Michel Tourville à la rescousse d’Agathe Bertrand

Michel Tourville (1787-1860), fils de Michel Tourville et de Catherine Marié, a rendu visite aux notaires des environs de Terrebonne à de multiples occasions (tout comme son frère Jean-Baptiste, d’ailleurs). Toutefois, c’est celle du 9 février 1828 chez le notaire Toussaint Limoges qui a retenu mon attention et pour cause! Michel a hébergé mon arrière-arrière-arrière-arrière-grand-mère, Agathe Bertrand.

Franchement, qu’est-ce qui a bien pu pousser Michel Tourville (qui n’est pas mon ancêtre direct) à prendre soin d’Agathe, alors âgée de 72 ans? Et la lumière fut.

Michel Tourville fils était marié à Josephte Cantin dont la mère, Amable Bertrand, était la soeur d’Agathe. En fait, les deux frères ont marié deux soeurs : Agathe Bertrand a épousé Charles Cantin (mes ancêtres directs); et Amable Bertrand a épousé Pierre Cantin (les parents de Josephte Cantin).

Je ne voudrais surtout pas vous embrouiller davantage, mais juste pour vous situer encore plus précisément, mon arrière-arrière-grand-mère Joséphine Cantin était la petite-cousine de Josephte Cantin.

Agathe Bertrand est décédée le 29 mai 1828. Elle a été inhumée dans le cimetière de la paroisse Rivière-des-Praries à Montréal (tout juste en face de l’île Jésus—Laval aujourd’hui). Donc, pendant une période de trois mois, Michel Tourville, cultivateur de l’île Jésus, a accueilli chez lui Agathe, la soeur de sa belle-mère (ou, si vous préférez, la tante de sa femme), en échange de ce qui suit:

« Toute sa rente annuelle et viagère consistante, en dix minots de bled, cent livres de lard ou la moitié d’un cochon de deux cents pesant, suivant acte qui le cours daté, un galon de rum, quatre livres de savon, quatre livres de chandelle quatre livres de Sucre un quart de Sel, Item, les meubles Suivants, un lit de plume garni excepté les ridaux, un buffet avec la clef, un coffre avec sa clef, un petit card cerclé en fer, un rouait, une table, un chaudron et ses hardes et linges à son usage ».

Lorsque Agathe décédera, la rente viagère annuelle sera éteinte en faveur de son gendre, Athanase Jobin.

« Cette donation et abandon est ainsi fait pour et à la charge par ledit Michel Huboux de nourrir, coucher, éclairer et entretenir ladite Agathe Bertrand de hardes et linges, chaussures et coëffures suivant son état et ce au pot et feu du dit Michel Huboux comme lui même sans aucune autres charges ni redevances quelconques car tel est leur intention et convention. »

« A ce faire est présent Athanase Jaubin qui déclare connoitre ce présent acte et qui de son propre mouvement l’approuve et consent qu’il vail et sorte son plein et entier effet et cède et abandonne les meubles et hardes & linges qui lui appartenoient par son acte de donation, moyennant qu’il jouira en propriété de ce jour à toujours de la chambre rèservée à la dite Agathe Bertrand ce quelle cède et abandonne de ce jour à toujours et renonçant aussi au droit d’une Juppe que le dit Athanase Jaubin étoit obligé de lui paÿer et livrer. »

Alors, ça vous plaît aussi, les contrats notariés? Sans même avoir eu à chercher, j’ai pu découvrir dans quelles conditions se sont passés les derniers mois de l’une de mes ancêtres, Agathe Bertrand. De plus, nous apprenons que Michel et Josephte (et leurs quatre enfants vivants à cette date) habitaient toujours à Saint-François-de-Sales.

Néanmoins, je me demande pour quelle raison Athanase Jobin ne pouvait plus s’occuper de sa belle-mère.

Athanase et sa femme Thérèse Cantin ont vécu toute leur vie durant à Pointe-aux-Trembles (localité située à l’extrémité est de l’île de Montréal). En 1828, ils avaient cinq enfants.

Qui sait?


Pour les curieux :

Amable Bertrand est décédée en 1826; son mari Pierre Cantin, en 1834.
Charles Cantin est décédé en 1809.

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