Lorsque les généalogistes s’intéressent à l’histoire de leurs ancêtres acadiens, ils se heurtent trop souvent à la perte définitive de registres paroissiaux. Malgré tout, pour certains d’entre eux, il sera tentant de croire au miracle. À titre d’exemple, la paroisse Saint-Charles-des-Mines a été établie en 1687, mais lorsque l’église a été brûlée en 1755, savez-vous ce qu’il est advenu des registres?
En fait, nous ignorons qui a bien pu les emporter au moment de la déportation, mais nous savons qu’ils ont voyagé — jusqu’au Maryland, d’abord, où ils ont été conservés durant une décennie, et jusqu’en Louisiane, ensuite, où ils seront découverts dans l’église Saint-Gabriel-d’Iberville. À présent, les originaux sont conservés aux Archives du Diocèse de Baton Rouge. Toutefois, seuls trois registres ont survécu, soit ceux de la période allant de 1707 à 1748, et bien que plusieurs pourraient s’en désoler, moi, au contraire, je dis « heureusement »!
Qui, pensez-vous, a eu la chance, lors de sa visite au Lieu national historique de Grand-Pré, d’admirer l’excellent travail de numérisation qui a été réalisé? Eh oui! — vous l’aurez peut-être déjà deviné, mais quelques-uns de mes ancêtres font partie de ceux dont certains actes ont été miraculeusement préservés!

Ces registres ont fait de grands voyages dans le temps mais aussi dans l’espace. On imagine que ces exilés n’ont pu emporté que peu d’affaires pour chacun de ces voyages, mais qu’ils ont gardé tout ce temps les registres paroissiaux avec eux. Je serai curieux de savoir si un prêtre a fait ce chemin de l’Acadie en Louisiane via le Maryland.
En effet. Ça peut être aussi des paroissiens qui ont pris soin de les emporter avec eux. Il me semble que le curé avait été renvoyé en France pas très longtemps avant la déportation. Je vais faire une recherche là-dessus. 🙂