52 ancêtres en 52 semaines : #13 Restaurant Tourville (1955-1960)

Après des mois de congé forcé, il est temps de reprendre le collier et de donner la vedette non pas à un ancêtre cette fois-ci, mais plutôt à un restaurant : celui de la famille d’Eugène et de Stéphanie Tourville.

La Ville de Laval fêtera son cinquantenaire cette année et j’ai pensé profiter de l’occasion pour poser quelques questions à notre cousin Hubert qui est de la lignée de Hyacinthe Tourville, de Saint-François-de-Sales, sur l’île Jésus (ou Laval aujourd’hui). En effet, il y a cinquante ans, les quatorze municipalités se trouvant sur l’Île Jésus (c’est-à-dire Chomedey, Duvernay, Laval-des-Rapides, Laval-Ouest, Pont-Viau, Sainte-Rose, Auteuil, Fabreville, Laval-sur-le-Lac, Sainte-Dorothée, Saint-François, Saint-Vincent-de-Paul et Vimont) fusionnaient pour former Ville de Laval telle qu’on la connaît aujourd’hui.

Saint-François-de-Sales durant les années 50, c’est encore la campagne où beaucoup louaient des camps pour l’été. Il y a de nombreuses années, à l’angle de l’avenue Tourville et du boulevard des Mille-Îles, j’avais vu une croix de chemin, ainsi qu’une plaque commémorative relatant le témoignage d’un vacancier de cette époque. J’y suis retournée en avril 2012, date à laquelle cette photo fut prise. Comme vous pouvez le constater, le texte n’y apparaît plus, mais heureusement, j’ai pu le retrouver grâce à mes vieilles photos.

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Croix de chemin au coin de l’avenue Tourville sur le boulevard des Mille-Îles, à Laval.

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« Cette croix fut plantée en 1956 par Raymond Laforest, ancien locataire d’un camp d’été de la famille Tourville, pour une faveur obtenue. Il avait promis d’élever une croix si sa prière était exaucée. Aidé de Claude Tourville, il remplit sa promesse et, conformément à la tradition, il orna la croix d’un coeur, d’une lance et d’une échelle. L’abbé Arsène Hébert, curé de Saint-François-de-Sales vint ensuite la bénir. »

Mais sans plus tarder, posons quelques questions à Hubert sur le restaurant Tourville :

— Hubert, pourriez-vous nous dire quel était le contexte à Saint-François-de-Sales en 1955-1960?

C’est l’après-guerre. De plus en plus de gens ont des automobiles. Ça devient possible de passer l’été à Saint-François-de-Sales. Les cultivateurs de Saint-François construisent des centaines de petits chalets blancs le long du boulevard des Mille-Îles.

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Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Camps à St-François-de-Sales, Que. 4 – Adresse permanente (permalien) : http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/1954052

Le 24 juin, Saint-François devient animé : baignades, promenades à pied, à bicyclette, badminton chez Louis-Georges Mathieu, tennis chez Léon Tourville, golf chez Louis-Georges Mathieu, golf chez Bernard Mathieu, etc. Les villégiateurs vont au restaurant Tourville.

— Et c’était quoi le restaurant Tourville?

Il est situé le long du boulevard des Mille-Îles, à l’entrée du chemin menant à la maison d’Eugène et Stéphanie. Tante Stéphanie et ses enfants (Rita, Clairette et Claude) étaient au comptoir. C’était comme un petit dépanneur avec en plus, machines à boules, un juke-box, plancher de danse, petites tables où l’on pouvait prendre liqueurs et friandises, bancs à l’extérieur où l’on pouvait s’asseoir et placoter.

— Donc, c’était une place à rendez-vous?

Oui, pour les gens qui prenaient des marches, qui faisaient une promenade à bicyclette, et pour les gens qui allaient acheter le journal ou une liqueur.

— Et c’était une place à rendez-vous pour les jeunes?

Les ados s’y rendaient à bicyclette. Il y avait des bancs à l’extérieur. C’était possible de passer la soirée avec peu de sous. Et quand on avait quelques sous, il y avait liqueurs, chips, machines à boules et juke-box. C’est là que j’ai pu fréquenter des jeunes filles pour la première fois. Sur le plancher de danse on dansait le rock and roll et des « plains » : que de belles expériences et de bons souvenirs. Éventuellement, j’ai appris le cha cha.
C’est une belle étape de ma vie.


Je tiens à remercier sincèrement Hubert Tourville de s’être prêté au jeu de l’interview.
Nous n’avons malheureusement pas de photos du Restaurant Tourville, mais qui sait? Peut-être la publication de cet article nous permettra-t-elle d’en dénicher une?
Et bon cinquantenaire à la Ville de Laval!


52 ancêtres en 52 semaines est un défi lancé par Amy Johnson Crow. Pour en savoir plus, cliquez sur l'image (site en anglais).

52 ancêtres en 52 semaines est un défi lancé par Amy Johnson Crow. Pour en savoir plus, cliquez sur l’image (site en anglais).

2 réflexions sur « 52 ancêtres en 52 semaines : #13 Restaurant Tourville (1955-1960) »

  1. Le , J'ai connu le restaurant et surtout les cousines.je suis le frère de Hubert. a dit :

    Que de bons souvenirs et si près de Montreal pour des vacances.

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