anciennes, de documents trouvés dans divers dépôts d’archives.

Je travaille présentement à la transcription d’actes notariés pour le couple de Charles Tourville et Sophie Arpajou et j’ai trouvé par le plus pur des hasards ce plan sur le site des Archives nationales du Québec. Il est impossible de sauvegarder l’image alors cette impression d’écran n’est pas trop bonne. À ma prochaine visite aux archives, j’en demanderai une copie. Cependant, en cliquant sur l’image, vous aurez accès à l’image de la BANQ et pourrez ainsi l’agrandir.

Plan du fief Bourchemin-Est, dans la seigneurie de Barrow (St-Hughes aujourd'hui), divisé en lots à l'été de 1822

Plan du fief Bourchemin-Est, dans la seigneurie de Barrow (St-Hughes aujourd’hui), divisé en lots à l’été de 1822

Ce qui est formidable avec ce plan, c’est que nous avons maintenant une meilleure idée où étaient situées les terres de Charles Tourville, d’Antoine Hébert-Lecompte et de Catherine Tourville (soeur de Charles) ainsi que de bien d’autres. Nous savons également que François Tourville était le voisin de son frère Charles pendant un certain temps. J’essayerai de trouver le numéro de son lot.

Si vous regardez à gauche, vous pouvez lire le nom d’Antoine Hébert-Lecompte, lot 43. Le lot 44 était la propriété de Louis Girard mais nous savons qu’il l’a vendu à Charles Tourville en 1827. Les lots 38-39 sont la propriété des Plourde, belle-famille de la soeur de Sophie Arpajou.

En cliquant sur ce lien, vous pourrez voir où le se trouve le chemin Bourchemin aujourd’hui sur Google Maps.

C’est très excitant tout ça! 😉

52 ancêtres en 52 semaines : #9 Joséphine Cantin (1830-1909)

Je suis absente de chez moi cette semaine et je n’ai pas accès à mes dossiers. Je vais donc sauter une semaine pour les enfants de Charles Tourville et de Sophie Arpajou.

Joséphine Cantin est mon arrière-arrière-grand-mère maternelle. En fait, elle est également mon arrière-arrière-grand-mère paternelle. Mes parents étaient cousins germains, j’ai donc plusieurs doublons dans mon arbre mais j’avoue avoir été surprise l’année dernière lorsque j’ai découvert que la grand-mère de Joséphine était Josephte Hubou-Tourville, fille de Jérôme Hubou-Tourville et de Catherine Brunet. Une autre lignée de Tourville dans mon arbre!

Née à Lachenaie en 1830, fille de Nicolas Cantin et de Clémence Content, Joséphine a épousé Antoine Laneuville le 3 mai 1858, à l’église Notre-Dame de Montréal. Antoine avait perdu sa femme un an plus tôt, Adélaïde Laurendeau, avec qui il avait eu 10 enfants. Vous pensez sans doute que mon logiciel de généalogie a identifié Adélaïde Laurendeau comme étant ma « belle-arrière-arrière-grand-mère ». Pas du tout! Il s’agit de mon arrière-arrière-grand-tante puisque sa soeur Esther Laurendeau est mon arrière-arrière-grand-mère paternelle (et aussi mon arrière-arrière-grand-mère maternelle bien sûr!). Vous suivez toujours?

Joséphine Cantin, épouse d'Antoine Laneuville, avec ses deux fils, Napoléon sur ses genoux, et Joseph, mon arrière-grand-père.

Joséphine Cantin, épouse d’Antoine Laneuville, avec ses deux fils, Napoléon sur ses genoux, et Joseph, mon arrière-grand-père.

Joséphine doit être l’ancêtre la plus éloignée pour laquelle j’ai une photo. Celle-ci a été prise autour de 1864-65 puisque mon arrière-grand-père est né en 1861 et qu’il n’a pas plus de 4-5 ans sur cette photo. Antoine est décédé en juillet 1867 à l’âge de 52 ans. Je me demande bien pourquoi il n’est pas sur cette photo. Peut-être était-il malade?

Joséphine est décédée en 1909 et inhumée au cimetière Notre-Dame-des-Neiges à Montréal.

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52 ancêtres en 52 semaines : #8 Philomena Tourville (1841-?)

Citation

Charles Tourville et Sophie Arpajou ont eu huit enfants qui ont survécu jusqu’à l’âge adulte, quatre fils et quatre filles. Commençons donc par l’une de leurs filles, Philomena Tourville, née au Vermont en 1841.

Pendant longtemps j’ai cru que Philomena était en fait Dométhilde Tourville, née en 1837. J’ai vu je ne sais combien de fois un enfant baptisé sous un nom en porter un autre tout au long de son existence. Ce n’est que l’an dernier que j’ai découvert que Philomena était tout simplement Philomena et non pas Dométhilde (je reviendrai sur le cas de Dométhilde dans un autre article, je ne veux pas tout révéler maintenant) en consultant le répertoire de baptêmes de St. Mary’s, paroisse catholique de Burlington, au Vermont :  Philomena Corver, fille de Charles Corver (pour Courville) (sic) et Sophia Harparper, baptisée le 16 mai 1841.

La première fois que j’ai vu le nom de Philomena, c’était dans les entrées de l’église St. Patrick, de Chateaugay, dans l’État de New York. Elle était la mère de Maria Clara Bauchemin, le parrain étant Joseph Tourville (le frère de Philomena ou son neveu peut-être) et Maria Gillier (sa nièce).

Bauchemin Maria Clara 9 Apr 1865 29 Mar 1865 Edward & Philomena Tourville Joseph Tourville & Maria Gillier

Pendant longtemps j’ai cherché à retracer Edward Bauchemin et Philomena Tourville dans les recensements ou d’autres répertoires paroissiaux, mais en vain. Bien sûr, j’étais certaine que Philomena était bien la fille de Charles et de Sophie puisque son nom était inscrit dans l’inventaire après décès de Sophie Arpajou, daté du mois d’octobre 1851. Ce qui m’a intrigué pendant longtemps était l’absence de Philomena dans le recensement américain de 1850. Ce n’est lorsque j’ai retrouvé son baptême l’an passé que j’ai réalisé que la Meranda Tourville qui vivait avec Charles Tourville Jr à Ferrisburgh en 1850 était en fait Philomena.

De plus, il y a environ dix ans, j’avais lu sur un forum généalogique qu’un M. Daniels cherchait désespérément à retrouver les parents de son arrière-arrière-grand-mère Mary Tourville, épouse de Dwight Daniels. Il savait que Mary ne parlait que le français, que Dwight était né à Vergennes, au Vermont, que leur fils aîné William était né au Vermont également, que le couple était parti pour Westville, dans l’État de New York quelques années plus tard où leur fils John était né. Il indiquait également que la famille avait émigré à Grand Haven, au Michigan où Dwight avait trouvé un travail pour la compagnie du chemin de fer.

Quand j’ai pris connaissance de tout ceci, j’étais convaincue que « Mary » était « Marie-Édesse » ou « Edith » dans le recensement américain de 1850. Mon hypothèse tenait la route puisque c’était la seule personne pour laquelle j’avais perdu la trace après 1850. J’ai écrit à ce M. Daniels et je lui ai dit que je trouvais qu’il y avait trop de coïncidences : les Tourville avaient vécu à Vergennes et avaient déménagé à Chateaugay, NY tout près de Westville. L’un de leur fils, Louis, était parti s’installer à Grand Haven. Il n’était pas convaincu mais m’a écrit que c’était la meilleure piste qu’il avait jamais eu. Malheureusement, M. Daniels est décédé quelques années plus tard, bien avant que je n’arrive à résoudre le mystère.

Voici la famille de Mary et de Dwight Daniels dans le recensement américain de 1880 :

1880 matilda

Comment en suis-je venue à la conclusion que Dwight et Mary était le même couple que celui formé par Edward et Philomena? Un jour, tout à coup, j’ai réalisé que Clarissa Daniels était née en 1865 au Michigan et Clara Beauchemin, en 1865 dans l’État de New York. Et si Clarissa Daniels était plutôt née dans l’État de New York et non au Michigan? Que Dwight serait Edward? J’en ai eu la preuve lorsque le répertoire de baptêmes de Vergennes au Vermont a été publié l’an dernier. Selon les registres de naissance de la ville de Vergennes, au Vermont, William Daniels, est né le 14 avril 1859, fils de Dwight Daniels (le nom de la mère n’est pas mentionné). Le répertoire de baptêmes de Vergennes indique un Guillaume (William en français) Beauchemin, baptisé le 8 mai 1859, fils d’Édouard Beauchemin et de Mary Courville. On le dit né le 14 avril 1859…

Family Search m’a également aidé : j’ai trouvé un mariage pour Edwin Daniels (né en 1870). Ses parents sont Dwight Daniels et Mary P. Tourville.

Je ne sais toujours pas ce qui est arrivé à Philomena. Selon des descendants de la famille Daniels, elle serait décédée vers 1875 à Grand Haven, au Michigan. Nous savons que Dwight Daniels s’est marié trois fois. La première fois à Philomena (acte de mariage toujours introuvable), la deuxième fois à Mary Barton, sa cousine germaine (acte introuvable). Mary est décédée de la tuberculose en 1895 à Vergennes. Le registre des décès indique qu’elle avait 36 ans. La troisième femme de Dwight est Martha Barton, également sa cousine et soeur de Mary (mariage à Vergennes en 1896). Je n’ai pas encore trouvé la date de décès de Martha mais en 1940 elle vivait avec sa fille unique et son gendre près d’Albany, dans l’État de New York. Dwight Daniels est décédé en 1914 à Vergennes.

Revenons à Philomena. Peut-être n’est-elle pas décédée en 1875 mais un peu plus tard. Après tout le recensement américain de 1880 donne le nom de May Daniels, née au Canada (nous savons que Philomena ne parlait que le français) et âgée de 40 ans (Mary Barton avait seulement 21 ans en 1880). Malheureusement je n’ai jamais trouvé la date de décès de Philomena. Une chose est sûre, elle est décédée bien avant 1895.

La chose que j’aimerais bien savoir est le moment où Dwight Daniels est revenu à Vergennes. Son avis de décès indique qu’il a toujours vécu à Vergennes sauf pour quelques années passées à Chicago.

Et les enfants? Encore tant de questions demeurées sans réponse.

  1. William, né en 1859, au Vermont, est revenu vivre dans l’État de New York, à Salamanca. Il a épousé Anna McCann (date inconnue). Il se dit parfois né au Vermont, parfois au Michigan. Il est décédé en 1914.
  2. John, né vers 1863, dans l’État de  NY, « porté disparu » depuis le recensement américain de 1880.
  3. Clarissa, née en 1865, dans l’État de NY, elle a été une infirmière dans un hôpital Asbury Hospital pendant plusieurs années. Où? S’est-elle mariée? Aucune idée. Selon la famille Daniels, elle serait décédée vers 1932. Je l’ai peut-être retracé à Duluth, au Minnesota dans un recensement d’État de 1885.
  4. Benjamin, né en 1867 au Michigan, a quitté la famille alors qu’il était très jeune après la mort de sa mère. Il ne s’entendait pas avec son père qui était méchant avec les enfants. Il s’est installée au Minnesota et y est décédé en 1935.
  5. Edwin Dwight, né en 1870, marié deux fois (1891 et 1904). Il serait décédé à Chicago vers 1944. Je ne l’ai trouvé dans aucun recensement après 1880 mais je l’ai retracé à Detroit (1891 à 1894) et à Chicago (1897) grâce aux annuaires. J’ai également trouvé un article de journal. Il a été arrêté en 1892 avec son beau-frère pour avoir mis le feu à des entrepôts.
  6. Alfred, né en 1878 (fils de la première ou de la deuxième épouse), serait décédé vers 1881 des suites de blessures imputables à des feux d’artifice.

Philomena est le seul enfant de Charles et de Sophie pour lequel je n’ai pas encore trouvé la date du décès (sauf pour les enfants morts en bas âge). Je n’arrêterai jamais de chercher!

52 ancêtres en 52 semaines est un défi lancé par Amy Johnson Crow. Pour en savoir plus, cliquez sur l'image (site en anglais).

52 ancêtres en 52 semaines est un défi lancé par Amy Johnson Crow. Pour en savoir plus, cliquez sur l’image (site en anglais).

Les enfants de Charles Tourville et de Sophie Arpajou dans le recensement américain de 1850

Avant de vous raconter l’histoire de chacun des enfants de Charles Tourville et de Sophie Arpajou dans les prochaines semaines, j’ai pensé que ce serait une bonne idée de commencer par le début et de vous informer sur le lieu de résidence de chacun d’entre eux après le décès de leur mère en 1850.

Est-ce que la famille vivait au Vermont avant le décès de Sophie Arpajou? Est-elle décédée à Ferrisburgh ou à Vergennes? Nous savons qu’elle a eu des jumeaux en 1848, tous deux ayant été baptisés à l’église St. Mary’s de Burlington (il n’y avait pas de prêtre résidant à Vergennes à cette époque).

Voyons voir. Charles fils a épousé Julia LeClair probablement à Ferrisburgh autour de 1847. Il vivait dans cette petite ville avec sa femme et leur fils de 2 ans, Henry. Philomena, soeur de Charles, âgée de 8 ans (énumérée sous le nom de Meranda), vivait également avec eux.

Recensement de la ville de Ferrisburgh, dans le comté de Addison, au Vermont, en septembre 1850

Recensement américain de la ville de Ferrisburgh, dans le comté d’Addison, au Vermont, en septembre 1850

Sophia Tourville a épousé Joseph Giguère à Ferrisburgh en 1848. Ils y habitaient toujours en 1850 avec leurs 2 enfants, Mary et Edward. Remarquez comment le nom de Giguère a été « massacré »!

Recensement américain de la ville de Ferrisburgh, comté d'Addison, au Vermont, en octobre 1850

Recensement américain de la ville de Ferrisburgh, comté d’Addison, au Vermont, en octobre 1850

Je crois qu’il est fort probable que Charles soit allé vivre avec sa soeur après la mort de Sophie. J’ai trouvé trois enfants habitant au Vermont, quatre autres vivent avec leur père, soit les plus jeunes, Édith, Julia, Louis et Joseph, à Chateaugay, dans l’État de New York.

Recensement américain de la ville de Chateaugay, dans le comté de Franklin, dans l'État de New York, 2 août 1850

Recensement américain de la ville de Chateaugay, dans le comté de Franklin, dans l’État de New York, 2 août 1850

Seul Peter Stephen (ou Étienne), âgé de 15 ans, manque à l’appel. Je suis pas mal convaincue qu’il vivait également au Vermont. Comme il était plus âgé, il travaillait probablement comme journalier dans la région et peut-être était-il chambreur et qu’il n’a pas été recensé.

Le recenseur ne prenait pas toujours ses renseignements directement auprès des membres de la famille. Ce sont souvent les voisins qui donnaient les renseignements alors les erreurs de noms ou l’inexactitude de l’âge des personnes recensées étaient plutôt monnaie courante.

 

52 ancêtres en 52 semaines : #7 – Sophie Arpajou (1811-avant 1850)

Nous avons tous une famille chouchou dans notre arbre, vous savez, celle sur laquelle on revient sans cesse parce qu’on espère trouver un petit quelque chose de nouveau. Sophie Arpajou n’est pas mon ancêtre, plutôt une lointaine cousine mais je me suis attachée à elle. 😉 J’aurais pu choisir son mari Charles Tourville pour cet article, mais tant de choses ont déjà été écrites sur lui. Place à la femme!

Tout d’abord, laissez-moi vous raconter comment j’en suis venue à faire des recherches plus poussées sur Sophie. C’était il y a longtemps, 15 ans peut-être, avant même que je n’apprenne l’existence des recensements américains, d’Ancestry, etc. Une nuit, alors que je travaillais très tard au bureau, en attendant l’approbation d’un document, pour m’aider à me tenir éveillée, je me suis mise à surfer sur Internet (pas d’Internet à la maison à cette époque). Devinez ce que j’ai fait ? Eh bien, j’ai tapé mon nom de famille bien entendu! Je faisais déjà de la généalogie à ce moment-là, travaillant sur la descendance de Mathieu Hubou et beaucoup de familles semblaient s’être volatilisées. Comme la recherche en ligne était quasi inexistante à cette époque, je devais consulter chaque répertoire de paroisse, la plupart d’entre eux ne comprenant que les mariages. Vous comprenez donc que j’avançais à pas de tortue étant donné le peu de temps que je pouvais consacrer à la généalogie. Je me souviens encore de la salle Gagnon, le samedi matin, à attendre mon tour avant de pouvoir mettre la main sur un lecteur de microfilms, et encore, pour seulement une heure. Ai-je besoin de dire à quel point le dépouillement des recensements canadiens prenait énormément de temps?

Donc, comme je le disais, j’étais au bureau, je surfais sur Internet et j’ai vu sur un forum de généalogie américain que quelqu’un cherchait des renseignements sur Antoine LaCount, marié à Catherine Tourville. J’ai donc envoyé un courriel à cette personne, Clay LaCount, à 2 h du matin et, à ma grande surprise, j’ai obtenu une réponse presque immédiatement (je n’avais pas réalisé qu’il vivait sur ​​la côte Ouest). Il me mentionne que le frère de Catherine, Charles Tourville, ainsi que ses enfants, vivaient avec les LaCount à Chateaugay, dans l’État de New York en 1850. Que selon ce qu’on raconte dans sa famille, les LaCount s’installent d’abord à Vergennes, au Vermont, à environ 200 km au sud de St-Hughes, à la fin des années 1830, mais qu’ils se sont ensuite dirigés vers Chateaugay à la fin des années 1840. Comme je le disais dans un article précédent, c’est ainsi que j’ai été initiée à la recherche généalogique aux États-Unis.

Qu’est-ce que je connais de Sophie? Elle est née en 1811 à St-Hyacinthe. Son père, Étienne Arpajou, a perdu en 1804 sa première épouse, Marie-Françoise Laprée, alors mère de cinq enfants. La mère de Sophie est Madeleine Plourde qui a épousé Étienne en 1805. Outre ses cinq demi-frères et sœurs, Sophie a 3 frères et sœurs. Sophie a épousé Charles Tourville en 1827 à l’âge de 16 ans. Au moment de leur mariage, Charles a acquis une terre dans ce qui allait devenir St-Hughes.

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Sophie semble avoir vécu à St-Hughes jusqu’aux environs de 1837. Après, la famille s’installe au Vermont. Seulement au cours de l’hiver d’abord, Charles travaillant probablement sur une ferme ou dans les usines de la région en tant que journalier comme le faisaient tant d’autres Canadiens-français à l’époque. Leur migration a-t-elle été influencée par les rébellions de 1837-1838? C’est fort probable.

Leur fille Domithilde Tourville est née le 16 février 1839 mais elle n’a été baptisée que quelque cinq mois plus tard au Québec. Il est fort possible qu’elle soit née au Vermont. Une autre fille, Philomène, a été baptisée à Burlington, en 1841. Julia serait née vers 1843, également au Vermont. Deux fils, Louis et Joseph, nés respectivement en 1844 et 1846, sont nés et baptisés au Québec. Fait intéressant, en 1844, pour le baptême de Louis, le père est absent. J’ai trouvé tout récemment deux enfants, baptisés la même journée, probablement des jumeaux, en 1848 à Burlington. Sophie a donc eu 13 enfants dont 8 ont atteint l’âge adulte.

J’ai toujours pensé que Sophie Arpajou était décédée à Chateaugay comme Charles vivait là en 1850 avec certains de ses enfants. Je crois plutôt qu’elle est décédée au Vermont. Peut-être est-elle décédée peu de temps après la naissance des jumeaux? Peut-être que Charles est allé habiter chez sa soeur pour avoir de l’aide pour ses enfants?

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Ce que nous savons pour sûr c’est que les jumeaux n’ont pas vécu longtemps puisqu’un document, rédigé en octobre 1851, concernant la vente de la terre de Charles à St-Hughes et qui, selon la description qui en est faite, semble abandonnée depuis longtemps et la maison, dans un état pitoyable, atteste du décès des jumeaux avant 1850. Dans un acte de tutelle lié à cette vente, Charles donne la liste de ses enfants vivants qui sont Charles, Sophie, Étienne, Marie-Édesse, Philomène, Julie, Louis et Joseph.

Trouver tous les enfants de Sophie Arpajou n’a pas été une sinécure. Au cours des huit prochaines semaines, je consacrerai un article à chacun des enfants qui ont atteint l’âge adulte. Trouver des informations sur chacun d’eux était une aventure en soi (et elle est loin d’être terminée), alors ne manquez pas la suite!

Le nom Arpajou est très rare. Parfois orthographié Harpageau ou Arpageau, il semble avoir disparu. Je sais pertinemment que le neveu de Sophie, marié deux fois dans le Vermont, mais introuvable dans les recensements, y a résidé un certain temps et a eu plusieurs enfants. Si vous connaissez le nom « américanisé » pour cette famille, laissez-le moi savoir!