Mon ChallengeAZ 2019 en 100 mots (ou plus) | F comme Fouquet

Vous savez pourquoi j’aime tellement ce challenge? Parce que lorsque j’écris mes articles, un détail me rend curieuse, je me précipite chez mon ami Google, et il m’arrive quelquefois d’avoir de la chance. Comme aujourd’hui, justement!

Grâce à mon ancêtre Charles Fouquet, j’ai découvert que plusieurs recensements précieux étaient disponibles en ligne; entre autres, celui du sieur de la Rocque fait en 1752 et qui regorge d’informations fort intéressantes.

Charles Fouquet vivait à Havre Saint-Pierre sur l’Isle Saint-Jean (l’Île-du-Prince-Edouard). Le recensement m’a appris que Charles, 50 ans, était habitant et pêcheur et qu’il y vivait depuis 30 ans. Il était marié à Marie Poitevin, native d’Acadie, 37 ans (elle en a 48).

Le couple avait 9 enfants: 5 garçons et 4 filles, soit Louis, 24 ans; Jean Aubin, 22 ans; Marie-Françoise, 16 ans (mon ancêtre); Jean Martin, 14 ans; Anne, 12 ans; Élizabeth, 8 ans; Simon, 6 ans; Françoise, 4 ans; et Charles, 8 mois.

Ils avaient comme bétail: 4 bœufs; 3 vaches; 2 génisses; 4 veaux; 12 moutons ou brebis; 7 cochons, 1 cavale (jument) et sa suite; et 15 poules ou poulets. La terre sur laquelle ils vivent a été obtenue par concession.

Dispersée à bord d’au moins deux navires, la famille a été déportée de l’Isle Saint-Jean à la fin de l’automne 1758. La mère, Marie-Judith Poitevin, a voyagé sur un navire anglais en compagnie de ses filles Marie, 23 ans (mon ancêtre); Anne, 17 ans; Élizabeth, 14 ans; Françoise, 12 ans, et son fils Charles, 8 ans. Ils sont arrivés à Saint-Malo le 23 janvier 1759. Judith Poitevin est décédée le 17 février 1759 et elle a été inhumée à Saint-Servan, tout comme sa fille Élizabeth, morte à peine un mois après. Tel que je l’ai déjà mentionné, mon ancêtre Marie quittera la France quelques années plus tard avec son mari Honoré Thériault pour s’établir à Saint-Jacques-de-l’Achigan.

Sur un autre navire se trouvaient ses fils Jean Aubin Fouquet, 26 ans, et Martin Fouquet, 21 ans. Ils ont atteint Saint-Malo le 24 mars 1759 via Cherbourg.

Les noms des autres membres de la famille ne figurent pas sur une liste de passagers de navires bien que Charles Fouquet, le mari de Judith Poitevin, ait assisté à l’inhumation de sa fille Élizabeth. Moins d’un an plus tard, au mariage de mon ancêtre Marie, à Saint-Servan, il est mentionné comme étant décédé.

Vous souvenez-vous quand je vous racontais récemment comment on séparait les familles?

Leur fille Anne, qui a épousé Georges Gilles Paulin en 1764 à Rochefort, en France, est décédée en 1782 à Saint-Pierre-le-Mouillage, en Martinique à l’âge de 41 ans.

Et que dire de leur fils Jean Aubin? Quelle terrible destinée que celle de cet homme! Après Saint-Malo, on le retrouve aux îles Saint-Pierre-et-Miquelon où il a épousé Marguerite Quimine le 6 novembre 1764 à Saint-Pierre. Moins de quatre ans plus tard, son nom apparaît sur la liste des Acadiens de Port-Louis, dans le Morbihan, en Bretagne, le 24 mars 1768.

Puis, en 1785, il est à bord du navire L’Amitié avec sa femme Marguerite et leurs deux filles, Marie-Charlotte et Jeanne-Madeleine. Leur destination: La Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Les deux filles s’y sont mariées. Si j’ai identifié des petits-enfants pour Jean Aubin et Marguerite, j’ignore toujours l’endroit de leur dernier repos.

Et il m’est impossible de conclure cet article sans souligner à quel point je suis abasourdie par le fait que Jean Aubin ait traversé l’océan quatre fois!

2 réflexions sur « Mon ChallengeAZ 2019 en 100 mots (ou plus) | F comme Fouquet »

  1. Tiens, je me disais que nous étions chanceux à la Réunion d’avoir des recensements du 18ème siècle qui mentionnent les terrains, le bétail, les productions. Je vois qu’il en était de même ailleurs. Et oui, traverser quatre fois l’Atlantique et le déracinement qui va avec… on n’imagine même pas. C’est un plaisir de vous lire.

    • Merci beaucoup Pierre-Louis! 🙂 Nous avons également quelques recensements pour le XVIIe siècle couvrant le territoire actuel du Québec. On mentionne outre les noms et âges, le bétail et les armes possédés par la population.

      Je vais aller lire votre blogue, je suis intriguée par la Réunion!

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